Réunis en assemblée plénière du 24 au 28 juin à
Kinshasa, les évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo
(Cenco) ont démis l’abbé Malu-Malu de ses fonctions de directeur général de
l’Institut panafricain Cardinal Martino. La Cenco indique que cette décision
est consécutive à la désignation de ce prêtre comme président de la Commission
électorale nationale indépendante malgré la mise au point de la conférence
épiscopale du 13 mai dernier. Cette mise au point rappelait « les normes de l’Eglise catholique et la position commune de évêques
qui interdisent formellement aux ecclésiastiques dans notre pays de prendre
activement part aux partis politiques et associations à caractère politique
ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau,
chargées d’organiser les élections dans notre pays ».
« En cohérence avec ces normes, indique la Cenco dans
un communiqué publié ce samedi 29 hajuin, les évêques réaffirment qu’ils n’ont
présenté aucun ecclésiastique à la Ceni ». Dans le même document, la Cenco indique également que l’abbé Malu-Malu «
qui a opté d’œuvrer au sein de la Ceni sera pris en charge par son évêque qui
appliquera à son endroit les sanctions canoniques qui s’imposent ». L’abbé
Malu-Malu est du diocèse de Butembo-Beni.
Considérant
que Mgr Monsengwo, évêque de son état, avait dirigé le Parlement de transition HCR-PT dans
les années 90 au Zaïre. Notre compatriote HUBERT cherchait des explications de conformité
de ce rôle avec la dernière décision ci-vant de la Cenco sur le cas Malu Malu !
Le compatriote Louis donne ci-dessous, des éléments de réponse à l’interrogation
de son frère aîné !
Cher frère aîné Hubert,
Dans votre message qui précède cette intervention, vous soulevez une
préoccupation de taille–– possibles contradiction, irrationalité et
incohérence dans le discours de la CENCO par rapport au cas de l’Abbé
Apollinaire MALUMALU à la CENI, comparé à celui de S.E. Mgr Laurent MONSENGWO à
la CNS et au HCR-PT ––, préoccupation à laquelle vous sollicitez
un éclairage approprié des membres du forum qui en savent quelque chose. Après
avoir enregistré l’unique réaction de notre frère EZABELE WA YASAK, ce chapitre
a été vite ignoré. Ainsi, à la suite de mon vieux EZAPOP, je voudrais revenir
sur le sujet, afin d’apporter ma modeste contribution au débat, à travers
quelques éléments de réponse complémentaires et selon ma propre compréhension
des questions posées, en essayant de revisiter brièvement l’histoire afin de la
confronter à la réalité actuelle.
Comme nous le savons tous, les « démocraties africaines »
tirent leur origine des grands bouleversements datant de l’année 1989 et ayant
entraîné des changements inattendus au niveau de la politique internationale.
Il s’agit, entre autres, du démantèlement du communisme soviétique, de la chute
du mur de Berlin, de la fin de règne ou de la chute du dictateur roumain
Nicolae CEAUSESCU, etc. Ces événements historiques de portée mondiale mirent un
terme à la guerre froide entre l’Est et l’Ouest, et ouvrirent la voie à une
demande accrue de plus de libertés humaines parmi les peuples du monde. À ce « vent
venu de l’Est » s’ajoute incontestablement le célèbre « Discours
de la BAULE » (France) du 20 juin 1990, une allocution prononcée par
M. François MITTERRAND à l’occasion de la séance solennelle de la 16ème
Conférence des Chefs d’État de France et d’Afrique. Le Président français
signifia clairement aux Chefs d’État africains « la nécessité d’une
plus large ouverture démocratique » au sein de leurs régimes. Cette
exigence conditionnait désormais toute « aide française au
développement » à l’Afrique.
Cette dynamique devait donc déterminer la nouvelle marche du continent
noir. Certains États s’activeront alors à l’organisation des « Conférences
Nationales » où leurs peuples se réunirent pour fixer les nouvelles
règles du jeu se rapportant au fonctionnement de leurs institutions. Les débats
tournèrent autour de la dislocation des anciens cadres de légitimité et de
représentation pour un nouveau « vivre ensemble ». Citons ces
pays africains, pour mémoire : Bénin (19–28 février 1990), Gabon (mars–avril
1990), Congo/Brazzaville (février–juin 1990), Niger (juillet–novembre 1991),
MALI (juillet–août 1991), Togo (juillet–août 1991), Zaïre/RDC (août
1991–décembre 1992), Tchad (janvier–avril 1993). Hormis les « Conférences
Nationales » gabonaise et tchadienne, toutes les autres se dirent « Souveraines »,
c’est-à-dire dont les décisions et résolutions seraient opposables à tous, y
compris aux Chefs d’État eux-mêmes. La suite est bien connue : quatre pays
seulement ont connu des succès ayant débouché sur des alternatives politiques
réelles (Bénin, Congo/Brazzaville, Mali & Niger).
