SAGA de SEM LM WALLE en DEUX ans sous COVID-19

Maître Louis-Marie, WALLE Lufungula, au deuxième tour, après celui du mercredi 10 avril 2019, que cet ancien magistrat du parquet de Grande Instance de Goma, devenait le troisième gouverneur élu de la Province mythique de la Tshopo. Il n'a pas laissé au Gouverneur sortant Constant LOMATA aucune chance pour se succéder à lui-même ! Dix-sept voix obtenues sur les 27 votants alors qu’au premier tour il avait eu sept voix, poursuivi par C. LOMATA qui en avait six.

Dans les rues "boyomaises sans FIL", c’était une liesse populaire : des cris de joie, des klaxons de taximen-motos retentissaient partout. Pour saluer l'arrivée à la tête de la TSHOPO, d'un digne fils, avec espoir « cette dernière va bientôt avoir une nouvelle ère pour son décollage et son développement », mais c'était sans compter avec la meute des sorciers et autres chiens enragés déterminés à faire descendre, par tous les l'apôtre et l'envoyé du Maitre pour le développement et la promotion de la Province.

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Pour rappel, Louis Marie Lofungola avait démissionné du PPRD pour se présenter en indépendant avec comme vice-Gouverneur, M. Maurice ABIBU Sakapela Bin Mungamba, ancien journaliste de la RTNC/Kisangani, grand défenseur du RCD/Goma à Kisangani, il fut ministre provincial en charge de l'Intérieur, Sécurité du premier gouverneur de Province M. Jean ILONGO Tokole, premier Gouverneur de la Tshopo issue de la province Orientale démembrée.

WALLE Lufungola, qui est-ce ? Juriste de formation, né à Yangambi un certain 25 juillet 1964. Il a fait ses humanités Latin Philo au Collège Maele à Kisangani, ses études de Droits à l’Université de Kinshasa. il fut nommé magistrat au parquet de Grande Instance de Goma. De là, il embrassa la carrière politique avec "l'avènement de conglomérat des opportunistes et aventuriers de l’AFDL" du Mzee Laurent Désiré KABILA. En 1996, à Kisangani, il fut nommé Premier Secrétaire Provincial de l'AFDL, fonction supposé à tort comme supérieur à celui du Gouverneur de Province ! Il quitta ses fonctions du Directeur Général du Journal Officiel de la RD Congo, avant de poser sa candidature au poste de Gouverneur de province. Marié et Père de cinq enfants, le troisième Gouverneur de la Tshopo, Louis marie WALLE Lufungola, conscient de l'envoutement voir du signe indien qui poursuit la TSHOPO depuis l'indépendance nationale, avec des guerres et tueries à répétition (rébellion 1964, mercenaires de tout bord, l'avènement des opportunistes et aventuriers de l'AFDL, qui confia la Province à DIEU (Jésus) en organisant une Prière Œcuménique à l'Esplanade de la poste de Kisangani.

Depuis lors, tous les sorciers et autres esprits malins s'acharnent contre lui avec des accusations mensongères. Mais le Maitre de l'Univers est toujours avec lui et malgré tout, il tient bon et ses compatriotes l'ont surnommé, "TCHUMA ya MOTO càd barre de fer chaud", qu'on ne serait tenir à mains courantes !

Malgré des complots ourdis des sorciers de tout acabit, Me LM WALLE L. résiste encore aux ouragans des motions à répétition qui secouent des Institutions Provinciales à travers la RD Congo ! Visé par une deuxième motion de censure signée par 14 élus sur les 28 députés de la province de Tshopo, WALLE Lufungula et toute son équipe gouvernementale ont pu saisir la COUR constitutionnelle et l'Assemblée provinciale notifiée, aurait dû ne pas aller jusqu'au bout, en votant leur motion de censure, initialement signé par 14 élus, ce sont 17 députés qui ont voté ladite motion, sans atteindre le quorum requis en pareille situation. Ayant constaté l'erreur, ils auraient établi un Procès-verbal en dehors de l'Assemblée Provinciale : "faux usage de faux"! Ainsi la Cour Constitutionnelle est saisie de toutes ces irrégularités.

Mais les prétendus connaisseurs de la chose juridique ne s'entendent pas sur la surséance de l'action (!), attendons l'Institution ayant qualité et autorité pour interpréter la LOI, la Cour Constitutionnelle. D'ici là, le combat cessa faute de combattants et les affidés de chaque camp se battent dans les réseaux sociaux.

Pourtant "Nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits " ! En effet, l’exécutif provincial est notamment accusé de "manque de vision claire de développement, des actions hasardeuses, à bâton rompu, clopin-clopant et clairement prédatrices, une gestion «opaque et calamiteuse» des finances publiques ainsi que le détournement de 2,5 millions de dollars américains....”

