SAGA de SEM LM WALLE en DEUX ans sous COVID-19

Maître Louis-Marie, WALLE Lufungula, au deuxième tour, après celui du mercredi 10 avril 2019, que cet ancien magistrat du parquet de Grande Instance de Goma, devenait le troisième gouverneur élu de la Province mythique de la Tshopo. Il n'a pas laissé au Gouverneur sortant Constant LOMATA aucune chance pour se succéder à lui-même ! Dix-sept voix obtenues sur les 27 votants alors qu’au premier tour il avait eu sept voix, poursuivi par C. LOMATA qui en avait six.

Dans les rues "boyomaises sans FIL", c’était une liesse populaire : des cris de joie, des klaxons de taximen-motos retentissaient partout. Pour saluer l'arrivée à la tête de la TSHOPO, d'un digne fils, avec espoir « cette dernière va bientôt avoir une nouvelle ère pour son décollage et son développement », mais c'était sans compter avec la meute des sorciers et autres chiens enragés déterminés à faire descendre, par tous les l'apôtre et l'envoyé du Maitre pour le développement et la promotion de la Province.

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Pour rappel, Louis Marie Lofungola avait démissionné du PPRD pour se présenter en indépendant avec comme vice-Gouverneur, M. Maurice ABIBU Sakapela Bin Mungamba, ancien journaliste de la RTNC/Kisangani, grand défenseur du RCD/Goma à Kisangani, il fut ministre provincial en charge de l'Intérieur, Sécurité du premier gouverneur de Province M. Jean ILONGO Tokole, premier Gouverneur de la Tshopo issue de la province Orientale démembrée.

WALLE Lufungola, qui est-ce ? Juriste de formation, né à Yangambi un certain 25 juillet 1964. Il a fait ses humanités Latin Philo au Collège Maele à Kisangani, ses études de Droits à l’Université de Kinshasa. il fut nommé magistrat au parquet de Grande Instance de Goma. De là, il embrassa la carrière politique avec "l'avènement de conglomérat des opportunistes et aventuriers de l’AFDL" du Mzee Laurent Désiré KABILA. En 1996, à Kisangani, il fut nommé Premier Secrétaire Provincial de l'AFDL, fonction supposé à tort comme supérieur à celui du Gouverneur de Province ! Il quitta ses fonctions du Directeur Général du Journal Officiel de la RD Congo, avant de poser sa candidature au poste de Gouverneur de province. Marié et Père de cinq enfants, le troisième Gouverneur de la Tshopo, Louis marie WALLE Lufungola, conscient de l'envoutement voir du signe indien qui poursuit la TSHOPO depuis l'indépendance nationale, avec des guerres et tueries à répétition (rébellion 1964, mercenaires de tout bord, l'avènement des opportunistes et aventuriers de l'AFDL, qui confia la Province à DIEU (Jésus) en organisant une Prière Œcuménique à l'Esplanade de la poste de Kisangani.

Depuis lors, tous les sorciers et autres esprits malins s'acharnent contre lui avec des accusations mensongères. Mais le Maitre de l'Univers est toujours avec lui et malgré tout, il tient bon et ses compatriotes l'ont surnommé, "TCHUMA ya MOTO càd barre de fer chaud", qu'on ne serait tenir à mains courantes !

Malgré des complots ourdis des sorciers de tout acabit, Me LM WALLE L. résiste encore aux ouragans des motions à répétition qui secouent des Institutions Provinciales à travers la RD Congo ! Visé par une deuxième motion de censure signée par 14 élus sur les 28 députés de la province de Tshopo, WALLE Lufungula et toute son équipe gouvernementale ont pu saisir la COUR constitutionnelle et l'Assemblée provinciale notifiée, aurait dû ne pas aller jusqu'au bout, en votant leur motion de censure, initialement signé par 14 élus, ce sont 17 députés qui ont voté ladite motion, sans atteindre le quorum requis en pareille situation. Ayant constaté l'erreur, ils auraient établi un Procès-verbal en dehors de l'Assemblée Provinciale : "faux usage de faux"! Ainsi la Cour Constitutionnelle est saisie de toutes ces irrégularités.

