SAGA de SEM LM WALLE en DEUX ans sous COVID-19

Maître Louis-Marie, WALLE Lufungula, au deuxième tour, après celui du mercredi 10 avril 2019, que cet ancien magistrat du parquet de Grande Instance de Goma, devenait le troisième gouverneur élu de la Province mythique de la Tshopo. Il n'a pas laissé au Gouverneur sortant Constant LOMATA aucune chance pour se succéder à lui-même ! Dix-sept voix obtenues sur les 27 votants alors qu’au premier tour il avait eu sept voix, poursuivi par C. LOMATA qui en avait six.

Dans les rues "boyomaises sans FIL", c’était une liesse populaire : des cris de joie, des klaxons de taximen-motos retentissaient partout. Pour saluer l'arrivée à la tête de la TSHOPO, d'un digne fils, avec espoir « cette dernière va bientôt avoir une nouvelle ère pour son décollage et son développement », mais c'était sans compter avec la meute des sorciers et autres chiens enragés déterminés à faire descendre, par tous les l'apôtre et l'envoyé du Maitre pour le développement et la promotion de la Province.

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Pour rappel, Louis Marie Lofungola avait démissionné du PPRD pour se présenter en indépendant avec comme vice-Gouverneur, M. Maurice ABIBU Sakapela Bin Mungamba, ancien journaliste de la RTNC/Kisangani, grand défenseur du RCD/Goma à Kisangani, il fut ministre provincial en charge de l'Intérieur, Sécurité du premier gouverneur de Province M. Jean ILONGO Tokole, premier Gouverneur de la Tshopo issue de la province Orientale démembrée.

WALLE Lufungola, qui est-ce ? Juriste de formation, né à Yangambi un certain 25 juillet 1964. Il a fait ses humanités Latin Philo au Collège Maele à Kisangani, ses études de Droits à l’Université de Kinshasa. il fut nommé magistrat au parquet de Grande Instance de Goma. De là, il embrassa la carrière politique avec "l'avènement de conglomérat des opportunistes et aventuriers de l’AFDL" du Mzee Laurent Désiré KABILA. En 1996, à Kisangani, il fut nommé Premier Secrétaire Provincial de l'AFDL, fonction supposé à tort comme supérieur à celui du Gouverneur de Province ! Il quitta ses fonctions du Directeur Général du Journal Officiel de la RD Congo, avant de poser sa candidature au poste de Gouverneur de province. Marié et Père de cinq enfants, le troisième Gouverneur de la Tshopo, Louis marie WALLE Lufungola, conscient de l'envoutement voir du signe indien qui poursuit la TSHOPO depuis l'indépendance nationale, avec des guerres et tueries à répétition (rébellion 1964, mercenaires de tout bord, l'avènement des opportunistes et aventuriers de l'AFDL, qui confia la Province à DIEU (Jésus) en organisant une Prière Œcuménique à l'Esplanade de la poste de Kisangani.

Depuis lors, tous les sorciers et autres esprits malins s'acharnent contre lui avec des accusations mensongères. Mais le Maitre de l'Univers est toujours avec lui et malgré tout, il tient bon et ses compatriotes l'ont surnommé, "TCHUMA ya MOTO càd barre de fer chaud", qu'on ne serait tenir à mains courantes !

Malgré des complots ourdis des sorciers de tout acabit, Me LM WALLE L. résiste encore aux ouragans des motions à répétition qui secouent des Institutions Provinciales à travers la RD Congo ! Visé par une deuxième motion de censure signée par 14 élus sur les 28 députés de la province de Tshopo, WALLE Lufungula et toute son équipe gouvernementale ont pu saisir la COUR constitutionnelle et l'Assemblée provinciale notifiée, aurait dû ne pas aller jusqu'au bout, en votant leur motion de censure, initialement signé par 14 élus, ce sont 17 députés qui ont voté ladite motion, sans atteindre le quorum requis en pareille situation. Ayant constaté l'erreur, ils auraient établi un Procès-verbal en dehors de l'Assemblée Provinciale : "faux usage de faux"! Ainsi la Cour Constitutionnelle est saisie de toutes ces irrégularités.

Mais les prétendus connaisseurs de la chose juridique ne s'entendent pas sur la surséance de l'action (!), attendons l'Institution ayant qualité et autorité pour interpréter la LOI, la Cour Constitutionnelle. D'ici là, le combat cessa faute de combattants et les affidés de chaque camp se battent dans les réseaux sociaux.

Pourtant "Nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits " ! En effet, l’exécutif provincial est notamment accusé de "manque de vision claire de développement, des actions hasardeuses, à bâton rompu, clopin-clopant et clairement prédatrices, une gestion «opaque et calamiteuse» des finances publiques ainsi que le détournement de 2,5 millions de dollars américains....”

Absent à la fameuse séance où il était attendu pour répondre aux accusations contenues dans leur motion, SEM le Gouverneur WALLE, à travers une lettre adressée au bureau de cette assemblée, les invita à la sagesse afin d’éviter «une énième humiliation (!)». En effet, SEM le Gouverneur, Louis-Marie Walle Lufungula dénonce l’attitude des députés, qui reviennent sur un problème déjà tranché en sa faveur aussi bien par la cour d’appel que par la Cour constitutionnelle.

Evoquant le principe général de droit selon lequel "nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits", afin d'«éviter une énième humiliation à la population de la Tshopo par des actions irréfléchies et hasardeuses des députés provinciaux».

Wait and see ....jusqu'à la fin de la procédure devant la COUR constitutionnelle. Dans l'entre-temps, un général de la PNC qui a tenu imprudemment "la barre incandescent LMWL", en a eu pour son compte !


lundi 3 mars 2014

Kabila... tel est pris qui croyait prendre?


Par AnicetMobetpublié le 24/02/2014 à 23:52, mis à jour à 23:52

RD Congo : des assassinats impunis au coup d'état d'opérette et à l'imbroglio des concertations nationales       

Kabila craint d'être pris à son propre piège! Ainsi s'intitulaitl'entretien que j'avais accordé à l'Express (30 nov.2011) lors de l'élection présidentielle en 2011. Trois ans après, Joseph Kabila se retrouve dans la nasse: les Congolais ont déjoué le piège qu'il leur a tendu lors des " concertations nationales". 

D'emblée, les esprits avisés ont flairé dans ces concertations une sordide manoeuvre pour détourner l'attention de noirs desseins du Chef de l'Etat, soucieux de consolider un pouvoir issu d'élections entachées de fraudes massives avérées. Aussi s'est-il évertué à appâter des politiciens retors avec des promesses de promotion politique pour élargir le cercle des courtisans qui soutiennent son projet de se cramponner au pouvoir en violation de la constitution.  

Laminées par la violence sociale qu'engendre la brutalité d'une prédation des ressources économiques dont tire profit la classe dirigeante. Brisées par la violence armée des seigneurs de guerre soutenus par le gouvernement rwandais (M23), des milices (Kulunas) agissant en toute impunité et des soldats de l'armée rwandaise dans laquelle a servi l'actuel chef de l'Etat, les masses populaires se trouvent anéanties. Rappelons qu'en 2009,il a accepté que les soldats ruandais se déploient au Congo. Le président de l'Assemblée nationale démissionna pour protester. L'amnistie accordée aux auteurs d'assassinats politiques scandalise le peuple.  

Outrés par la mollesse de réaction du chef de l'Etat face aux dénégations du président Kagame, en dépit de multiples rapports de l'Onu et à l'arrogance du commandant James Kabarere qui fut son chef hiérarchique dans l'armée rwandaise, les partis d'opposition et de larges secteurs de la société civile ont finalement accepté de participer aux concertations nationales. 
Quoique méfiants et sceptiques, ils étaient déterminés à s'approprier cet événement politique pour en faire un espace citoyen où ils peuvent exprimer leurs revendications, un lieu de réinvention du politique afin de reconstruire l'état. Rien n'y fit : les dés étaient déjà pipés. Joseph Kabila est embourbé dans les marécages de mécomptes de l'AFDL et de ses succédanés dont les effets pervers se trouvent aggravés par les encombrants héritages résultant du régime Mobutu et de la double crise de la colonisation et de la décolonisation. 

De l'escroquerie politique de l'AFDL à la forfaiture.... 