Absent à la fameuse séance où il était attendu pour répondre aux accusations contenues dans leur motion, SEM le Gouverneur WALLE, à travers une lettre adressée au bureau de cette assemblée, les invita à la sagesse afin d’éviter «une énième humiliation (!)». En effet, SEM le Gouverneur, Louis-Marie Walle Lufungula dénonce l’attitude des députés, qui reviennent sur un problème déjà tranché en sa faveur aussi bien par la cour d’appel que par la Cour constitutionnelle.

Evoquant le principe général de droit selon lequel "nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits", afin d'«éviter une énième humiliation à la population de la Tshopo par des actions irréfléchies et hasardeuses des députés provinciaux».

Wait and see ....jusqu'à la fin de la procédure devant la COUR constitutionnelle. Dans l'entre-temps, un général de la PNC qui a tenu imprudemment "la barre incandescent LMWL", en a eu pour son compte !


samedi 24 août 2013

Concertations nationales », une vaste comédie ?


Parlons sérieusement. Que va-t-on, très franchement, faire ou se dire aux « Concertations nationales »? Trouver, comme on l’entend de-ci de-là, des solutions à la crise multiforme que connaît le Congo? Si tel est l’objectif de ces assises, le président de la République avoue ainsi, sans le reconnaître clairement, son incapacité à gouverner le pays. Il doit alors tout simplement rendre son tablier. Car gouverner, c’est décider, c’est trouver des solutions aux problèmes – à tous les problèmes – qui surgissent de et au sein de la société. Gouverner, c’est faire rigoureusement appliquer les lois, c’est installer une administration publique outillée et efficace, c’est bien orienter et impulser continuellement l’économie. C’est assurer la sécurité des personnes et de leurs biens à l’intérieur et aux frontières du pays en mettant notamment en œuvre une politique de défense nationale intelligente, c’est mener une bonne diplomatie qui donne aux concitoyens une place utile et digne dans le concert des nations, etc. Le président de la République reçoit le pouvoir pour réaliser tout cela.
Aux présidentielles de 2011, Joseph Kabila s’était présenté devant les Congolais avec un programme dans lequel figuraient ces différents aspects de la gestion d’un pays. Et puisque disposant , sous sa férule et à sa totale dévotion , de l’armée , de la police , des appareils judicaire et sécuritaire, des majorités parlementaires confortables (au niveau national et dans toutes les provinces), d’une société civile « dollarisée » et applaudissante, et, surtout, des finances publiques, pourquoi Joseph Kabila peine-t-il à gouverner , pourquoi a-t-il besoin de convoquer le ban et l’arrière-ban pour « trouver » des solutions aux problèmes du pays ? Que lui manque –t-il pour ce faire ? La difficulté de répondre à la question montre qu’il y a bel et bien un problème. Lequel? C’est la grande énigme, ce que les Congolais cherchent à comprendre, ce qui constitue, peut-être, la raison d’être des très discutées concertations nationales.
Ces prochaines consultations (évitons de dire « dialogue » pour ne pas fâcher certains) vont s’ajouter à la liste de grandes rencontres nationales organisées au pays depuis 1960 qui ont toutes, chaque fois, prétendu installer un « nouvel ordre politique et social ». Le Dialogue Intercongolais est la dernière en date. S’en rappelle-t-on ? De quoi y avait-on parlé ? Les matières sur lesquelles on devrait débattre au cours des (imminentes ?) concertations (la paix, la cohésion nationale , l’ordre institutionnel et autres) n’y avaient-elles pas été traitées?
Les vérités sortant de la confrontation des idées, le débat est donc vivement recommandé dans toute démocratie, en permanence. Mais doit-on éternellement débattre des mêmes choses ? Doit-on répétitivement établir les mêmes diagnostics, identifier les mêmes causes sans jamais s’y attaquer? Et c’est ici le vrai problème : l’absence de volonté ( politique) de changer positivement et globalement le pays, d’entrer dans l’histoire ; le manque de courage de s’attaquer aux antivaleurs , d’éradiquer les gangrènes de la société congolaise actuelle que sont l’impunité généralisée, l’inquiétante et grandissante avarice des gouvernants ainsi que la légèreté de leur comportement, la truanderie institutionnalisée, le clientélisme et le népotisme qui affaiblissent l’Etat, la prévarication et l’incompétence ambiantes, l’affaissement moral du pays, …
La récente déclaration (un ballon d’essai ?) du très prudent Léon Kengo Wa Dondo, le président du Sénat et du…Présidium des Concertations nationales – qui n’a pas l’habitude de parler pour raconter des salades -, a certainement levé le voile sur un des objectifs de celles-ci : le partage du pouvoir entre le Pouvoir et l’Opposition dans un gouvernement d’union nationale. Cette dernière va-t-elle mordre à l’hameçon et se faire prendre au jeu de la Majorité Présidentielle qui développe – ce n’est plus un secret – toutes sortes de mécanismes visant à contourner l’obstacle constitutionnel et à permettre à son « autorité morale » de se représenter aux présidentielles de 2016. Et l’astuce serait trouvée : remettre les compteurs à zéro, effacer les deux ans et demi passés de l’actuel mandat du président de la République en organisant une nouvelle Transition, à l’image de celle de 2003 à 2006. Le « second » mandat de Joseph Kabila (re)recommencerait alors en 2016.
L’article 220 ne serait ainsi pas modifié ni violé, mais proprement contourné. Réussira-t-on ce tour de passe-passe ? Rien n’est moins sûr.
Car la modification (ou le contournement) de l’article 220 est aujourd’hui un exercice à haut risque. Les très vives et nombreuses réactions négatives à la prose , à la « gymnastique intellectuelle » d’Evariste Boshab, le très controversé secrétaire général du Pprd, auront été révélatrices de l’état d’esprit de l’opinion : toute évocation, toute tentative de «chipoter » la Constitution est aujourd’hui, tous les signaux politiques et sociaux le montrent , malvenue pour une majorité des Congolais.
Et pourquoi, ciel !, le pays doit-il s’empêtrer dans des débats (et de grosses dépenses) juste pour trouver comment un citoyen , président de la République soit-il , pourrait rester ( longtemps) à son poste ? Renoncer au pouvoir et à ses multiples avantages (honneurs, influence, argent,…) n’est pas chose facile. Sans doute. Mais toute chose, toute activité humaine a une fin. Le président Kabila et tous ceux (parents et courtisans) qui vivent ou profitent directement ou collatéralement de son actuelle et prééminente position, doivent accepter et « digérer » cette dure et incontournable loi de la nature.
De nos jours , tous les chefs d’Etat africains qui quittent le pouvoir de façon régulière, après l’exercice de leur (s) mandat (s) constitutionnel (s), reçoivent une respectabilité internationale, un « certificat » de bon démocrate. Joseph Kabila pourrait en bénéficier. Les membres avertis de la famille, les amis (nationaux et étrangers), les intellectuels et les conseillers politiques du président sont ici invités à prendre leur courage en mains afin de faire voir au « chef » les durables avantages qu’il tirerait à emprunter ce chemin de l’honneur. Entré au pouvoir par la petite porte, par « héritage paternel inattendu et lui contesté », il en sortirait par la grande, avec, en prime, un hommage national et mondial.
Ce groupe de proches est ainsi appelé à le dissuader de toute obstination qui le pousserait à penser et à dire comme Mac-Mahon : « J’y suis, j’y reste ». On ne peut imaginer le « politique » Joseph Kabila tenir activement à l’organisation des concertations nationales sans en attendre un profit conséquent. Et si l’objectif principal de celles-ci consiste – on en entend de plus en plus le bruit – à l’autoriser à rempiler en 2016, elles seraient alors, vraiment, une vaste et honteuse comédie.
WINA LOKONDO,Mbandaka