Mais les prétendus connaisseurs de la chose juridique ne s'entendent pas sur la surséance de l'action (!), attendons l'Institution ayant qualité et autorité pour interpréter la LOI, la Cour Constitutionnelle. D'ici là, le combat cessa faute de combattants et les affidés de chaque camp se battent dans les réseaux sociaux.

Pourtant "Nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits " ! En effet, l’exécutif provincial est notamment accusé de "manque de vision claire de développement, des actions hasardeuses, à bâton rompu, clopin-clopant et clairement prédatrices, une gestion «opaque et calamiteuse» des finances publiques ainsi que le détournement de 2,5 millions de dollars américains....”

Absent à la fameuse séance où il était attendu pour répondre aux accusations contenues dans leur motion, SEM le Gouverneur WALLE, à travers une lettre adressée au bureau de cette assemblée, les invita à la sagesse afin d’éviter «une énième humiliation (!)». En effet, SEM le Gouverneur, Louis-Marie Walle Lufungula dénonce l’attitude des députés, qui reviennent sur un problème déjà tranché en sa faveur aussi bien par la cour d’appel que par la Cour constitutionnelle.

Evoquant le principe général de droit selon lequel "nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits", afin d'«éviter une énième humiliation à la population de la Tshopo par des actions irréfléchies et hasardeuses des députés provinciaux».

Wait and see ....jusqu'à la fin de la procédure devant la COUR constitutionnelle. Dans l'entre-temps, un général de la PNC qui a tenu imprudemment "la barre incandescent LMWL", en a eu pour son compte !


mercredi 10 juillet 2013

CAS MALUMALU : ABBÉ REBELLE OU POLITICIEN EN SOUTANE AU SERVICE DU MAL ?


Réunis en assemblée plénière du 24 au 28 juin à Kinshasa, les évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) ont démis l’abbé Malu-Malu de ses fonctions de directeur général de l’Institut panafricain Cardinal Martino. La Cenco indique que cette décision est consécutive à la désignation de ce prêtre comme président de la Commission électorale nationale indépendante malgré la mise au point de la conférence épiscopale du 13 mai dernier. Cette mise au point rappelait « les normes de l’Eglise catholique et la position commune de évêques qui interdisent formellement aux ecclésiastiques dans notre pays de prendre activement part aux partis politiques et associations à caractère politique ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau, chargées d’organiser les élections dans notre pays ».

« En cohérence avec ces normes, indique la Cenco dans un communiqué publié ce samedi 29 hajuin, les évêques réaffirment qu’ils n’ont présenté aucun ecclésiastique à la Ceni ». Dans le même document, la Cenco indique également que l’abbé Malu-Malu « qui a opté d’œuvrer au sein de la Ceni sera pris en charge par son évêque qui appliquera à son endroit les sanctions canoniques qui s’imposent ». L’abbé Malu-Malu est du diocèse de Butembo-Beni.

Considérant que Mgr Monsengwo, évêque de son état, avait  dirigé le Parlement de transition HCR-PT dans les années 90 au Zaïre. Notre compatriote HUBERT cherchait des explications de conformité de ce rôle avec la dernière décision ci-vant de la  Cenco sur le cas Malu Malu ! Le compatriote Louis donne ci-dessous, des éléments de réponse à l’interrogation de son frère aîné !  

Cher frère aîné Hubert,  


Dans votre message qui précède cette intervention, vous soulevez une préoccupation de taille–– possibles contradiction, irrationalité et incohérence dans le discours de la CENCO par rapport au cas de l’Abbé Apollinaire MALUMALU à la CENI, comparé à celui de S.E. Mgr Laurent MONSENGWO à la CNS et au HCR-PT ––, préoccupation à laquelle vous sollicitez un éclairage approprié des membres du forum qui en savent quelque chose. Après avoir enregistré l’unique réaction de notre frère EZABELE WA YASAK, ce chapitre a été vite ignoré. Ainsi, à la suite de mon vieux EZAPOP, je voudrais revenir sur le sujet, afin d’apporter ma modeste contribution au débat, à travers quelques éléments de réponse complémentaires et selon ma propre compréhension des questions posées, en essayant de revisiter brièvement l’histoire afin de la confronter à la réalité actuelle.   