La forfaiture que constituent la révision constitutionnelle de janvier 2011 et celle projetée pour contourner le prescrit constitutionnel limitant à deux le nombre de mandat présidentiel, ainsi que le holdup électoral de novembre 2011 n'est pas un simple incident de parcours. Elle illustre piteusement les multiples contradictions qui ont émaillé l'intrusion et l'ascension de Joseph Kabila dans le champ politique - grâce à l'armée rwandaise - et le renforcement de sa position dans l'appareil militaire, ainsi que sur l'échiquier politique. 

Il importe de tenir compte à la fois du contexte historique et politique dans lequel s'inscrivent ces contradictions, ainsi que son équation personnelle: en 2011, sa désignation à la tête de l'Etat - dans des conditions opaques - a ouvert le sinistre bal d' une lamentable régression intellectuelle et politique qui peu à peu transforme certains pays africains en satrapies gérées comme des fiefs claniques par des "seigneurs des guerres". 

En 2006, en insistant sur la nationalité, clairement établie, de tout candidat à l'élection présidentielle; les Congolais voulaient briser un engrenage infernal: depuis 1960, les ingérences étrangères ont érigé un dogme selon lequel, nul ne peut accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat s'il n'est soutenu - voire "fabriqué" - par les gouvernements belge, américain et français depuis 1977-1978. Appréciées à l'aune de l'histoire du Congo, les tutelles diplomatiques, militaires et politiques qu'exercent le Rwanda et l'Ouganda, avec l'aval américain, sur les "rébellions " depuis 1996-1998, ainsi que sur les composantes politiques qui en sont issues, s'analysent comme une double rupture. 

Rupture avec la clairvoyance politique des personnalités qui ont pensé et dirigé le mouvement d'émancipation politique - intellectuels de Conscience Africaine,de l'Abako ;leaders politiques du Mnc ,de l'Abako et du Psa en1956/1960 - ayant abouti à l'indépendance. Rupture aussi avec les engagements intellectuels du mouvement étudiant- Ugec et l'Agel- (1961-1991) résolument opposé à un régime inféodé aux parrains étrangers.

Cette régression ne cesse de s'aggraver et de s'amplifier comme l'illustrent d'une part l'indignation suscitée par la révélation en 2012 de la présence des soldats rwandais sur le territoire national alors qu'ils étaient censés être rentrés chez eux depuis décembre 2009. D'autre part le curieux itinéraire électoral qu'emprunte l'abbé Malu-Malu s'inscrit dans une vaste escroquerie politique. 

Avant de débattre du calendrier électoral avec la représentations nationale, il est venu d'abord en Belgique s'assurer du soutien des parrains de Kabila pour les rassurer du sort de leur poulain. Il n'est donc pas étonnant que- fort des assurances des tuteurs - lors des discussions à l'Assemblée nationale chez nous qu'il ait envisagé -en des termes à peine voilés - l'hypothèse d'une révision constitutionnelle. 

Par ailleurs, dès 2006, les Congolais voulaient éviter qu'un drame familial personnel ne se transforme en un facteur structurant de la tragédie d'un peuple. Ils n'ont pas oublié les immenses dégâts politiques et le gouffre financier occasionnés par l'esprit de lucre d'innombrables oncles maternels attitrés du Président Mobutu. Chacun d'eux gérait des multiples coteries regroupant des proches parents du Président et leurs alliés, ainsi que quelques personnalités originaires d'autres régions.

Ces coteries servaient de lieux de cooptation des individus devant intégrer la clique présidentielle et la confrérie régnante, repaires de ceux qui bénéficiaient des dons personnels du Président, notamment les nominations à de hautes fonctions dans les organes du Parti unique et de l'appareil d'Etat. Aussi, il fallait sans cesse augmenter la "dotation présidentielle" pour entretenir ces écuries en compensation de l'adoption que le clan Ngbandi accorda à l'ancrage familial du Président. 

A la fin des années 1990, sur trente-sept officiers supérieurs de l'armée, la région de l'Equateur en comptait dix-huit, soit 46% ; tous les services de renseignements (civils et militaires) étaient dirigés par les Ngbandis ou, à défaut par un ressortissant de l'Equateur. Ces favoritismes ethniques n'ont guère accru l'efficacité de nos soldats comme le prouve la déroute devant l'armée rwandaise en 1996-1997. 

Le clan des Balubakat fait payer aux Congolais le prix le plus fort de la "reconnaissance parentale" accordée au Chef de l'Etat. Ils ont exigé et obtenu quasiment tous les ministères régaliens du gouvernement. Craignant d'être évincés par le "clan des Tutsis" - puissamment soutenus par le Rwanda - les Balubakat intensifient les surenchères, qui parasitent le jeu institutionnel. Le devenir du Congo et le sort des Congolais sont sacrifiés sur l'autel de sinistres desseins de véreux personnages. 

Ainsi le piège grossier qu'il tendait aux Congolais se retourne sur Kabila lui-même, soumis à la fois aux revendications de "ses parents" et aux exigences de ceux dont les soutiens militaires lui ont ouvert les voies du champ politique en 1996-1997; sans oublier les pressions de tuteurs qui l'ont adoubé en 2001, 2006 et 2011 et qui ne cessent de relayer les appétits insatiables des intérêts économiques qui pillent les ressources du Congo avec la complicité de la nomenklatura regroupée au tour de lui. 
Qu'il soit rappelé au Chef de l'Etat que tous ceux qui ont méprisé le peuple congolais en privatisant la gestion des ressources publiques à leur profit, à celui de leurs clientèles et de leurs tuteurs étrangers ont connu une fin lamentable. 

En 1908, le Roi Léopold II est contraint de "céder" le Congo à la Belgique, en dépit de nombreuses obstructions. Le 8 juillet 1960,le général Janssens, dernier commandant en chef de la Force Publique(" après l'indépendance = avant l'indépendance ") et le 16 mai 1997,le Maréchal Mobutu(" je ne dois rien aux Zaïrois,ils me doivent tout ") quittent furtivement Kinshasa, comme de quelconques quidams cherchant à échapper à une interpellation policière pour se soustraire à la justice. Ce piteux épilogue contraste avec les éblouissants fastes qu'ils déployaient du temps de leur splendeur. 

De nombreux signes annonciateurs indiquent que le Congo va bientôt revivre un scénario similaire. Plus tôt, il se produira, mieux ça vaudra. Pris dans son propre piège, paralysé par les impérities de son pouvoir et la concussion des prévaricateurs de sa cour, Joseph Kabila multiplie les chausse-trappes contre les Congolais comme cet engagement des partis politiques sous la houlette du président de la commission électorale. Le Président ne s'est pas publiquement engagé à respecter le prescrit constitutionnel qui lui interdit de briguer un 3° mandat. 

Les thuriféraires du pouvoir annoncent la formation imminente du gouvernement au moment où le paysage politique se recompose sous la férule d'anciens barons mobutistes. Un " deal " semble être conclu avec eux pour utiliser leurs réseaux nationaux et internationaux afin que le président brigue un 3° mandat sans l'emprise du clan " Lubakat " en s'appuyant sur l'opposition " républicaine " qui a parasité l'opposition radicale. 

Peuple congolais...débout ! 

Le tableau dépeint ci -haut paraît si sombre qu'on serait tenté de croire que tout serait irrémédiablement perdu. Les apparences sont si trompeuses qu'elles n'offrent qu'une vision tronquée d'atouts dont peuvent disposer les Congolais. 
Ce pays reste un gisement inépuisable de richesses humaines; des ressources culturelles et économiques, des compétences scientifiques et d'excellences intellectuelles. L'intense mobilisation politique des diasporas congolaises, la créativité sociale des masses congolaises et la probité intellectuelle de nombreux universitaires sourds aux sirènes du pouvoir suggèrent que l'immense majorité des Congolais refusent que leur pays soit pris en otage par des analphabètes politiques tirant leur légitimité des appuis extérieurs. Expression d'un patriotisme éprouvé, ce refus ouvre des perspectives d'espoir qu'il appartient aux diasporas de concrétiser. 