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mercredi 31 juillet 2013

LE DÉCOR DE LA CONFÉRENCE NATIONALE SOUVERAINE

LE DIALOGUE NATIONAL : UN JEU DE CACHE-CACHE SUR FOND DES AMBITIONS ET ILLUSIONS DES UNS ET DES AUTRES
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Les feux rouges de la mémoire
Les Concertations nationales au format de « Joseph Kabila », c’est du déjà vu, c’est du déjà entendu, c’est du déjà rejeté.
Partout où il a été question de permettre au Peuple de « discuter », « dialoguer », « échanger » sur la manière dont la République est gérée, le comportement des dirigeants affectés, pour la plupart, de virus du pourvoir, s’est avéré le même.
Lorsque l’ouragan de l’Histoire fait sonner le glas des dictatures en Afrique au début des années 1990, le maréchal Mobutu croit devoir et pouvoir y résister.
A l’exigence unanime du Peuple zaïrois pour la tenue d’une Conférence nationale souveraine, le président-fondateur du Mpr Parti Etat, esclave de son rêve de mourir au pouvoir, crée ce qu’il a bien voulu, lui, appeler « Concertations populaires » dont il se confie lui-même, la charge de définir l’organisation et le fonctionnement, mais aussi et surtout d’en assurer le suivi à travers ses propres rouages et hommes de main. 
En véritable juge et partie, il en tire des conclusions contraires aux avis et considérations unanimes des Zaïrois, lesquels recommandent sa démission pure et simple. 
Sa tricherie de trop, lui coûte cher. Ainsi, vient de s’écrouler définitivement, la fragile passerelle de confiance qui résistait encore, entre lui et les Zaïrois qui, pourtant, meurtris et appauvris à outrance par son système de gestion, avaient participé massivement à sa machiavélique démarche. 
Lorsque, par son Ordonnance n°091-10 du 06 mars 1991, le dictateur institue la Conférence constitutionnelle dont la mission consiste à déterminer les options fondamentales sur l’organisation politique de la IIIème République, et élaborer un projet de constitution à soumettre au referendum, toute la communauté nationale et internationale se lève comme un seul homme pour rejeter le format des assises qu’il propose.