Comme nous le savons tous, les « démocraties africaines » tirent leur origine des grands bouleversements datant de l’année 1989 et ayant entraîné des changements inattendus au niveau de la politique internationale. Il s’agit, entre autres, du démantèlement du communisme soviétique, de la chute du mur de Berlin, de la fin de règne ou de la chute du dictateur roumain Nicolae CEAUSESCU, etc. Ces événements historiques de portée mondiale mirent un terme à la guerre froide entre l’Est et l’Ouest, et ouvrirent la voie à une demande accrue de plus de libertés humaines parmi les peuples du monde. À ce « vent venu de l’Est » s’ajoute incontestablement le célèbre « Discours de la BAULE » (France) du 20 juin 1990, une allocution prononcée par M. François MITTERRAND à l’occasion de la séance solennelle de la 16ème Conférence des Chefs d’État de France et d’Afrique. Le Président français signifia clairement aux Chefs d’État africains « la nécessité d’une plus large ouverture démocratique » au sein de leurs régimes. Cette exigence conditionnait désormais toute « aide française au développement » à l’Afrique.   

Cette dynamique devait donc déterminer la nouvelle marche du continent noir. Certains États s’activeront alors à l’organisation des « Conférences Nationales » où leurs peuples se réunirent pour fixer les nouvelles règles du jeu se rapportant au fonctionnement de leurs institutions. Les débats tournèrent autour de la dislocation des anciens cadres de légitimité et de représentation pour un nouveau « vivre ensemble ». Citons ces pays africains, pour mémoire : Bénin (19–28 février 1990), Gabon (mars–avril 1990), Congo/Brazzaville (février–juin 1990), Niger (juillet–novembre 1991), MALI (juillet–août 1991), Togo (juillet–août 1991), Zaïre/RDC (août 1991–décembre 1992), Tchad (janvier–avril 1993). Hormis les « Conférences Nationales » gabonaise et tchadienne, toutes les autres se dirent « Souveraines », c’est-à-dire dont les décisions et résolutions seraient opposables à tous, y compris aux Chefs d’État eux-mêmes. La suite est bien connue : quatre pays seulement ont connu des succès ayant débouché sur des alternatives politiques réelles (Bénin, Congo/Brazzaville, Mali & Niger).  

Pour le cas spécifique de notre pays (le Zaïre d’alors), le Président MOBUTU prit conscience de ces nouveaux enjeux mondiaux défavorables à son pouvoir et surtout de la contestation et du mécontentement du peuple zaïrois contre son régime. Ce qui le contraignit, un certain 14 janvier 1990, à annoncer l’organisation imminente des « Consultations Populaires » afin de «connaître la volonté du peuple concernant les institutions politiques et la marche générale du pays ». Les résultats de ces consultations furent sans appel : le peuple lui cria son ras-le-bol et lui signifia son grand désir d’un changement démocratique radical et immédiat. Pour sa part, la Conférence Épiscopale du Zaïre (CEZ), présidée alors par S.E. Mgr Laurent MONSENGWO (Archevêque Métropolitain de Kisangani), rédigera un retentissant mémorandum –devenu célèbre et historique– comme une contribution particulière de l’Épiscopat zaïrois à cette demande du Chef de l’État. Ce précieux document fut largement médiatisé au Zaïre même, en Afrique et à travers le monde. Ce qui suscita l’ire du Maréchal Président et provoqua une énième crise entre l’Église catholique et l’État (cf. Conférence Épiscopale du Zaïre, Le mal est à la racine et non pas en surface : Mémorandum des Évêques du Zaïre au Chef de l’État sur le fonctionnement des institutions nationales et la situation générale du pays, Éditions du Secrétariat Général de la CEZ, Kinshasa, 09 mars 1990, 6 pages). Les exigences du peuple zaïrois, mêlées aux avis, considérations et recommandations de nos Évêques, conduiront logiquement à la tenue d’une Conférence Nationale Souveraine(CNS) qui n’aura malheureusement pas répondu correctement aux vraies attentes de la population, en raison principalement du noyautage de ladite CNS par le cercle au pouvoir et d’une classe politique toujours inconsciente et prompte à la corruption.              