Il faut se féliciter que les diasporas congolaises aient pris conscience des enjeux ;de l'ampleur, du caractère récurrent et multiforme des interventions politiques, militaires étrangères - qu'elles soient publiques ou secrètes - et leur impact sur le sort du pays. Il faut aussi se réjouir que les Congolais - surtout les jeunes - aient compris et l'expriment parfois avec véhémence que la confiscation de l'expression électorale participe d'une stratégie bien rodée pour sans cesse recycler l'odieux Pacte néocolonial noué en 1960-1961 reposant sur l'assassinat du Premier MinistreLumumba. Cette lucidité politique met en évidence l'échec des stratégies occidentales et elle commence à inquiéter leurs chancelleries et les "faiseurs de rois" ainsi que leurs séides au Congo. 

Coup sur coup, les diasporas congolaises ont réussi à obtenir une audience avec le Président de la République française pour lui demander que la France use de son influence diplomatique afin que l'ONU crée un tribunal international pour juger les auteurs de crimes contre l'humanité commis au Congo; à rencontrer l'envoyé spécial de l'UE dans la région des Grands Lacs et à faire annuler le concert d'un artiste transformé en griot du pouvoir. Il importe d'amplifier et de rationaliser cette mobilisation politique pour mieux orienter l'indispensable travail de "lobbying" afin que les Congolais soient partie- prenante du ballet diplomatique déployé autour de la tragédie qui décime leur pays. 

Il faut se donner les moyens de se ménager un espace d'action dans les réseaux d'influence qui pèsent sur les décisions prises de l'étranger concernant notre pays. C'est aussi le moment de lancer une vaste opération "100 dollars pour le Congo" afin qu'à court terme, les citoyens congolais s'approprient le processus électoral en finançant les opérations de recensement obligatoire; l'achat du matériel ; les campagnes d'information et d'éducation civique pour faire respecter la constitution afin que le choix électoral s'accomplisse avec discernement. 

A moyen terme, il faut songer à constituer des fonds d'investissement pour que les Congolais soustraient les importants secteurs de l'économie de la prédation et des convoitises étrangères. Les flux financiers entre les diasporas et le pays se déclinent sur le mode micro-économique des solidarités familiales. Ils peuvent se décliner aussi sur un mode macro-économique. 

Peuple congolais, Debout! Tel est l'intitulé de l'éditorial de Conscience Africaine (n° nov-déc. 1956) revue éditée par un collectif des intellectuels du groupe éponyme que fonda en 1951, l'abbé Joseph Malula. L'éditorial faisait le point sur les réactions qu'avait suscitées la publication de leur Manifeste le 30 juin 1956. 

58 ans après, l'éditorial reste de brûlante actualité: dans un autre contexte historique, il reste à déterminer les fondements d'une nouvelle alliance de classe entre le peuple congolais et une fraction de son intelligentsia qui se défait d'une conception cléricale de l'université et mandarinale du rôle des intellectuels pour réinventer le politique afin qu'il prenne en charge les revendications des milieux populaires. 

Anicet MOBE 
Chercheur en Sciences Sociales 
Membre du Collectif des intellectuels congolais "DEFIS" - Paris 


dimanche 23 février 2014

PLAN DE LA BALKANISATION DE LA RD CONGO


LE TEMPS DE LA VÉRITÉ SUR LA BALKANISATION

Société de Juristes Catholiques du Congo

Nos échanges décousus sur les forums de discussions ne nous permettent pas de nous enrichir mutuellement, de mener une discussion articulée sur un sujet donné et d’aboutir à quelques conclusions utiles et inspirantes pour notre pays. Nous passons d’un sujet à un autre. Sans nous donner la peine de sérier les questions pour mettre dans une corbeille les discussions visant à nous détendre entre en Compatriotes et dans l’autre, les sujets vitaux pour nous, pour nos enfants et pour l’avenir de notre pays. Dans un tel méli-mélo, nous ne nous rappelons plus, souvent, de questions que nous posons aux autres intervenants. Nous intervenons sur tous les sujets. Comme des omniscients. De la musique à la littérature en passant par la philosophie, le droit et la politique.

Les forums d’échanges n’étant pas thématiques, il nous semble parfaitement normal de passer sans transition des questions d’actualité au débat constitutionnel et aux allégations sur la corruption des députés sans être obligés de se rappeler tous les échanges de la veille sur le décès d’un artiste musicien.
 
Cependant, il nous semble quelque peu irresponsable de passer à pieds joints les questions qui sont, par leur nature, d’une importance majeure pour notre pays. Des questions qui devraient nous retenir pour nous permettre si non de les creuser à tout le moins de chercher des renseignements pour savoir ce qui se passe exactement.
 
Les postings sur la balkanisation font partie de ces questions majeures que l’on devrait éviter d’esquiver. Par stratégie politique ou par simple inconscience nationale. La culture de l’effort intellectuel, de la détermination et de la recherche semble étrangère à la nouvelle génération qui s’intéresse beaucoup plus aux réflexions «fast food» qu’aux écrits fouillés et documentés. Il suffit de lire les nombreux postings qui s’échangent dans nos forums pour s’en convaincre. Ils sont truffés d’affirmations non étayées sur un certain nombre de sujets. Friands d’écrits «fast food», leurs auteurs adoptent généralement le ton du «Magister dixit» où la nuance et la réserve n’ont pas de place. Et l’objection est répudiée avec véhémence. Et lorsqu’ils sont à bout d’arguments, ils appellent au secours les membres de leur ethnie : «Mais, vous nous prenez, nous les Kwangolais, les Ne Kongo, les Kivutiens, etc. pour des imbéciles!». Argument classique d’autorité. Et on passe des heures à discuter sur des balivernes et le sexe des anges. Au détriment des questions vitales comme que la question de l’intégration des Rwandais du M 23 dans nos institutions nationales.
 
Les questions sur la balkanisation de notre pays font également partie des questions cruciales. Parce qu’elles touchent la souveraineté d’un État. Parce qu’elles touchent le destin des populations menacées de devenir des étrangers en cas d’annexion. Plus profondément encore, parce qu’elles touchent le degré d’allégeance de certains de nos dirigeants vis-à-vis du pays dont ils sont censés protéger les intérêts. Ces questions ne devraient donc pas être reléguées au second plan.
 
Nous voudrions ici revenir sur les allégations sur l’imminence de la balkanisation dont ont fait état les différents communiqués de l’Apareco, une association partisane qui occupe un espace de plus en plus important dans le firmament politique congolais.  
 
Les allégations faites par l’Apareco nous font frémir. À ce titre, elles devraient amener les autres associations et regroupements partisans d’aller vers l’Apareco pour savoir de quoi il est question et quels moyens mettre en œuvre pour contrer cette balkanisation présentée comme imminente. Ces allégations devraient faire partie des questions d’échange pour savoir s’il y a, sur le terrain, des faits qui sont de nature à les confirmer.
 
Face à ces révélations, nous observons un certain manque de cohérence dans le chef des acteurs et analystes politiques, d’une part et, d’autre part, des internautes et des acteurs de la société civile que nous sommes : nous sommes pressés d’aller à Kampala rencontrer les étrangers du M 23, assistés de quelques auxiliaires congolais mais nous n’envisageons pas la même démarche pour rencontrer les membres d’une Association qui n’est composée que des Congolais et qui nous alerte sur un danger qui menace notre pays. Et que nos dirigeants nous cachent.
 
Nous sommes disposés à conclure un Accord de paix avec le CNDP représenté par un Rwandais, Désiré Kamanzi, dont les chercheurs ont démontré qu’il faisait partie de la cohorte de juristes rwandais formés à l’Université d’Ottawa au dans le cadre d’un programme bilatéral entre le Canada et le Rwanda que de rencontrer et de discuter avec nos frères et sœurs de l’Apareco dont le Président est un fils du Congo.
 
Nous sommes une association d’universitaires. Les émotions des uns et des autres ont très peu d’impact sur nous. Nous sommes intéressés aux faits et préoccupés par la recherche de la vérité, notamment en rapport avec le projet de la balkanisation. Et nous essayons d’analyser de manière rationnelle et objective toutes les informations en rapport avec cet enjeu en faisant les recoupements nécessaires avec des informations issues de plusieurs autres sources d’informations externes.
 