L’opposition et la société civile, crédibles et très actives à l’époque, insistent sur le caractère souverain de la Conférence nationale. Les pressions internes et externes sont tellement fortes qu’il suffit d’un petit mois pour que Mobutu revoie sa copie. 
Un acte constitutif 097 portant création et composition de la Conférence nationale intervient le 11 avril 1991, lequel ne contient qu’un article unique modifiant et complétant les articles 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 10 de l’Ordonnance 091-010 du 06 mars 1991. 
La Conférence nationale ainsi créée, est chargée de « discuter de toutes les questions d’intérêt national en vue de la démocratisation des options fondamentales de la Troisième République, élaborer un projet de constitution à soumettre au referendum et déterminer le contenu de la loi électorale et élaborer un calendrier électoral ».
Contraint à reculer, et en dépit de sa peur bleue de voir la Conférence nationale se transformer en un tribunal populaire ou en une cour de règlement des comptes, le maréchal spécifie, à l’article 2 –modifié- de son texte de loi, que la Conférence statuerait « souverainement » ; qu’elle serait précédée par une commission préparatoire chargée de l’organisation matérielle des assises ainsi que de l’élaboration des projets de règlement intérieur et d’ordre du jour à soumettre à l’approbation de l’Assemblée plénière ; que ses décisions seraient exécutoires ; et qu’un comité de suivi serait élu pour s’assurer de l’exécution de ses décisions.
Contre vents et marrais, le dictateur venait de subir, à son tour, la loi du Peuple qui dressait justement,  tous ces préalables pour sa participation.
Parlant de contexte, il est vrai qu’un concours de circonstances avait favorisé une telle amplification des faits, notamment la fameuse perestroïka de Gorbatchev suivie de l’exécution spectaculaire du président roumain Ceausescu, la tenue d’une série de Conférences nationales au Niger, Bénin, Côte d’Ivoire, Gabon et surtout au Congo Brazzaville voisin, où le chef de l’Etat Sassou Ngwesso est poussé à la démission ; le renoncement du premier ministre Lunda Bululu qui avoue l’échec de son action ; les jeux d’argent Bindo, Madova et Nguma qui démunissent la population, provoquant sa colère explosive transformée en émeutes dans les camps militaires et sites universitaires ; le controversé massacre des étudiants de Lubumbashi ; les révélations du distingué quotidien Kinois « Umoja » sur l’existence de la loge secrète « Prima Curia » composée de hauts responsables du MPR-Parti Etat, un pacte de sang pour sauvegarder le système Mobutu et ses bénéficiaires à tout prix ; l’expiration du mandat septennal du maréchal au 05 décembre 1990 ; la promulgation de la loi consacrant le multipartisme intégral, relative à l’organisation et au financement des partis politiques, laquelle permet la création des nombreux partis politiques acquis au changement…
Si le maréchal Mobutu avait du ajuster son Ordonnance créant la Conférence constitutionnelle avant le démarrage de la Conférence nationale, le renversement des rapports de force, lui,  s’est produit plutôt au fil des travaux jusqu’àimposer à la dictature, la « souveraineté »  des assises ainsi que le caractère « exécutoire et opposable à tous » des résolutions et recommandations y afférentes.

En fait, l’adoption, par l’Assemblée plénière, en date du 05 mai 1992, de l’Acte fondamental proclamant la souveraineté de la Conférence nationale, permet de déplier la gamme des conjonctures dans lesquelles, par la suite, le vent de la Conférence nationale souveraine a soufflé sur les hauteurs d’un régime vomi de toutes parts. 
Il s’agit, entre autres, des accords du Palais de Marbre qui décrètent le principe d’un Premier Ministre issu de l’opposition permettant à Nguz a Karl-i-bond de devenir Premier Ministre ; l’élection du Bureau de la Conférence présidé par le vertébré Archevêque de Kisangani, Monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya ; l’insécurité généralisée ; les pillages ; le bombardement des résidences des opposants et des imprimeries, doublé de répression à l’encontre de la presse écrite… 
La suite est également connue, à savoir la suspension des travaux de la Conférence nationale souveraine par le gouvernement de Nguz ; la mobilisation de l’opposition, la société civile et la population pour la reprise desdits travaux ; la marche des chrétiens, à cet effet, réprimée dans le sang avec plus d’une trentaine de morts ; la persécution des Kasaïens au Katanga ; la série de nominations et élections des Premiers ministres dont le prototype, Kengo wa Dondo issu d’un autre hold-up dénommé « Troisième voie », paradoxalement soutenu par Mgr Monsengwo, lui-même destitué en juin 1995…
Le contexte : Un parallélisme parfait
Nous avons tenu à rappeler toutes ces péripéties de triste mémoire pour démontrer combien le contexte de l’époque, à quelque nuances près, se retrouve être le même que celui dans lequel la Rd-Congo est plongée aujourd’hui.
En effet, les Congolais sont confrontés à une autre crise, aussi profonde, multiforme et persistante que celle des années quatre-vingt-dix, parce que caractérisée par les mêmes maux et autres fléaux définis à la Cns, tels que la paupérisation de la population, le ravalement et l’inversion des valeurs morales et spirituelles, l’arbitraire, l’impunité, la corruption, le népotisme, le tribalisme, la dislocation de l’appareil sanitaire, l’effondrement du système éducatif, la confiscation des libertés individuelles et collectives, le détournement de deniers publics, la spoliation des biens privés, l’impunité, l’incivisme et l’anarchie.
Se sont même ajoutés sur cette liste non exhaustive, l’imposture et la haute trahison au sommet de l’Etat, la prédation, le pillage des ressources naturelles, l’occupation et la menace de balkanisation.
Le même décor ainsi planté, sans issue de secours, entraîne des situations et comportements similaires dans le chef des acteurs nationaux et internationaux, lesquels se traduisent par un blocage net de toute la Nation dont le destin est frictionné aujourd’hui, plus qu’hier.
Voilà, comment l’Ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013 portant  création, organisation et fonctionnement des Concertations nationales, apparait comme une copie conforme de l’Ordonnance 091-10 du 06 mars 1991 portant création et composition de la Conférence constitutionnelle.