Faisons remarquer qu’avant la tenue de ces assises (Conférences Nationales Souveraines –– CNS), les peuples africains s’exprimèrent largement afin que celles-ci soient dirigées ou présidées par des ecclésiastiques (Évêques ou Pasteurs catholiques notamment) pour garantir l’objectivité,  la neutralité ou l’impartialité à ces différents forums. Ce fut une volonté populaire manifeste dans tous les pays concernés. Ces cris de détresse des peuples africains constituèrent une sorte de demande d’autorisation adressée  aux Conférences Épiscopales Nationales et au Saint-Siège afin que l’Église de Dieu concède cet engagement à certains Prélats catholiques. En guise de réaction, l’Église de Rome parut réticente au départ parce qu’ « il est interdit aux clercs de remplir les charges publiques qui comportent une participation à l’exercice du pouvoir civil » (cf. Canon 285, 3). Ces mêmes dispositions ecclésiales soulignent encore que « les clercs ne prendront pas une part active dans les partis politiques ni dans la direction des associations syndicales à moins que, au jugement de l’autorité ecclésiastique compétente, la défense des droits de l’Église ou la promotion du bien commun ne le requièrent. Les clercs se limiteront à éclairer les consciences des fidèles laïcs, les former à prendre leurs responsabilités afin d’imprégner le monde d’esprit évangélique » (cf. Canon 287, 2). Concrètement, la conduite des affaires strictement politiques ne relève pas de la responsabilité des ecclésiastiques ni de leur noble vocation. Elle incombe plutôt aux fidèles laïcs.     

Cependant, face à une demande populaire trop pressante et à la terrifiante réalité politique africaine de l’époque, caractérisée par des dictatures féroces et tyranniques (arbitraire, prévarication, incurie, etc.), le Saint-Siège finit par assouplir sa position en acceptant d'autoriser officiellement certains Évêques à assumer provisoirement des charges politiques pour le bien de leurs peuples et nations. Ce fut donc une exception à la règle. Le Pape Jean-Paul II s’exprima en personne à ce sujet, en ces termes : « Cette action temporelle exceptionnelle de la Hiérarchie de l’Église devait prendre fin dès que possible... D’une manière générale, je forme le vœu que celui qui a cru devoir accepter exceptionnellement, par esprit évangélique, une mission temporaire d’ordre politique revienne sans tarder à sa mission propre, la charge des âmes, pour laquelle il a reçu l’ordination. En effet, dans ce domaine, il convient que le relais soit passé aux fidèles laïcs dès que possible, selon ce que déclare le catéchisme de l’Église catholique : il n’appartient pas aux Pasteurs de l’Église d’intervenir directement dans la construction politique et dans l’organisation de la vie sociale » (cf. Stéphane DUPONT, « Le Souverain Pontife prêche la démocratisation », in Jeune Afrique Économie (JAE), n° 165, mars 1993, pp. 86 – 89.  