Nous voulons ici provoquer un débat en lien avec les communiqués publiés par l’Apareco et dans lesquels cette association partisane nous alerte sur l’imminence de la balkanisation.
Comme association d’universitaires congolais, nous réfléchissons sur cet enjeu depuis quelques années. Nous avons analysé les différentes prises de position de la Cenco au sujet de la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et l’intangibilité des frontières. Ce que publie l’Apareco va dans le même sens que les déclarations des Évêques. Nous avons compulsé les travaux des chercheurs sur certains acteurs politiques comme Bugera, Bisengimana, Ruberwa ou Bizima Kahara. Dans nos recherches, nous avons découvert, par exemple qu’un chercheur indépendant avait déjà publié dans nos forums une réflexion sur «La responsabilité individuelle de Bugera dans les crimes commis en l’APR au Congo-Zaïre». Ce que dit l’Apareco va dans le même sens.
 
Nous avons lu de nombreux rapports des experts des Nations Unies et des autres organisations indépendantes qui nous permettent, aujourd’hui, de considérer comme crédibles les allégations de l’Apareco. Nous ne comprenons donc pas le silence sur ces allégations en dépit de nos messages pressants envoyés aux internautes pour les inviter à nous dire si ce que dit l’Apareco est faux.
 
L’heure de la vérité a sonné. Il faut que les uns et les autres se prononcent sur ces révélations de l’Apareco : soit pour démontrer qu’elles sont dénuées de tout fondement (tâche que nous laissons à la Majorité présidentielle et à ses éditorialistes), soit pour démontrer que les faits sur terrain et le comportement des dirigeants au pouvoir le confirment ou ne le confirment pas (tâche que nous laissons aux universitaires indépendants), soit pour justifier la nécessité d’un dialogue entre l’Apareco et les autres associations partisanes (tâche que nous laissons aux analystes politiques de chaque camp politiques), soit pour démontrer qu’il est, en tout état de cause, nécessaire de rassurer la population à ce sujet. En définitive, ces allégations nous obligent d’y réfléchir et de partager avec les autres frères et sœurs ce que nous en pensons.
 
Avertissement :
Attaquer l’Apareco serait une fuite en avant. Il faut attaquer ce qu’ils écrivent. Parce qu’ils démontrent qu’ils ont l’information que nous n’avons pas. Et la bonne information. Sous réserve des preuves contraires. Si nous aimons notre pays, nous devons nous intéresser plutôt au contenu de l’information qui fait état du danger auquel est exposé notre pays. Lorsque le voisin que nous n’aimons pas nous prévient du danger qui guette nos enfants sur leur chemin de l’école, nous oublions momentanément notre discorde avec le voisin pour avoir toute l’information sur le danger auquel sont exposés nos enfants…
 
Dans les pages qui suivent :
  • (1) nous démontrons que d’autres sources crédibles font également état de l’existence du plan de la balkanisation du Congo
  • (2) nous invitons les acteurs politiques (et leurs experts qui interviennent dans nos forums) de ne pas esquiver les révélations de l’Apareco qui donnent à leur chef la stature d’un homme d’État
  • (3) nous proposons une démarche : faire le recoupement avec les autres sources d’informations pour savoir si ce que dit l’Apareco peut être considéré comme sérieux,
  • (4) nous soulevons le malaise des éditorialistes de la Majorité présidentielle qui ont l’habitude de tirer sur tout ce qui bouge mais qui, curieusement, face aux preuves que donne l’Apareco, choisissent de cacher derrière un mur de silence.
Notre conclusion porte sur l’inconscience de l’élite congolaise pour la mettre en demeure de réagir face à ce problème de la balkanisation de notre pays dont parle l’Apareco.

 
1. Les allégations de l’Apareco sont-elles dénuées de tout fondement ?
 
Les allégations de l’Apareco font état des rencontres destinées à finaliser le projet de la balkanisation de notre beau et grand pays. Ces allégations sont assorties de détails précis sur les dates, les villes où se sont tenues ces rencontres ainsi que des acteurs qui y ont pris part. Les temps sont décidément graves. D'autant plus que les dernières allégations sur la matérialisation imminente du projet de la balkanisation du Congo ne sont pas les premières du genre. La Conférence des évêques catholiques du Congo a toujours attiré l'attention des fidèles sur l'existence d'un tel plan. Elle ne mettrait jamais sa crédibilité en jeu pour parler d'un plan qui n'existerait pas... Elle ne ferait jamais de l'intégrité territoriale, de la souveraineté de l'État et de l'intangibilité des frontières héritées de la conférence de Berlin les leitmotive de ses prises de positions officielles si l'unité de notre pays n'était ni mise en mal ni en danger...
 
S'il y a au pays, une institution où la réflexion intellectuelle a encore de la place, c'est bien à la Conférence épiscopale du Congo. C'est probablement la seule institution où tout le monde n'est pas prêt à se vendre et à vendre le pays pour un poste, pour de l'argent, pour son ascension sociale ou politique. C'est la seule institution du pays où personne n’a jamais pris les armes pour accéder au pouvoir. Lorsque ces Hommes de Dieu nous parlent de l'existence d'un plan de la balkanisation du pays, il ne faudrait pas leur demander de se déshabiller pour qu'ils se fassent comprendre. Le 5 décembre 2012, les évêques ont rappelé que l'exécution de ce plan est à l'œuvre depuis des années. Lorsque nous analysons la conduite de nos dirigeants, tout confirme les propos de nos Évêques : il y a des dirigeants au pouvoir qui sont au service des intérêts étrangers et qui travaillent d’arrache-pied à la matérialisation de la balkanisation du pays. Les opérations de brassage des éléments armés dans l’armée nationale, les opérations Kimia et Umoja wetu, l'intégration des membres du CNDP dans les institutions nationales, l'Accord de Goma du 23 mars 2009, les Concertations de Kampala et la Loi d'amnistie sont autant d'étapes d'un processus qui a débuté depuis Sun City. Il faudrait que chaque citoyen congolais et chaque citoyenne prenne la mesure de la gravité de la situation et agisse. Maintenant. En prenant au sérieux les informations sur la tenue des rencontres qui se seraient tenues dans certaines capitales africaines en vue de mettre la dernière main sur la balkanisation du Congo. Demandez des comptes à vos députés, vos chefs des partis politiques, aux responsables de vos associations, aux prêtres de l’Église catholiques. Parce que ceux-ci ne vous diront jamais de laisser Dieu s’en occuper. Dieu nous a pourvus d’intelligence pour nous occuper de notre Cité.
 
2. Les acteurs politiques ne doivent pas esquiver ce que dit leur adversaire de l’Apareco
Il serait donc dangereux et à la limite irresponsable de balayer du revers de la main les récentes allégations sur   des rencontres qui se seraient tenues en Angola sur la mise au point de la phase finale du projet de la balkanisation du Congo... Il faut que les différents états-majors  des partis politiques prennent position face à ces révélations. Ne fût-ce que pour rassurer la population qui cède déjà à la panique et se voit déjà annexée à des peuples qui font des tueries et des massacres interethniques un sport national.
 
La question que soulèvent ces allégations touche au plus haut point l'intérêt national. Cet intérêt national transcende les clivages et camps politiques, religieux ou ethniques. Il y a péril en la demeure. La population devrait être le plus rapidement possible rassurée. Qu'on le veuille ou non, l'auteur des communiqués, comme n'importe quel autre de nos politiciens, a des partisans. Il a aussi des adeptes. Ceux qui ne sont pas ses partisans lisent aussi ce qu'il écrit. Ils n'attendent pas l'ordre de leurs états-majors pour se faire une opinion personnelle sur l'auteur des communiqués. Et sur ce qu'il dit. Surtout lorsque ces révélations semblent confirmées par le phénomène de l'immigration clandestines en cours à l'Est du pays. Un chercheur dont le texte a été publié dans nos fora citait un rapport des experts des Nations Unies qui avaient interrogé des Rwandais transplantés à l'Est et qui ne connaissaient aucune des langues locales. Ces transferts des populations étrangères n’auraient jamais eu lieu sans l’accord de Kinshasa. Il faut réagir. Sans plus attendre.