Deux entêtements, deux aveuglements, deux Ordonnances qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau. 
On se rend compte que les deux Ordonnances ont été conçues par les mêmes cerveaux dévoyés, dans les mêmes conditions d’intelligence politique, pour alimenter l’illusion de pouvoir contourner le mur de la résistance qui, pourtant, s’est fortement érigé dans les esprits des Congolais/Zaïrois. 
En recourant aux mêmes fourvoiements, les officines du pouvoir actuel, ont suffisamment prouvé leurs limites parce qu’incapables de fournir le moindre effort d’innovation et d’adéquation par rapport aux suppliques en faveur d’un résultat contraire à celui de l’époque.
En s’amusant à plagier tout ce que le maréchal et ses services  adoptaient comme postures face aux mêmes événements, le laboratoire de « Joseph Kabila », censé en imaginer les effets, conduit le pays aux mêmes chimériques culs-de-sac dont l’issue est plutôt un asservissement social qu’une démocratie salutaire. A la différence qu’aujourd’hui, les contrecoups seront plus préjudiciables pour l’ensemble du pays.
En tant que mécanisme de recherche de solution aux problèmes qui se posent avec acuité à notre chère Patrie, le Dialogue national ou les Concertations nationales exigent une préparation conséquente devant tenir compte de tous les paramètres susceptibles de garantir le bon déroulement et la meilleure issue des assises.
Il est normal que l’humanité entière se sente offusquée de lire l’Ordonnance créant les Concertations nationales, laquelle crache sur les fondamentaux en pareilles circonstances, en ce qui concerne la neutralité de la médiation pour éviter d’être ridiculement juge et partie à la fois, la composition équilibrée des représentations, le rationnel de l’ordre du jour, le caractère exécutoire et opposable à tous, des résolutions, et enfin, la crédibilité du pouvoir de suivi. 
Dans la mesure où, à l’instar de Mobutu, « Joseph Kabila » a commencé par faire fi de tous ces impératifs élémentaires, il éloigne la solution recherchée à la véritable crise, la nôtre, en tant que problème, lequel a une cause, c’est-à-dire le pourquoi profond de la crise ; lequel a aussi un dénouement à travers les objectifs poursuivis parmi lesquels, cette cohésion nationale dont la proclamation ne suffira pas non plus, à elle seule, sans un mécanisme de suivi approprié.
Dans la mesure où, également, le Dialogue national ou les Concertations nationales doivent absolument aboutir à desréajustements politiques et institutionnels tel qu’envisagé par l’Accord cadre d’Addis Abeba et la Résolution 2098, comment prétendre y arriver avec le format proposé par un pouvoir en place, si contesté, lequel -format- est jugé par Mary Robinson de « pas assez inclusif et crédible » pour garantir « de bonnes consultations devant servir à consolider l’unité nationale et mettre fin aux cycles de violence dans l’Est du pays » ?
Que faire ?
Devant la même incapacité notoire des institutions, d’apporter des solutions à la crise, s’imposent naturellement, cette même nécessité absolue, cette même extrême urgence et cette même volonté inébranlable d’analyser sans complaisance, les causes des revers accumulés en vue de trouver, enfin, dans un esprit de dialogue de franchise, de correction et de réconciliation, les voies et moyens propres à relever le défi et à jeter les bases d’un Etat de droit pouvant garantir un développement total et harmonieux de la Nation. 
Au regard des forces et intérêts en présence, tout rêve est interdit. Les Congolais doivent se débarrasser des moindres égarements. Le jeu de la souris pratiqué par la communauté internationale ne nous permet pas d’attendre de la Monusco ni de la Brigade d’intervention, des miracles  jamais opérés en Somalie, au Soudan ou ailleurs. 
Les schémas, déjà tracés au niveau des grandes puissances de ce monde, et dont certaines forces occultes sont chargées d’exécuter, ne doivent plus nous surprendre. Nous suivons tout aussi intelligemment, leur regard projeté du miroir de la diversion à travers la Résolution 2098, l’Accord cadre et la présence des forces internationales dont la mission demeure inexplorée. 
Il sera donc, impérieux, dans ce cadre, et à l’instar de la Conférence nationale souveraine, que le Dialogue national ou les Concertations nationales à tenir, se définissent comme une initiative et une Assemblée du Peuple constituée des Forces vives de la Nation et non l’affaire d’un individu ou groupe d’individus qui se placerait au-dessus du Peuple et se soustrairait à ses décisions. 
Il s’avèrera aussi essentiel, de lier l’ensemble des institutions du pays aux décisions d’un tel rassemblement. Et ceux qui dirigent si mal le pays aujourd’hui, n’ont pas à avoir peur d’un forum transparent et souverain, lequel devra se tenir coûte que coûte, parce que les participants veilleront à définir une sorte de compromis politique global susceptible de permettre une nouvelle transition pacifique pour l’intérêt supérieur de la Nation.
Pour cela, devront être discutées sans complaisance, en plus des questions liées directement à la guerre, celles relatives à la neutralité de la transition, au respect des droits de l’homme, au contrôle et à la sanction à tous les niveaux, de la gestion de l’Etat, aux garanties nécessaires à l’autonomie de chaque institution dans l’exercice de ses pouvoirs, à l’esprit de collaboration entre institutions et organes dirigeants, à la responsabilisation du gouvernement dans la gestion de la chose publique dont il rend effectivement compte à la Nation à travers un organe législatif crédible, à la redéfinition de la Défense nationale et des relations extérieures…, en tant que domaines de collaboration prioritaires entre les plus hautes instances du pays, aux réformes d’une armée infiltrée et détruite en la dotant de toutes les capacités d’assurer la souveraineté et l’intégralité du territoire national ainsi que la protection des citoyens et de leurs biens.