Voilà pourquoi cinq des huit pays africains ayant organisé des « Conférences Nationales » pendant cette période choisirent d’élire des Hommes de Dieu au niveau de leurs présidences (Bénin, Gabon, Congo/Brazzaville, Togo & Zaïre/RDC). Visiblement, cet accord du Vatican n'avait donc pas concerné uniquement le Zaïre notre pays. Dans la suite, la Hiérarchie catholique nationale, représentée à l’époque par la Conférence Épiscopale du Zaïre (CEZ), confirma et adopta cette position officielle du Saint-Siège à travers les directives du Vicaire du Christ, le Pape Jean-Paul II. La CEZ déclara alors solennellement : « Au nom de la charité, à la demande de leurs peuples et de leurs Conférences Épiscopales respectives, le Saint-Siège a autorisé certains Évêques africains, dont S.E. Mgr Laurent MONSENGWO, à jouer un rôle de premier plan dans les forums à caractère politique ». (cf. Conférence Épiscopale du Zaïre, Complémentarité des vocations et des missions au sein de l’Église pour le service de la Nation, Éditions du Secrétariat Général de la CEZ, Kinshasa, 1994, p. 4). Dans cette déclaration et à la suite logique du Saint-Siège, l’Épiscopat zaïrois n’a pas manqué d'insister sur le caractère provisoire de cette fonction qui était dépourvue des prérogatives strictement politiques. Pour la CEZ et pour son Archevêque désigné à cette lourde responsabilité (S.E. Mgr Laurent MONSENGWO), ce choix difficile qu’acceptait l’Église de Dieu symbolisait « un service exceptionnel de charité en faveur du bien commun de la communauté nationale, un engagement social et un service à la Nation » (cf. Conférence Épiscopale du Zaïre, Le processus de démocratisation du Zaïre, Éditions du Secrétariat Général de la CEZ, Kinshasa, 1996, pp. 40 – 51).   

C’est donc de cette manière-là que les choses se sont déroulées. Ce qui veut dire clairement que, pour être élu Président du Bureau de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) d’abord et du Haut Conseil de la République/Parlement de Transition (HCR-PT) ensuite, S.E. Mgr Laurent MONSENGWO avait obtenu au préalable l’autorisation expresse du Saint-Siège, la communion et la bénédiction de tous ses frères dans l’Épiscopat au sein de la CEZ et le soutien total de la majorité du peuple zaïrois. Le tout se passa donc dans l’harmonie, la transparence et en parfaite conformité avec les directives de l’Église catholique et du Saint-Siège.   

Parlons maintenant de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) où l’Abbé Apollinaire MALUMALU venait d’être reconduit en qualité de Président du Bureau. Ici, vous vous demandez si les Évêques membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) restent bien cohérents et logiques avec eux-mêmes. Étant donné que, lors de leur 50ème Assemblée plénière tenue à Kinshasa du 24 au 28 juin 2013, ils ont envisagé et/ou décidé des sanctions contre l’Abbé Apollinaire MALUMALU, en le démettant de sa fonction de Directeur Général de l’Institut Panafricain Cardinal MARTINO (IPCM) et en proposant qu’il soit pris en charge par son Évêque diocésain qui devrait appliquer à son endroit des sanctions canoniques qui s’imposent. Parce que ce dernier aurait péché, en acceptant ses nouvelles attributions à la présidence de la CENI. Alors que, selon vous, la même CENCO avait laissé, par le passé, S.E. Mgr Laurent MONSENGWO présider librement la CNS et le HCR-PT qui étaient aussi des institutions politiques. Une sorte de « deux poids deux mesures » ! À ce propos, je vous concède le bénéfice du doute, tout en estimant que les deux situations sont différentes.   