Dans la situation d'un pays occupé qui est celle que subit la République démocratique du Congo, les communiqués de presse sur l'imminence de la balkanisation de notre cher et beau pays afin d'assouvir les appétits des États voisins sèment la panique au sein de la population. Les partis politiques ne doivent pas rester muets à ce sujet. Ils doivent mener leurs propres investigations afin de rassurer leurs militants. Les experts et chercheurs desdits partis ne devraient pas rester à ne rien faire. Ils devraient publier des textes pour démontrer qu'il s'agit des affabulations. Les analystes politiques actifs dans nos fora devraient apporter leur expertise pour éclairer l'opinion. Ils devraient nous dire ce qu'ils observent sur leurs collines d'origine, leurs villages d'origine. Ils devraient décrire les mouvements des populations qu'ils observent surtout dans la partie directement concernées par les prétentions hégémonistes des Rwandais.
Nos fora devraient nous servir à parler aussi des choses importantes qui touchent l'avenir de notre pays.
 
Paradoxalement, nous semblons observer un malaise dans les différents états-majors face à ces révélations qui nous prennent tous au dépourvu. Ces révélations peuvent être fausses. Mais comme nous ne disposons pas de réseaux d'informations, nous sommes tous entrain de nous regarder sans aucune solution. Un peu comme des enfants. Alors qu'il y a parmi nous, des compatriotes et leaders qui se présentent comme l'alternative possible pour le Congo.
Mais comment se fait-il qu'ils ne soient pas au courant sur ces réunions qui se tiennent dans les capitales africaines sur la balkanisation du Congo. Comment se fait-il qu'ils ignorent tout des circonstances dans lesquelles a été assassiné le capitaine Banza. Comment se fait-il qu'ils ne sont pas au courant de ce que Bizima Kahara et Bugera font pour le compte de Kigali ?
 
Le silence des différents partis politiques, de la Majorité comme de l'Opposition sur ces révélations graves sur l'avenir de notre pays donne du coup à l'auteur des révélations, qu'elles soient vraies ou fausses, une véritable stature d'homme d'État préoccupé par l'Unité nationale. Parce qu'il a l'information. Il a des réseaux. Il nous parle de Kalev, de Bizima et de Bugera. Alors que nous, tout en étant à Kinshasa, ne sommes mêmes au courant de ce qui se prépare contre nous. Et comme nous n'avons pas l'information, nous n'osons rien dire à nos militants, à notre base...

3. Faire le recoupement avec les autres sources d'information

Il serait trop facile de balayer tout cela du revers de la main. En qualifiant l'auteur des communiqués de tous les maux. Alors que ce qu'il dit est confirmé par les travaux des chercheurs indépendants. Charles Onana n'est ni Congolais ni terminator. Il a rapporté dans son livre les cruels traitements que Bizima Kahara infligeait aux Congolais lorsqu'il était en charge de services secrets au RCD-Goma. Même les Congolais qui n'ont jamais franchi la frontière de Goma-Gisenyi étaient torturés dans des lieux de torture supervisés par Bizima Kahara parce qu'ils étaient accusés d'être génocidaires. Si Bizima est effectivement Congolais, en quoi les génocidaires du Rwanda l'intéressent-ils ?
 
En outre, qui ignore ce que Bizima Kahara a fait pour que la Commission d'enquête sur les crimes commis par l'APR/AFDL ne puisse pas avoir lieu. Et cette commission Améga n'avait jamais eu lieu. Pourquoi ? Parce qu'il ne fallait pas que le génocide des Hutus commis par l'APR/AFDL sur le territoire de la République démocratique du Congo puisse être connu. Peine perdue. Le Rapport mapping donne tous les détails. Question de temps, les poursuites pourront avoir lieu...
Lorsqu'un communiqué parle du même Bizima Kahara qui contrôlerait la DÉMIAP ou une partie de services secrets. Automatiquement, le communiqué est considéré, selon la norme de la prépondérance de la preuve, comme vrai . La norme de la prépondérance des probabilités dit qu'il y a 50% de probabilités que ça soit vrai. Et 50% de probabilités que ça soit faux. Mais lorsque ces propos sont recoupés avec d'autres sources, imaginez le crédit qu'engrange actuellement l'auteur des communiqués. Et le silence observé de part et d'autre finissent par lui donner la stature d'un véritable homme d'État qui a des réseaux et veille sur la souveraineté du pays, l'intégrité du territoire et l'intangibilité de ses frontières.
 
Nous sommes tous comme devant un dilemme face à une démarche qui doit être faite: ou bien prendre langue avec l'auteur des révélations et explorer avec lui les voies et moyens afin de contrer le danger ou bien prendre publiquement position pour rassurer la population sur le caractère non-fondé sur ces révélations. Il n'y a pas d'autres alternatives. Le silence est dévastateur. Il ruine la crédibilité des partis politiques. Du pouvoir comme ceux de l'Opposition.
 
Les partis politiques et leurs analystes politiques n'osent pas faire ce pas. Ils se sentiraient diminués de ne pas avoir des réseaux d'informations alors qu'ils aspirent à la direction du pays. Cette gêne est humaine  mais l'intérêt national oblige toujours les hommes d'État à mettre l'État au-dessus de tout. Ils risqueraient d'être exclus du partage du gâteau si la balkanisation réussit. C'est cynique. Mais c'est à cela que tous ceux qui sont partis aux négociations de Kampala avaient pensé. Ils avaient pensé à la possibilité de décrocher un poste intéressant. La Nation n'était nullement leur préoccupation. Au fait, le Rapport des experts des Nations Unies est formel: les commanditaires du M 23 ont pris langue avec différents milieux, notamment la police nationale congolaise, les opérateurs politiques et économiques de l'est du pays, les Chefs traditionnels. Beaucoup s'étaient rendus à Gisenyi rencontrer l'Assistant de Kaberebe. Il y a sans doute des gens qui espèrent décrocher des postes dans l'appareil du nouvel État balkanisé. Pour lequel ils ont travaillé en étant au pouvoir à Kinshasa...
N'oublions pas non plus ceux qui ne peuvent pas parler parce que sous contrôle. Bref, le silence observé face à ces révélations dit tout. L'indépendance qu'il faut avoir pour s'engager en politique fait défaut.
 
4. Le silence des éditorialistes de la Majorité présidentielle

Les communiqués sur les rencontres visant à finaliser le projet de la balkanisation du Congo sont trop précis pour qu'on se permette de traiter son auteur de vendeur d'illusions. Les dates, les villes où se seraient tenues les rencontres ainsi que les personnalités qui y ont pris part sont renseignés. On est devant un véritable pavé dans la marre.
 
Nous pensons que ces communiqués offrent à la Majorité présidentielle de monter au créneau et de discréditer son auteur. C'est l'occasion toute rêvée que les communiqués donnent à la Majorité présidentielle pour lessiver l'auteur des communiqués sur l'imminence de la balkanisation. C'est l'occasion pour le camp du Président Kabila de jubiler en déconstruisant le discours mensonger de l'auteur des communiqués alarmistes. C'est l'occasion de démontrer qu'il ne peut pas offrir aux Congolais une alternative crédible à la Majorité présidentielle actuellement au pouvoir.
Malheureusement, nous assistons à un silence de cathédrale dans le camp du Parti au pouvoir et des acolytes infiltrés dans l'opposition. Lorsque des checheurs indépendants confirment les allégations de l'auteur des ces communiqués et que la Majorité se contente de s'abriter derrière un mur du silence, cela n'aide personne. Même les éditorialistes de la Majorité présidentielle se sont tus. Ils sont occupés à chercher à opposer le Chef de l’UNC à celui de l’UDPS. D’autres éditorialistes de la Majorité n’ont pas pu réagir parce que l’auteur des communiqués maîtrisent la langue de Molière.
 
Ce que dit l’auteur de communiqués est vraisemblable. Commençons par ce qu’il dit de Bugera: il serait en train de préparer une autre rébellion destinée à servir de prétexte pour la prolongation du mandat présidentiel au-delà de 2016. On peut légitimement qualifier de tels propos comme de pures affabulations. Mais l'histoire récente nous enseigne que Bugera avait par le passé facilité l'invasion du Congo par le FPR au pouvoir à Kigali. Des chercheurs indépendants l'ont écrit. Étant en dehors de tout clivage, ces chercheurs indépendants ne peuvent certainement pas mettre leur crédibilité en jeu en racontant des balivernes. Ils ont interviewé Bugera, ils ont amassé des preuves. Personne aujourd'hui n'a jamais démenti ce que ces chercheurs ont écrit sur la contribution de Bugera dans l'invasion du Congo. Ses antécédents donnent du crédit à ce que révèlent les communiqués diffusés il y a quelques jours sur l'imminence de la balkanisation du pays.
 