Les nouveaux objectifs de la transition seront également définis en termes d’en garantir le suivi et l’exécution, contrairement au Dialogue inter congolais de Sun City dont les Résolutions et Recommandations sont restées lettre morte en terme d’exécution, les principes fondamentaux de l’Accord global et inclusif de Pretoria ayant été systématiquement enfreints par le président « Joseph Kabila », resté seul maître à bord.
J’anticipe certainement… Voici  pourquoi :
Les illusions et surprises à répétition
L’arrogante « majorité » se croit capable de marcher sur une opposition réputée divisée et corrompue. Elle s’imagine qu’elle se permettra une promenade de santé dans une rencontre qu’elle saura contrôler de bout en bout. Tandis que certains « opposants » ne cessent de duper le Peuple en proclamant haut et fort, que le Dialogue national ou les Concertations nationales ne visent pas le partage de pouvoir alors qu’ils sont en contact avec la même « majorité » pour préparer un gouvernement de transition ou d’union nationale. Ils affirment même, pinces sans rire, qu’ils ne feront pas partie d’un gouvernement issu de ces assises.
Quant à l’opposition radicale, elle hésite encore à déployer courageusement en aval, le véritable problème « d’homme à la tête du pays », qui se pose à la République, au risque même de subir la loi d’une nouvelle « Troisième voie » en gestation. 
Au moment où, pour ses intérêts partisans, et donc à tort, cette « majorité » déclare rejeter tout schéma qui conduirait à une révision constitutionnelle, laquelle remettrait en question la légitimité des institutions controversées en place, l’opposition s’engage, elle, à raison, à exclure toute possibilité de révision de l’article 220 verrouillé de la même Constitution.
D’utopiques impasses politiques à d’utopiques impasses politiques.
Le schéma en vue et ses conséquences
Et pourtant, lorsqu’on sait que le départ de « Joseph Kabila », qui devrait être, en principe, la solution fondamentale à la crise congolaise aujourd’hui, ne figure pas sur l’agenda de l’opposition et encore moins, dans celui de l’omnipotente communauté internationale, il y a lieu de déduire que c’est l’herbe qui paiera les frais de cette confrontation entre deux composantes principales du Dialogue en vue.
L’herbe, ici, c’est la Rd-Congo et les pauvres Congolais qui seront bientôt livrés, une fois de plus, aux incohérences et autres casses du scenario standard qu’imposent généralement les puissances occidentales dans pareilles circonstances.
Ces dernières dicteront encore leur slogan de « ni vainqueur ni vaincu » pour « privilégier une solution politique » en l’absence d’une solution militaire. Elles entonneront l’autre rengaine en proclamant perfidement, que « la crise politique ne doit pas se résoudre contre la majorité ni contre l’opposition » dans sa diversité, « ni au détriment de la paix et de l’intérêt supérieur de la nation ».
Certes, les mots sonnent peut-être mal dans les oreilles des Congolais, victimes de telles approches. Mais, au regard de ce qui précède, le célèbre « partage du pouvoir » va devoir, une fois de plus, conclure les débats dans le sens de répartition des responsabilités entre composantes dans une certaine  équité et/ou équilibre politique et sociologique approprié. 
Le Dialogue national ou les Concertations nationales affirmeront alors, que la cohabitation des différentes forces vives de la Nation  au sein du gouvernement, comme l’intégration des éléments des groupes armés, l’instrument rwandais M23 y compris, dans les institutions et au sein de l’armée, est conçue dans une optique plutôt de pacification, de solidarité et de complémentarité que de contrainte. 
Dans un style aussi standard, le document final des assises recommandera que les rapports à s’entretenir entre les différents acteurs de la gestion de la chose publique, soient ceux de courtoisie et de respect mutuel. 
La présence pressentie du président Denis Sassou Ngwesso à la médiation, arrangée par la même Communauté internationale, permet de comprendre que la poire sera coupée en trois (pouvoir, opposition et groupes armés), si pas à cinq (y ajouter la diaspora et la société civile) dans un schéma proche à celui de Centrafrique où son rôle a été déterminant.
L’inconnue, susceptible de modifier légèrement, le tableau ci-haut, demeure la réponse finale attendue de l’Udps dont le lider maximo  Etienne Tshisekedi rejette jusqu’à ce jour, toute offre contraire à son élection comme président de la République.
 La grande question à se poser à ce niveau, est celle de savoir la suite des événements par rapport à un tel amalgame qui, assurément, nous fait tourner en rond parce qu’il nous éloigne encore et toujours davantage, d’une solution durable à la crise.
Conclusion
Si, contrairement à Bozize, « Joseph Kabila » roule pour un tel schéma qui les arrange, lui et son réseau d’occupation, tout en condamnant la Nation congolaise à demeurer otage des mêmes puissances prédatrices, instigatrices de la balkanisation du pays, « Joseph Kabila » n’inventera pas la roue en matière de Dialogue. 
Dans les heures qui suivent, il va revisiter son Ordonnance pour l’adapter, à sa manière, aux sifflements de l’ouragan de l’Histoire. C’est le prix à payer lorsqu’un travail est mal fait au niveau de ceux qui lui ont fait signer pareil chiffon tout en sachant qu’il serait attaqué avec virulence et donc sujet à modification.
Il est évident que le Chef lui-même, n’était pas encore né au moment où les Congolais ont commencé à dire non à la servitude volontaire. Mais, un Chef est censé s’informer, s’instruire et s’ajuster pour être réellement au-dessus de la mêlée.
 A l’allure où vont les choses, je doute fort que la réaction de l’ensemble de l’opposition dans sa diversité, va rester constante dans son refus de cautionner la tenue d’un Dialogue national/Concertations nationales du statu quo.
Prosper NDUME PELE Nzogu
Président National du Msd