Pour le cas spécifique de notre pays (le Zaïre d’alors), le
Président MOBUTU prit conscience de ces nouveaux enjeux mondiaux défavorables à
son pouvoir et surtout de la contestation et du mécontentement du peuple
zaïrois contre son régime. Ce qui le contraignit, un certain 14 janvier 1990, à
annoncer l’organisation imminente des « Consultations Populaires »
afin de «connaître la volonté du peuple concernant les institutions
politiques et la marche générale du pays ». Les résultats de ces
consultations furent sans appel : le peuple lui cria son ras-le-bol et lui
signifia son grand désir d’un changement démocratique radical et immédiat. Pour
sa part, la Conférence Épiscopale du Zaïre (CEZ), présidée alors par S.E. Mgr
Laurent MONSENGWO (Archevêque Métropolitain de Kisangani), rédigera un
retentissant mémorandum –devenu célèbre et historique– comme une
contribution particulière de l’Épiscopat zaïrois à cette demande du Chef de
l’État. Ce précieux document fut largement médiatisé au Zaïre même, en Afrique
et à travers le monde. Ce qui suscita l’ire du Maréchal Président et provoqua
une énième crise entre l’Église catholique et l’État (cf. Conférence Épiscopale
du Zaïre, Le mal est à la racine et non pas en surface : Mémorandum des
Évêques du Zaïre au Chef de l’État sur le fonctionnement des institutions
nationales et la situation générale du pays, Éditions du Secrétariat
Général de la CEZ, Kinshasa, 09 mars 1990, 6 pages). Les exigences du peuple
zaïrois, mêlées aux avis, considérations et recommandations de nos Évêques,
conduiront logiquement à la tenue d’une Conférence Nationale Souveraine(CNS)
qui n’aura malheureusement pas répondu correctement aux vraies attentes de la
population, en raison principalement du noyautage de ladite CNS par le cercle
au pouvoir et d’une classe politique toujours inconsciente et prompte à la
corruption.
Faisons remarquer qu’avant la tenue de ces assises (Conférences
Nationales Souveraines –– CNS), les peuples africains s’exprimèrent
largement afin que celles-ci soient dirigées ou présidées par des
ecclésiastiques (Évêques ou Pasteurs catholiques notamment) pour garantir
l’objectivité, la neutralité ou l’impartialité à ces différents forums.
Ce fut une volonté populaire manifeste dans tous les pays concernés. Ces cris
de détresse des peuples africains constituèrent une sorte de demande d’autorisation
adressée aux Conférences Épiscopales Nationales et au Saint-Siège afin
que l’Église de Dieu concède cet engagement à certains Prélats catholiques. En
guise de réaction, l’Église de Rome parut réticente au départ parce qu’ « il
est interdit aux clercs de remplir les charges publiques qui comportent une
participation à l’exercice du pouvoir civil » (cf. Canon 285, 3).
Ces mêmes dispositions ecclésiales soulignent encore que « les
clercs ne prendront pas une part active dans les partis politiques ni dans la
direction des associations syndicales à moins que, au jugement de l’autorité
ecclésiastique compétente, la défense des droits de l’Église ou la promotion du
bien commun ne le requièrent. Les clercs se limiteront à éclairer les
consciences des fidèles laïcs, les former à prendre leurs responsabilités afin
d’imprégner le monde d’esprit évangélique » (cf. Canon 287, 2).
Concrètement, la conduite des affaires strictement politiques ne relève pas de
la responsabilité des ecclésiastiques ni de leur noble vocation. Elle incombe
plutôt aux fidèles laïcs.
Cependant, face à une demande populaire trop pressante et à la
terrifiante réalité politique africaine de l’époque, caractérisée par des
dictatures féroces et tyranniques (arbitraire, prévarication, incurie, etc.),
le Saint-Siège finit par assouplir sa position en acceptant d'autoriser
officiellement certains Évêques à assumer provisoirement des charges politiques
pour le bien de leurs peuples et nations. Ce fut donc une exception à la règle.