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit plus haut sur Bizima Kahara. Nous ne reprendrons pas non plus ce que Charles Onana dit de Ruberwa : l’homme de main de Kagamé.
 
Conclusion : L'inconscience de l'élite congolaise

Ce qui est étonnant, c'est que l'élite congolaise ne mesure pas la gravité de la situation. D’aucuns ne se gênent même pas de poser la question de savoir si ce que dit l’auteur des communiqués de presse est vrai. Ce n'est pas la démarche de l'élite. L'élite laisse tout le monde dire ce qu'il veut. Puis, elle procède à des recherches: sur l'auteur des propos et sur le contenu des allégations. Elle fait de recoupements nécessaires avec les autres sources: rapports, travaux de recherche, etc. Et prend position pour éclairer l'opinion. Ou encore, demande des compte au garant de l’unité nationale.
L’élite congolaise est instamment invitée à se pencher sur ces allégations de l’Apareco relatives à la balkanisation du pays. Cette question est d’une importance majeure. La politique étant perception, le silence des uns et des autres sur ces révélations en rapport avec la balkanisation nous classe dans le camp des complices des Rwandais qui, depuis l’Afdl jusqu’au M23 en passant par le CNDP ou le RCD n’ont fait qu’infiltrer nos instruments de défense pour affaiblir le Congo de l’intérieur afin de le rendre vulnérable et «pillable »  à souhait.
 
Nous devons nous lever pour résister et contrer une fois de plus l’intégration des étrangers dans nos institutions. Parce que cette intégration facilite justement la mise en œuvre du plan de la balkanisation de notre pays. Mgr Munzihirwa s’est battu pour la vérité. Il en a payé de son sang. Et ce sang n’a pas été versé pour rien. Il nous faut être prêts à mourir pour notre pays. Les envahisseurs du FPR, soutenus par les États-Unis et la Grande-Bretagne, étaient entrés au Congo pour y rester. La nationalité pour laquelle ils ont mobilisé les médias n’était qu’un alibi. On ne prend jamais les armes pour défendre la nationalité. Lorsqu’on en est déchu, on s’adresse aux tribunaux ou on rentre dans son pays d’origine. On ne fait pas couler le sang des innocents.

Les Congolais sont dans tous les pays du monde. Ils suivent la procédure établie pour avoir la nationalité des pays où ils sont établis. Ceux qui, là ils sont, commettent des actes criminels sont déchus de la nationalité étrangère et retournés au Congo. Le Congo doit faire de même. Ceux qui ont versé le sang des Congolais doivent être retournés au Rwanda. Ils ne restent pas au Congo pour y revendiquer des postes dans nos institutions. Les Congolais n’ont jamais pris les armes pour revendiquer la nationalité rwandaise, burundaise, américaine ou belge. Pourquoi doit-on changer notre loi de la nationalité de 1981 en nous agenouillant devant les agresseurs étrangers ? Et pourquoi doit-on aujourd’hui les intégrer dans nos institutions ?
 
Défendre son pays est un devoir citoyen et chrétien. Ce combat que mène notre Église locale permet à nos compatriotes à ne jamais être esclaves dans leur propre pays.
 «En fait, cette guerre que les mass médias appellent de Banyamulenge, est une invasion venant de l’Uganda. L’armée des envahisseurs est composée de soldats ougandais, rwandais et burundais et d’autres mercenaires. Ils sont super équipés par rapport à l’armée zaïroise. Comme lors de l’invasion du Rwanda, la population ainsi que le clergé sur place se rend compte que cette invasion a été longuement et soigneusement préparée pour occuper une partie du Zaïre.  (…). On les voit s’installer à des endroits stratégiques et y déterrer les armes depuis longtemps cachées sous le sol dans les villages où résident les simples Banyamulenge illettrés»
(Mgr Christophe Munzihirwa, 6 jours avant son assassinat par le FPR).
 
À la poignée de main similaire à celle de Vichy et d’Hitler à Montoire-sur-le-Loir du 24 octobre 1940, il nous faut un appel pour notre 18 juin et notre De Gaulle. Car,  «notre Patrie est en péril de mort. Luttons tous pour la sauver» (Général De Gaulle). Ce qui s’est passé en Ukraine aujourd’hui doit nous inspirer. C’est cela qu’un peuple et un Parlement doivent faire…Face aux dirigeants qui travaillent pour la balkanisation du Congo.
 
 
Texte de l'appel du 18 juin 1940
 
"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."
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«Aimez notre noble, notre chère patrie
De toutes les forces de votre âme;
Aimez-la d'un amour ardent, exclusif, chauvin
Et si jamais quelque sage à la tête bien équilibrée
Vient vous reprocher ce qu'il peut y avoir d'excessif dans ces sentiments,
Répondez-lui qu'on ne discute pas les mérites d'une mère
Surtout lorsqu'elle a perdu ses enfants».
Paul BERT
 

De : Société de Juristes Catholiques
À : "hinterland1@yahoogroupes.fr"  
Envoyé le : dimanche 16 février 2014 6h37
Objet : [hinterland1] TROISIÈME RAPPEL: Juste une question: est-ce vrai ou faux ce qu'écrit Mme Candide Okeke
 
                                             
                                                  S'IL VOUS PLAÎT, VEUILLEZ ÉCLAIRER L'OPINION NATIONALE

Ne tournons pas en rond. N'attaquons pas la personne. Attaquons ce qu'elle écrit. Parce qu'il y a des dates.... Il y a des montants. Il y a des noms. Et si tout cela s'avérait, ça serait triste que des vérités sur ce qui se passe nous viennent par de tels biais. En outre, les choses doivent être regardées dans une perspective plus globale qui laisse penser qu'il y a des choses qui se préparent.   Inutile de mettre l'accent sur la langue de Molière. Allez tout droit aux idées qui sont exposées dans ce texte: nous ne devons pas laisser le Kivu et l'Ituri partir...

Plan de balkanisation de la RDC: Un député patriote dénonce la corruption de 300 députés congolais par Janet «Kabila»!


Au moment où le peuple congolais et sa classe politique sont distraits et menés en bateau par des textes d’amnistie et les tractations pour la formation d’un gouvernement fantoche, les occupants rwandais à Kinshasa comme à Kigali passent à la vitesse supérieure pour parachever le processus d’occupation. La révélation accablante d’un député national congolais qui a adhéré au combat de libération vient de nous apporter des preuves de l’étendue et de l’imminence de ce complot international visant la révision des frontières de la République Démocratique du Congo.

 Le 4 janvier 2014, deux députés nationaux ont été reçus en audience, à leur demande, par Janet «Kabila», en sa qualité de présidente du Comité des sages de l’Assemblée nationale, pour présenter leurs doléances. Il s’agit du député national Boni Makambo, un ancien cadre de la RVA et de son collègue Kiziamina Kibila, pasteur de son état. Les deux sont respectivement président et vice-président du G35, un groupe  de 35 députés qui ont été réhabilités par la Cours Suprême de Justice en contestation de leur invalidation. Mais depuis lors, ces 35 députés n’ont toujours pas reçu leurs émoluments passés ni d’autres privilèges et avantages prévus dont notamment les véhicules…Après les avoir écoutés, Janet «Kabila», la jumelle de «Joseph Kabila», leur fit connaître sa totale disponibilité à satisfaire leurs revendications. Mais sans froid aux yeux, elle leur posa trois conditions. 