mercredi 24 juillet 2013

ISONGASONGA Nationale Topoke ; nécessité d'un RENOUVEAU !


Afin de mettre en place de nouvelles structures et mieux encore adapter l'association de la mutualité Isongasonga dans l'environnement d'une société multipartiste et pluraliste actuelle, il revient à ses intellectuels et sages d'imaginer et de configurer l'association en une communauté moderne de développement.

1) Établir un état des lieux pour les Topoke à Kisangani
2) Analyser le mode actuel de gestion d'Isongasonga
3) Proposer un mode de gestion devant tenir compte des us et coutumes Topoke.
4) Suggérer la modernisation de gestion

Rappels historiques:


1."L’histoire des Topokes dans notre province est connue de tout intellectuel Topoke, de Ngombe Munene, Lifeta Li Balembe, Boenga a Baimoli, Chef Tolenge de Gelonga en 1935, Litua et Bossongo à Isongasonga en passant par OITO dont vous faites allusion dans votre posting. Un peuple guerrier, unis et rassembleur. Rappelez- vous de notre identité « Toba ge to ngbe laabwina ». Il ressort de cette histoire que nous, Topokes, ne méritons pas ce que nous sommes en train de subir": (Innocent Liengola).
2. "Depuis l'indépendance, 50 ans après, le peuple Topoké n'a pas encore compris. Patrice Lumumba, nous a utilisé pour être hissé sur plan international, il nous a ensuite deçu pour nous reserver les postes des commissaires de police et d'adjudant dans l'armée. Quel sort a-t-on reservé à notre père Félé Josias? La deuxième magistrature, aucun commissaire d'état ou ministre. Prof Moloni nommé deux fois secrétaire d'état à l'économie pour trois mois à chaque passage au conseil exécutif; Charles Lututa, PDG de sozacom a fini par faire la prison suite à la machination de nos frères de la province et surtout de districts cités par notre frère. La troisième législature, un frère hissé ministre a été balloté et nous démeurons sans représentant au niveau du gouvernement. 