Rappelons-nous que l’Abbé Apollinaire MALUMALU avait déjà occupé le poste de Président de l’ancienne CEI qui avait organisé les élections de 2006 (provinciales, législatives et présidentielles). À ce moment-là, aucun problème ne s’était posé au niveau de l’Église puisqu’il avait formellement reçu l’autorisation de son Évêque diocésain et l’aval des autres Pasteurs membres de la CENCO. D’où la question suivante. Pourquoi la situation paraît-elle si compliquée et étrange aujourd’hui ? Disons qu’après avoir analysé tous les problèmes, les ratés et les irrégularités constatés dans l’organisation du premier processus électoral «démocratique » congolais, lesquels problèmes ayant entraîné le départ de l’Abbé Apollinaire MALUMALU de la CEI, la CENCO avait décidé de plus autoriser les ecclésiastiques (Évêques, Prêtres, Religieux et Religieuses) à s’engager dans les institutions étatiques et politiques ou à caractère politique (cf. Comité Permanent de la CENCO, Déclaration sur le comportement des ecclésiastiques face aux échéances électorales en République Démocratique du Congo, Secrétariat Général de la CENCO, Kinshasa, 10 décembre 2010). C’est ce que la Hiérarchie de l’Église catholique congolaise confirmera dans sa mise au point donnée le 13 mai dernier, via son Secrétariat Général. Dans ce document, les Évêques ont tenu à « préciser l’opinion tant nationale qu’internationale que la CENCO n’a pas présenté un ecclésiastique pour être membre de la CENI »  et qu’ « un ecclésiastique qui s’engagera dans la CENI ira manifestement à l’encontre des dispositions canoniques de l’Église catholique (cf. Canons 287 ; 672 et 739) et de la position commune des Évêques de la CENCO » (cf. Mise au point du Secrétariat Général de la CENCO sur la présence des ecclésiastiques dans la nouvelle CENI, Kinshasa, 13 mai 2003).          

En toute évidence, la position actuelle de la CENCO à l’égard de l’Abbé Apollinaire MALUMALU semble justifiée par cet ensemble de directives que je viens d’évoquer. Outre ces considérations, essayons encore de réfléchir sur les interrogations suivantes. En acceptant de conduire la nouvelle CENI, l’Abbé Apollinaire MALUMALU a-t-il réellement péché ? A-t-il violé les prescrits canoniques et les directives de l’Église catholique et du Saint-Siège ? A-t-il fait outrage à son ministère sacerdotal ? Est-il désormais à la porte de l’Église ? Des questions difficiles à répondre avec certitude à mon niveau… Ce que je puis simplement dire, c’est que des sources crédibles attestent que les dispositions arrêtées par la CENCO ont été approuvées et entérinées par le Saint-Siège qui a toujours défendu et justifié l’incompatibilité existant entre la vocation ou la mission des ecclésiastiques et les charges étatiques ou politiques, publiques ou viviles. Il se révèle ainsi qu’en acceptant de prêter serment et de prendre ses nouvelles fonctions à la tête de la CENI, l’Abbé Apollinaire MALUMALU n’aurait pas observé les règles édictées par la Hiérarchie catholique. Cela me paraît à la fois inquiétant, dangereux et surtout troublant, à la limite d’une rébellion préméditée en âme et conscience. Du moins, c’est ce que je suppose, à la lumière des données à ma disposition.  

A-t-il, par contre, obtenu l’autorisation de son Évêque pour ce faire ? Dans cette hypothèse, les choses seraient certainement discutables puisque la situation se présenterait autrement. Malheureusement, je n’en sais personnellement rien au stade actuel. Néanmoins, j’estime que cette éventualité peut paraître plausible puisque l’Abbé Apollinaire MALUMALU n’est pas un fou. Il est un homme intelligent et réfléchi. J’imagine donc qu’il ne peut « prendre autant de risques sans se rassurer d’une couverture certaine ». Même dans ce cas de figure, je me poserais toujours d’autres interrogations puisque tous les Évêques de la CENCO –et du monde entier d’ailleurs– sont liés par la fraternité, la communion et la collégialité épiscopales. C’est pourquoi « la CENCO est l’Assemblée des Évêques de la République Démocratique du Congo. Sa fonction est d’harmoniser la charge pastorale de l’Épiscopat congolais conformément aux prescriptions du Décret ‘‘Christus Dominus’’ du Concile Vatican II et selon les précisions apportées par les statuts de la Conférence même »