Premièrement, elle les a prévenu que «des  choses très sérieuses vont arriver et elles sont très capitales pour nous. Vous devez vous engager à soutenir les Tutsi lorsque l’Union africaine initiera très prochainement le dossier de la révision des frontières des pays membres de la CIRGL héritées de la colonisation.» Et comme pour rassurer ces interlocuteurs étonnés, Jaynet «Kabila» lâche : «Nous avons déjà 300 députés qui ont accepté de  nous aider dans ce sens et nous recherchions seulement 30 autres. Et si vous acceptez la proposition, vous serez 335 et la boucle sera bouclée. Et comme ces 300 autres députés, vous recevrez aussi en plus de vos émoluments mensuels,10.000 dollars supplémentaires chaque mois. Si vous etes d’accord, je donnerai le mot d’ordre et on vous paiera vos arriérés. Vous passerez ensuite à Afrima pour y chercher vos jeeps Prado. Vous aurez enfin vos 10.000 dollars de bonus pour le mois de décembre. Mais si vous refusez mon offre, vous devrez alors assumer toutes les conséquences

 Deuxième condition, Janet «Kabila» demande à ses interlocuteurs de s’engager avec leur groupe de 35 députés à accepter les directives qui leur sera données allant dans le sens du soutien des intérêts des «Tutsis congolais». Et enfin, comme troisième condition, elle a demandé au G35 de soutenir les stratégies devant permettre au « président Kabila » de briguer un prochain mandat en 2016. «Vous avez donc la latitude de mieux réfléchir et de faire un bon choix pour vous et vos enfants», conclut-elleUn des députés membre du G35, un patriote engagé et choqué , a choisi de révéler les termes de ce marché honteux et ignoble aux instances de l’APARECO. Il a précisé que si Kiziamina a estimé que ce projet était dangereux pour la nation et que la révolution restait le seul moyen de se libérer de l’oppression des Tutsi, il n’a malheureusement pas su dire non en présence de Janet Kabila qui leur a adressé des menaces à peine voilés. Ainsi, ils n’avaient plus que le choix de se ranger derrière ce projet machiavélique par peur de mourir!

Ces révélations ont été étayées par les confidences d’un membre du cabinet de monsieur Aubin Minaku, président du Parlement. Ce haut cadre a confirmé que le Rwanda est rassuré que les 300 députés congolais à qui on a formellement garanti une prime de 100.000 dollars et une jeep Prado ont promis de soutenir le projet de la révision des frontières. Selon les termes de ce projet, Goma et tout l’Est de la RDC, y compris l’Ituri, devront revenir au Rwanda et à l’Ouganda. Ce proche de Minaku a livré certains détails précis : les 11 juillet 2013 en Afrique du sud, 24 octobre 2013 en Angola et 14 janvier 2014 en Angola, Mme Zuma et les présidents Kagame, Kabila et Dos Santos se sont réunis à cet effet. L’une des principales missions confiées à Mme Zuma à la tete de l’UA a été d’examiner les voies et moyens d’initier ce dossier délicat de la révision des frontières de la RDC.

 Et selon les autres précisions fournis pas ce proche du président du Parlement congolais, ce sont des multinationales qui envoient à Kigali l’argent destiné à la corruption aux députés congolais. Et un dossier relatif à la révision des frontières congolaises est en passe d’être envoyé au Parlement congolais et devra être avalisé par les 335 députés sur les 500 qui constituent toute l’Assemblée nationale dont la véritable patronne s’avère être Janet Kabila et non Minaku qui n’est qu’une simple marionnette des Tutsi. Les sud africains soutiennent ce projet rwandais de balkanisation pour garantir leurs intérêts et empêcher l’émergence et le développement de la RDC qui s’avère être un sérieux concurrent dans la sous région et même en Afrique ! 
 

Paris , le 9 Février 2014 
Candide OKEKE
L’OEIL DU PATRIOTE

lundi 17 février 2014

A quand un Etat de droit en RD Congo ?

Avoir un problème judiciaire au Congo, sans argent pour distribuer aux acteurs les prébendes, c'est véritable casse-tête ! Même en distribuant l'argent aux concernés, avec le trafic d'influence et  la politisation de tout, rien n'est gagné d'avance, ne fut-ce qu'en clarté et transparence ! 

Que Dieu nous vienne en aide !!!

ThéoBaelo

jeudi 16 janvier 2014

L’affaire Dieudonné… suite et fin !

Jeudi 16 janvier 2014 
Par Jérémy Loisse.

Nous suivons depuis quelques semaines cette fameuse affaire "Dieudonné". Y’a-t-il réellement en tant que tel une affaire de ce nom ? Ou bien quelque chose d’autre se cache-t-elle en dessous ?
Tant de minorités vivent en France et subissent les attaques à peine camouflées venant de pDieudonne-fiscoliticiens, de chanteurs, animateurs ou humoristes sans provoquer un tel chambardement. Une véritable campagne juridico-médiatique de la société « bien-pensante » française.  Est-ce à dire que la défense des droits humains varie selon l’origine de la personne visée ?

Combien d’humoristes n’ont-ils pas bien avant Dieudonné tenu des propos aussi, voire plus, acerbes contre les communautés juives, arabes ou même noires ? Pourquoi Dieudonné devrait-il se voir interdit de représentation ?
A-t-on interdit Patrick Timsit de représentation après avoir dit en parlant des malades atteint de trisomie : « Les mongoliens, c’est comme les crevettes roses. Tout est bon, sauf la tête »(1)

A-t-on interdit Charles Trenet de spectacle après qu’il ait déclaré en 1970 au cours d’une interview : « Non, la nature n’a pas voulu que les gens soient égaux. Les Noirs, ils sont gentils. Les Noirs, je les aime bien, mais ils sont quand même un peu enfants. Ce sont des enfants, il faut les aimer comme des enfants. Or on les traite comme des grandes personnes : il faut d’abord les éduquer. Il n’y a pas de civilisation : s’il y en avait une, on la connaîtrait ! Il y a des artistes noirs, mais il y a peu de choses que, jusqu’à présent, les Noirs ont faites. Les Noirs n’ont pas construit Notre-Dame de Paris, n’ont pas construit les Pyramides, n’ont pas construit la tour Eiffel… »(2)

A-t-on interdit de présentation d’émissions de variétés Pascal Sevran lorsqu’il écrit dans son livre,Le privilège des jonquilles, que « la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique ». Interrogé plus tard sur France 2, il va justifier ses propos de cette façon : « Et alors ? C'est la vérité ! L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète ! ». (3) Cela n’a provoqué aucune campagne d’interdiction pourtant ces propos sont bel et bien des propos qui « incitent à la haine raciale » et de plus le concept de stérilisation est beaucoup plus en rapport avec le nazisme que les propos de Dieudonné. Pourtant le livre est toujours en vente. Tentez d’écrire la moitié de cette phrase sur un ressortissant de la communauté juive et le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), SOS Racisme, la LDJ (Ligue de défense juive), le Betar (mouvement de jeunesse juif radical)  et les autres ambassadeurs du  « Grand Israël » vous tomberont sur le dos.

Jacques Chirac n’a-t-il pas été réélu deux fois au poste de Président de la République française ? Pourtant ses propos sur les Musulmans et les Noirs en 1991 étaient bien plus des propos qu’on aurait cru sortir de la bouche d’un Le Pen ou d’un Mégret. Il déclarait, le 19 juin 1991, au cours d'un dîner-débat du RPR : « Notre problème, ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des Musulmans et des Noirs […] 

Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte d’Or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voient sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur [rires nourris], eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela. Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial, et il faut enfin ouvrir le grand débat qui s'impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s'il est naturel que les étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d'une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu'ils ne paient pas d'impôt ! [...] Il faut que ceux qui nous gouvernent prennent conscience qu'il y a un problème de l'immigration, et que si l'on ne le traite pas­ et, les socialistes étant ce qu'ils sont, ils ne le traiteront que sous la pression de l'opinion publique, les choses empireront au profit de ceux qui sont les plus extrémistes6. […] [Au sujet des épiciers de proximité] La plupart de ces gens-là sont des gens qui travaillent, des braves gens ; on est bien content de les avoir. Si on n'avait pas l'épicier kabyle au coin de la rue, ouvert de 7 heures du matin à minuit, combien de fois on n'aurait rien à bouffer le soir ? » (4). Nombre de personnes on fait des « dérapages » contrôlés ou incontrôlés, manifestations bien souvent de ce que l’on peut appeler d’une véritable sincérité spontanée. 