Le Pape Jean-Paul II s’exprima en personne à ce sujet, en ces termes : « Cette
action temporelle exceptionnelle de la Hiérarchie de l’Église devait prendre
fin dès que possible... D’une manière générale, je forme le vœu que celui qui a
cru devoir accepter exceptionnellement, par esprit évangélique, une mission
temporaire d’ordre politique revienne sans tarder à sa mission propre, la
charge des âmes, pour laquelle il a reçu l’ordination. En effet, dans ce
domaine, il convient que le relais soit passé aux fidèles laïcs dès que
possible, selon ce que déclare le catéchisme de l’Église catholique : il
n’appartient pas aux Pasteurs de l’Église d’intervenir directement dans la
construction politique et dans l’organisation de la vie sociale »
(cf. Stéphane DUPONT, « Le Souverain Pontife prêche la démocratisation », in Jeune
Afrique Économie (JAE), n° 165, mars 1993, pp. 86 – 89.
Voilà pourquoi cinq des huit pays africains ayant organisé des « Conférences
Nationales » pendant cette période choisirent d’élire des Hommes de
Dieu au niveau de leurs présidences (Bénin, Gabon, Congo/Brazzaville, Togo
& Zaïre/RDC). Visiblement, cet accord du Vatican n'avait donc
pas concerné uniquement le Zaïre notre pays. Dans la suite, la
Hiérarchie catholique nationale, représentée à l’époque par la Conférence
Épiscopale du Zaïre (CEZ), confirma et adopta cette position officielle du
Saint-Siège à travers les directives du Vicaire du Christ, le Pape Jean-Paul
II. La CEZ déclara alors solennellement : « Au nom de la charité, à
la demande de leurs peuples et de leurs Conférences Épiscopales respectives, le
Saint-Siège a autorisé certains Évêques africains, dont S.E. Mgr Laurent
MONSENGWO, à jouer un rôle de premier plan dans les forums à caractère
politique ». (cf. Conférence Épiscopale du Zaïre, Complémentarité
des vocations et des missions au sein de l’Église pour le service de la Nation,
Éditions du Secrétariat Général de la CEZ, Kinshasa, 1994, p. 4). Dans cette
déclaration et à la suite logique du Saint-Siège, l’Épiscopat zaïrois n’a pas
manqué d'insister sur le caractère provisoire de cette fonction qui était
dépourvue des prérogatives strictement politiques. Pour la CEZ et pour son
Archevêque désigné à cette lourde responsabilité (S.E. Mgr Laurent MONSENGWO),
ce choix difficile qu’acceptait l’Église de Dieu symbolisait « un
service exceptionnel de charité en faveur du bien commun de la communauté
nationale, un engagement social et un service à la Nation » (cf.
Conférence Épiscopale du Zaïre, Le processus de démocratisation du
Zaïre, Éditions du Secrétariat Général de la CEZ, Kinshasa, 1996, pp. 40 –
51).
C’est donc de cette manière-là que les choses se sont déroulées. Ce qui
veut dire clairement que, pour être élu Président du Bureau de la Conférence
Nationale Souveraine (CNS) d’abord et du Haut Conseil de la
République/Parlement de Transition (HCR-PT) ensuite, S.E. Mgr Laurent
MONSENGWO avait obtenu au préalable l’autorisation expresse du Saint-Siège, la
communion et la bénédiction de tous ses frères dans l’Épiscopat au sein de la
CEZ et le soutien total de la majorité du peuple zaïrois. Le tout se passa donc
dans l’harmonie, la transparence et en parfaite conformité avec les directives
de l’Église catholique et du Saint-Siège.
Parlons maintenant de la Commission Électorale Nationale Indépendante
(CENI) où l’Abbé Apollinaire MALUMALU venait d’être reconduit en qualité de
Président du Bureau. Ici, vous vous demandez si les Évêques membres de la
Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) restent bien cohérents et
logiques avec eux-mêmes. Étant donné que, lors de leur 50ème Assemblée plénière
tenue à Kinshasa du 24 au 28 juin 2013, ils ont envisagé et/ou décidé des
sanctions contre l’Abbé Apollinaire MALUMALU, en le démettant de sa
fonction de Directeur Général de l’Institut Panafricain Cardinal MARTINO (IPCM)
et en proposant qu’il soit pris en charge par son Évêque diocésain qui devrait
appliquer à son endroit des sanctions canoniques qui s’imposent. Parce
que ce dernier aurait péché, en acceptant ses nouvelles attributions à la
présidence de la CENI. Alors que, selon vous, la même CENCO avait laissé, par
le passé, S.E. Mgr Laurent MONSENGWO présider librement la CNS et le HCR-PT qui
étaient aussi des institutions politiques. Une sorte de « deux poids
deux mesures » ! À ce propos, je vous concède le bénéfice du doute,
tout en estimant que les deux situations sont différentes.