Cette structuration organisationnelle sous-entend que chaque Évêque représente la CENCO dans son Diocèse ou auprès de son Église particulière. En vue donc d’une vision unifiée dans l’annonce de la Bonne Nouvelle de Dieu, la CENCO définit la marche générale et les grandes orientations communes à tous les 47 Diocèses de la RDC qui constituent, ensemble, l’unique « Corps du Christ » qu’est l’Église locale congolaise. Cette communion ecclésiale se vit dans la solidarité épiscopale des Évêques congolais qui parlent toujours d’une même et seule voix concernant toutes les questions engageant la CENCO d’une manière officielle. Ceci entraîne que l’interdiction, faite aux ecclésiastiques, de toute participation active aux institutions politiques, étatiques et publiques, est bel et bien l’affaire de tous les Évêques de la CENCO.    

De cette manière, tout Prêtre séculier (un Abbé) doit obéissance non seulement au Pape et à son Évêque diocésain, mais également à l’ensemble des Évêques réunis (avec le sien) au sein du Collège épiscopal. De même, chaque Prêtre régulier ou religieux (un Père) doit obéissance au Pape, à tous les Évêques et à ses Supérieurs hiérarchiques (Religieux). Pareil pour les Religieux et les Religieuses non appelés au sacerdoce ministériel qui est consacré par le Sacrement de l’Ordre que reçoivent uniquement les Prêtres et les Évêques au moment de leur Ordination. Quant à nous autres fidèles laïcs, nous sommes aussi tenus au même devoir d’obéissance, de profond respect et de fidélité envers l’Église hiérarchique : le Pape, les Évêques, les Prêtres, les Religieux et les Religieuses. En retour, nos Pasteurs nous estiment, nous apprécient et nous aiment paternellement (ou maternellement pour le cas des Religieuses). Et, ensemble, nous constituons tous, ecclésiastiques et fidèles laïcs, une véritable famille des enfants de Dieu, dans l’amour désintéressé, la confiance réciproque et le respect mutuels.  Comme on le constate, l’obéissance demeure donc le socle ou l’une des valeurs fondamentales et sacrées du catholicisme. C’est ainsi que fonctionne l’Église de Dieu : Sainte, Catholique, Apostolique, Une et Universelle. Autrement dit, sans obéissance, nous cessons d’être et de vivre en Église. Ce qui signifie que nous rompons naturellement la communion avec Dieu, avec les Êtres célestes, avec l’Église, avec les autres chrétiens, avec et entre nous-mêmes.   

Au terme de cette analyse, des interrogations ultimes me viennent encore à l’esprit. L’Abbé Apollinaire MALUMALU a-t-il raison ou tort d’avoir choisi d’œuvrer de nouveau à la Commission Électorale Nationale Indépendante malgré l’interdiction de la CENCO ? À travers leur prise de position commune dans leur « Communiqué de Presse » du 20 juin dernier, les Évêques de la CENCO sont-ils restés cohérents avec eux-mêmes ou ont-ils trahi leur engagement chrétien, sacerdotal, épiscopal et pastoral ? À l’époque de la CNS et du HCR-PT, la Conférence Épiscopale du Zaïre (CEZ) avait-elle aussi décrété les mêmes mesures d’interdiction que S.E. Mgr Laurent MONSENGWO aurait outrepassées ou transgressées ? La CEZ n’avait-elle pas, elle-même, plaidé officiellement la cause de l’Archevêque Métropolitain de Kisangani auprès du Saint-Siège ? Cette situation exceptionnelle du passé est-elle comparable aujourd’hui avec le deuxième rendez-vous de l’Abbé Apollinaire MALUMALU à la CENI ? En dehors du Révérend Pasteur Daniel NGOY MULUNDA et de Monsieur l'Abbé Apollinaire MALUMALU, n'existe-t-il plus d'autres compétences congolaises capables de présider ou de diriger la Commission Électorale Nationale Indépendante ? Aux autres frères et sœurs de LISAGO de me compléter ou de me contredire positivement si possible. Pour ma part, j’espère avoir répondu, au moins partiellement, à votre préoccupation.   

Saturations fraternelles 

 
Louis BASINGA Bweng'aa Ngelessa

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