Les propos insidieux contre les musulmans venant de Brigitte Bardot, plus prompte a défendre les droits des animaux que ceux des hommes, ceux de Thierry Roland sur l’arbitre Tunisien (il a dit à Jean-Michel Larqué: « Honnêtement, Jean-Michel, ne croyez-vous pas qu'il y a autre chose qu'un arbitre tunisien pour arbitrer un match de cette importance? ») ; ou encore ses propos d’un  racisme éclatant sur les Coréens en 2002 : « Il n'y a rien qui ressemble plus à un Coréen qu'un autre Coréen, surtout habillés en footballeurs, d'autant qu'ils mesurent tous 1,70 m, qu'ils sont tous bruns, à part le gardien ». (5)

Dernièrement un sketch diffusé sur Canal+ se moquait ouvertement du génocide rwandais, où l’on reprend la comptine pour enfants en ces mots  "Fais dodo, Colas mon p'tit frère / Maman est en haut, coupée en morceaux / Papa est en bas, il lui manque un bras. Fais dodo, car les autres sont morts...". Canal+ n’a eu que des « regrets », pas d’excuse, plutôt le sketch a été « mal interprété ». (7) Valls n’a pas l’air de craindre trop la pression du lobby rwandais ; le lobby sioniste est bien plus contraignant mais aussi généreux en cas de services rendus à la cause.

Après avoir compris que certaines de ces gens n’ont eu que des blâmes, des amendes, des procès nettement moins médiatisés que ceux de Dieudonné, on peut se poser la question « Pourquoi Dieudonné ? » Ce n’est pas un nouveau comédien, il a pendant des années amusé les gens en présentant des sketches « politiquement correct » et relevant du « très conventionnel ». Ces dernières années, par contre, Dieudo a tout autant joué sur scène que devant les tribunaux. Est-ce que ce qui gène c’est que l’on ressort d’un spectacle de Dieudonné avec matière à réflexion ? 
Ses spectacles ne sont pas, comme certains voudraient le faire penser, une sorte de congrès antisémites. Personne ne peut dire qu’il voit un spectacle de Dieudonné et que suite à cela il aura envie de « casser du juif », que ses spectacles précèdent des pogroms antisémites ou des incendies de synagogues dans Paris. Le propos de Sarkozy sur les gens de banlieues ont suscité plus de violence que les propos de Dieudonné sur les agissements d’une certaine partie de la communauté juive.

Dieudonné en donne pour tout le monde, les sionistes, les pygmées, les américains, les écolos, DSK, Sarkozy, Eva Joli, Martine Aubry, Besancenot, il ratisse large… Mais pourquoi alors une seule communauté se sentirait-elle visée ? Pourquoi ce procès d’intention ?
Valls n’est pas si bien placé pour jouer le porte drapeau du mouvement contre les propos incitants à la haine. N’avait-il pas déclaré à propos des Roms ceci : « Depuis que je suis ministre, j’ai décidé le démantèlement de ces véritables bidonvilles qui représentent à la fois un danger pour les populations elles mêmes, pour les populations d’origine Rom mais aussi évidemment pour les habitants des quartiers populaires. C’est illusoire de penser qu’on règle le problème des populations Roms à travers uniquement l’insertion, donc cela passe par des reconduites à la frontière, cela est passé aussi par la fin de cette aide au retour qui a créé un véritable appel d’air, mais nous y avons mis fin. Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en contradiction  ; le Maire vient de le dire, le Maire Monsieur V. vient de le dire il y a un instant. Il faut tenir compte de cela et donc cela veut bien dire que les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie. »(6)

Ce qui apparaît dans les spectacles de Dieudo c’est une remise en question du système, il nous amène à nous poser des questions. Son interdiction nous pousse maintenant à ne plus poser de questions mais à chercher des réponses. Les propos contre les arabes, les chrétiens, les noirs, les musulmans, les caricatures du Prophète Mahomet, les déclarations sur la stérilisation des africains, j’en passe des meilleurs et des pires, tout cela c’est des dommages collatéraux, des risques à prendre pour se tailler un nom, pour faire carrière. Il s’agit là de quelques phrases qui peuvent choquer une part de l’opinion publique mais qui ne peuvent en aucun cas être source de problèmes pour briser la carrière de la personne qui l’a dite. Des excuses et on passe l’éponge (quand excuses il y a).
Mais pour Dieudo, pas de pitié, on fonce, on salit, on traîne dans la boue, pour presque rien il serait condamné au bûcher. Le journaliste Philippe Tesson sur Radio Classique, a qualifié Dieudonné de « bête immonde » qu’il se réjouirait profondément de « sa mort par exécution par un peloton de soldats ». Et pas question de parler de sa carrière passée, de son ancienneté dans le monde du spectacle, des ses rôles dans plusieurs films, de son implication dans la protection des pygmées au Cameroun. Tout ça à la poubelle !

Doit-on en conclure que les juifs ne peuvent jamais être tournés en dérision ? Que l’état d’Israël est au dessus de toute possibilité de critique ? Cela reviendrait donc à confirmer qu’il existe bel un bien un lobby sioniste en Europe et aux USA, qui régit la façon dont on devrait penser. Cela tend à dire que les Européens de l’Europe occidentale ignorent que les juifs ont souffert ? Comment l’oublier ? Les films, les documentaires sur la Shoah ne cessent d’envahir les écrans de télévision. De « Nuit et Brouillard » à  « La liste de Schindler », les commémorations à Auschwitz pour les 60 ans de la libération du camp, la rafle du Vel’ d’Hiv, la collaboration… nous ne souffrons pas de perte de mémoire, nous avons conscience des atrocités nazies envers les juifs.

Ceci dit est-ce que cela reviendrait à dire que nous devons porter ce fardeau sur nos épaules et cela éternellement. La majeure partie des gens actuellement en vie en France ou en Belgique n’ont même pas connu cette période de l’histoire, pourquoi porteraient-ils le deuil, pourquoi nous sentir coupables ? Ou même responsables ? Pourquoi devons-nous encore faire pénitence ?
Avoir conscience de la souffrance d’une partie de l’humanité à une époque passée ne veut pas dire que nous avons quoique ce soit à nous reprocher à son égard. Si nous en arrivons là, pourquoi ne pas imaginer que les autorités britanniques doivent faire preuve de dévotion et de pénitence devant le peuple français pour l’exécution de Jeanne d’Arc.

Mais ce que Valls et tous ceux qui aimeraient voir Dieudonné lynché judiciairement (à défaut de l’être physiquement) c’est revenir à cette époque des tribunaux d’exception. Et leur façon de vouloir voir appliquer les lois, ressemble plutôt à la manière du système judiciaire d’Allemagne nazie qu’à une République démocratique privilégiant la liberté d’expression. Dieudonné me semble plus ressembler dans ce cas à une victime d’un système plutôt qu’à un danger.

Il existe des lois pour condamner les incitations à la haine, l’antisémitisme ou le négationnisme. Jugez Dieudonné sur base de ces lois, mais pourquoi vouloir le faire interdire de représentation ? Pourquoi ces lois d’exceptions ? Est-ce que ça serait que dans bien des cas Dieudonné n’avait pas été reconnu coupable de ce qu’on l’accusait ?

Tout ceci prouve qu’il existe une conception des droits humains à double niveau, une conception de la justice qui ne s’applique pas à tous de la même manière, que cette devise « Liberté, Egalité, Fraternité » ne sont que des vains mots pour finalement dire Liberté pour certains, Egalité pas pour tous, fraternité si tu nous obéis. Les règles en France et en Occident en général sont-elles édictées à Tel-Aviv ?

L’avenir nous dira si nous avons encore un système judiciaire indépendant et si nous pouvons faire confiance aux institutions ou bien si nous devons leur mettre la quenelle là où il faut… 

Références :

(1)                           http://www.lavie.fr/archives/1999/01/14/patrick-timsit-regrette-son-sketch-sur-un-trisomique-bavure-sur-scene,2822203.php
(2)                              http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Trenet#Citations
(3)                              http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-propos-rances-de-pascal-sevran_461713.html#jwzEs4Poy84WWTwZ.99
(4)                             http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_bruit_et_l%27odeur_%28discours_de_Jacques_Chirac%29#Le_discours
(5)                              http://lesmoutonsenrages.fr/2012/06/17/le-journal-lhumanite-noublie-pas-le-racisme-chez-thierry-roland/
(6)                              http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/manuel-valls-peut-il-etre-accuse-d-141643
(7)                              http://www.lepoint.fr/medias/canal-regrette-l-interpretation-d-un-sketch-sur-le-genocide-rwandais-31-12-2013-1775576_260.php