Rappelons-nous que l’Abbé Apollinaire MALUMALU avait déjà occupé le
poste de Président de l’ancienne CEI qui avait organisé les élections de 2006
(provinciales, législatives et présidentielles). À ce moment-là, aucun problème
ne s’était posé au niveau de l’Église puisqu’il avait formellement reçu
l’autorisation de son Évêque diocésain et l’aval des autres Pasteurs membres de
la CENCO. D’où la question suivante. Pourquoi la situation paraît-elle si
compliquée et étrange aujourd’hui ? Disons qu’après avoir analysé tous
les problèmes, les ratés et les irrégularités constatés dans l’organisation du
premier processus électoral «démocratique » congolais, lesquels
problèmes ayant entraîné le départ de l’Abbé Apollinaire MALUMALU de la CEI, la
CENCO avait décidé de plus autoriser les ecclésiastiques (Évêques, Prêtres,
Religieux et Religieuses) à s’engager dans les institutions étatiques et
politiques ou à caractère politique (cf. Comité Permanent de la CENCO, Déclaration
sur le comportement des ecclésiastiques face aux échéances électorales en
République Démocratique du Congo, Secrétariat Général de la CENCO,
Kinshasa, 10 décembre 2010). C’est ce que la Hiérarchie de l’Église catholique
congolaise confirmera dans sa mise au point donnée le 13 mai dernier, via son
Secrétariat Général. Dans ce document, les Évêques ont tenu à « préciser
l’opinion tant nationale qu’internationale que la CENCO n’a pas présenté un
ecclésiastique pour être membre de la CENI » et
qu’ « un ecclésiastique qui s’engagera dans la CENI ira
manifestement à l’encontre des dispositions canoniques de l’Église catholique (cf.
Canons 287 ; 672 et 739) et de la position commune des Évêques de la
CENCO » (cf. Mise au point du Secrétariat Général de la
CENCO sur la présence des ecclésiastiques dans la nouvelle CENI, Kinshasa,
13 mai 2003).
En toute évidence, la position actuelle de la CENCO à l’égard de l’Abbé
Apollinaire MALUMALU semble justifiée par cet ensemble de directives que je
viens d’évoquer. Outre ces considérations, essayons encore de réfléchir sur les
interrogations suivantes. En acceptant de conduire la nouvelle CENI, l’Abbé
Apollinaire MALUMALU a-t-il réellement péché ? A-t-il violé les prescrits
canoniques et les directives de l’Église catholique et du Saint-Siège ? A-t-il
fait outrage à son ministère sacerdotal ? Est-il désormais à la porte de
l’Église ? Des questions difficiles à répondre avec certitude à mon niveau… Ce
que je puis simplement dire, c’est que des sources crédibles attestent que les
dispositions arrêtées par la CENCO ont été approuvées et entérinées par le
Saint-Siège qui a toujours défendu et justifié l’incompatibilité existant entre
la vocation ou la mission des ecclésiastiques et les charges étatiques ou
politiques, publiques ou viviles. Il se révèle ainsi qu’en acceptant de prêter
serment et de prendre ses nouvelles fonctions à la tête de la CENI, l’Abbé
Apollinaire MALUMALU n’aurait pas observé les règles édictées par la Hiérarchie
catholique. Cela me paraît à la fois inquiétant, dangereux et surtout
troublant, à la limite d’une rébellion préméditée en âme et conscience. Du
moins, c’est ce que je suppose, à la lumière des données à ma
disposition.
A-t-il, par contre, obtenu l’autorisation de son Évêque pour ce faire ?
Dans cette hypothèse, les choses seraient certainement discutables puisque la
situation se présenterait autrement. Malheureusement, je n’en sais
personnellement rien au stade actuel. Néanmoins, j’estime que cette éventualité
peut paraître plausible puisque l’Abbé Apollinaire MALUMALU n’est pas un fou.
Il est un homme intelligent et réfléchi. J’imagine donc qu’il ne peut « prendre
autant de risques sans se rassurer d’une couverture certaine ». Même
dans ce cas de figure, je me poserais toujours d’autres interrogations puisque
tous les Évêques de la CENCO –et du monde entier d’ailleurs– sont liés
par la fraternité, la communion et la collégialité épiscopales. C’est pourquoi
« la CENCO est l’Assemblée des Évêques de la République Démocratique
du Congo. Sa fonction est d’harmoniser la charge pastorale de l’Épiscopat
congolais conformément aux prescriptions du Décret ‘‘Christus Dominus’’ du
Concile Vatican II et selon les précisions apportées par les statuts de la
Conférence même »
Cette structuration organisationnelle sous-entend que chaque Évêque représente
la CENCO dans son Diocèse ou auprès de son Église particulière. En vue donc
d’une vision unifiée dans l’annonce de la Bonne Nouvelle de Dieu, la CENCO
définit la marche générale et les grandes orientations communes à tous les 47
Diocèses de la RDC qui constituent, ensemble, l’unique « Corps du
Christ » qu’est l’Église locale congolaise. Cette communion ecclésiale
se vit dans la solidarité épiscopale des Évêques congolais qui parlent toujours
d’une même et seule voix concernant toutes les questions engageant la CENCO
d’une manière officielle. Ceci entraîne que l’interdiction, faite aux
ecclésiastiques, de toute participation active aux institutions politiques,
étatiques et publiques, est bel et bien l’affaire de tous les Évêques de la
CENCO.
De cette manière, tout Prêtre séculier (un Abbé) doit obéissance
non seulement au Pape et à son Évêque diocésain, mais également à l’ensemble
des Évêques réunis (avec le sien) au sein du Collège épiscopal. De même, chaque
Prêtre régulier ou religieux (un Père) doit obéissance au Pape, à tous
les Évêques et à ses Supérieurs hiérarchiques (Religieux). Pareil pour les
Religieux et les Religieuses non appelés au sacerdoce ministériel qui est
consacré par le Sacrement de l’Ordre que reçoivent uniquement les Prêtres et
les Évêques au moment de leur Ordination. Quant à nous autres fidèles laïcs,
nous sommes aussi tenus au même devoir d’obéissance, de profond respect et de
fidélité envers l’Église hiérarchique : le Pape, les Évêques, les Prêtres, les
Religieux et les Religieuses. En retour, nos Pasteurs nous estiment, nous
apprécient et nous aiment paternellement (ou maternellement pour le cas des
Religieuses). Et, ensemble, nous constituons tous, ecclésiastiques et fidèles
laïcs, une véritable famille des enfants de Dieu, dans l’amour désintéressé, la
confiance réciproque et le respect mutuels. Comme on le constate,
l’obéissance demeure donc le socle ou l’une des valeurs fondamentales et sacrées
du catholicisme. C’est ainsi que fonctionne l’Église de Dieu : Sainte,
Catholique, Apostolique, Une et Universelle. Autrement dit, sans obéissance,
nous cessons d’être et de vivre en Église. Ce qui signifie que nous rompons
naturellement la communion avec Dieu, avec les Êtres célestes, avec l’Église,
avec les autres chrétiens, avec et entre nous-mêmes.
Au terme de cette analyse, des interrogations ultimes me viennent encore
à l’esprit. L’Abbé Apollinaire MALUMALU a-t-il raison ou tort d’avoir choisi d’œuvrer
de nouveau à la Commission Électorale Nationale Indépendante malgré
l’interdiction de la CENCO ? À travers leur prise de position commune dans leur
« Communiqué de Presse » du 20 juin dernier, les Évêques de la
CENCO sont-ils restés cohérents avec eux-mêmes ou ont-ils trahi leur engagement
chrétien, sacerdotal, épiscopal et pastoral ? À l’époque de la CNS et du
HCR-PT, la Conférence Épiscopale du Zaïre (CEZ) avait-elle aussi décrété les
mêmes mesures d’interdiction que S.E. Mgr Laurent MONSENGWO aurait outrepassées
ou transgressées ? La CEZ n’avait-elle pas, elle-même, plaidé officiellement la
cause de l’Archevêque Métropolitain de Kisangani auprès du Saint-Siège ? Cette
situation exceptionnelle du passé est-elle comparable aujourd’hui avec le deuxième
rendez-vous de l’Abbé Apollinaire MALUMALU à la CENI ? En dehors du Révérend
Pasteur Daniel NGOY MULUNDA et de Monsieur l'Abbé Apollinaire MALUMALU,
n'existe-t-il plus d'autres compétences congolaises capables de présider ou de
diriger la Commission Électorale Nationale Indépendante ? Aux autres frères et
sœurs de LISAGO de me compléter ou de me contredire positivement si possible.
Pour ma part, j’espère avoir répondu, au moins partiellement, à votre
préoccupation.
Saturations fraternelles
Louis BASINGA Bweng'aa Ngelessa
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