Aujourd'hui, nous sommes appelés à aller aux urnes avec quels candidats? Le foisonnement des candidats sans préparation aucune ne fait que réduire notre chance de faire passer un des nôtre à la députation nationale et cela risquerait aussi pour la députation provinciale. La délagogie utilisée par nos frères de la législature finissante fait que nos frères du territoire ne vôterons pas pour un candidat topoké. Alors ne soyons pas dupes et distraits. Rassemblons nous autour d'un candidat à Kisangani et un autre à isangi pour ariver à décrocher deux sièges au parlement national. 

Quant à la députation provinciale, ous pourrons avoir davantage pour que nous puissions faire sortir un sénateur topoké. Isonga songa peut initier un bureau d'études qui pourrait puiser et nous proposer des stratégies possibles pour en ariver là. Sinon, nous continuerons à regreter comme toujours. Soyons et restons unis, car l'union fait la force. L'unité pour le développement et non pour la distraction et les actions banales qui nos font friser la bassesse et pourtant nous constituons la masse critique importante des intellectuels de toute le province.

Pensons à l'organisation des topokés de 1958 quand nos parents ont défilé devant le gouverneur général de l'époque, tous en uniforme, qui a fait que des injures de TPV, les topokés ont été considérés la tribu la mieux organisée et mieux structurée de la province et qui a valu que, à l'aube de l'indépendance, deux topokés aient été invités à visiter les états-unis d'amérique et papa Basay François et Bosongo (malheureusement) ont pu s'y rendre à la place de chef Ngwangwa et de papa Loku Edouard. L'OITO (L'Organisation Interne des Topokés) a eu à mobiliser les hommes politiques de la province: notons la rencontre de yabaondo sous l'égide de papa Fele Josias et autres, qui a connu la présence de Gbenye et autres.

Dans l'unité nos gagnerons. Sortons de la distraction, évitons l'égocentrisme, sachons faire les concessions et ne restons pas collé aux étiquettes des partis politiques; voyons le peuple topoké dans son développement intégral.(Dr Olinda).

dimanche 14 juillet 2013

LE DESSOUS DE CARTES D'UNE DÉMISSION DU PAPE ÉMÉRITE BENOIT XVI !

Et si les modernistes voulaient faire disparaître le Pape Benoît de la scène mondiale ?

Le 04 juin 2013 - (E.S.M.) - Partant d'un article de la presse italienne sur les activités de "retraité" du Pape Emérite, le P. Cavalcoli, un religieux dominicain de tendance conservatrice, argumente sur le départ de Benoît, dans lequel il voit l'effet d'un "complot" des "modernistes".



Le pape émérite Benoît XVI et Mgr Gaenswein

Et si les modernistes voulaient faire disparaître le Pape Benoît de la scène mondiale ?

Le 04 juin 2013 - E. S. M. - Je propose cet article, que benoit-et-moi a traduit et que nous reproduisons car il est très intéressant comme sujet de réflexion.  Il doit être clair que les opinions exprimées sont celles de leur auteur.

Fruits et légumes pour Benoît XVIPère Giovanni Cavalcoli, OP
Article original ici. Ma traduction.

Sur le Corriere della sera du 27 mai dernier est paru un article intéressant sur comment le Pape Benoît passe ses journées dans sa résidence retirée du Vatican. L'auteur de l'article se prévaut de nouvelles données par un prélat de la Curie Romaine, qui reste anonyme, lequel réfère que le Pape Emérite passe ses journées caché, avec son fidèle secrétaire Mgr Gänswein, en compagnie d'un toutou, écoutant la musique de Bach, Mozart et Beethoven, faisant des promenades, s'adonnant à la lecture et à beaucoup de prière, et fréquentant deux jardins de fruits et de légumes.

Ces nouvelles suscitent en moi plusieurs réflexions. 

Si les modernistes voulaient faire disparaître le Pape Benoît de la scène mondiale et le faire taire, il faut vraiment dire que leur plan diabolique et inouï a effectivement réussi. Un attentat parfaitement mené à terme, comme celui des tours jumelles de New York. Le proverbe dit pourtant que le diable fait les casseroles, mais pas les couvercles (1). Les modernistes croient probablement avoir éliminé le Vicaire du Christ, le "doux Christ sur la terre" comme disait Sainte Catherine de Sienne qui pourtant n'épargnait au Pontife ni vigoureux rappels, ni reproches filiaux, ni supplications peinées, non privées de menaces de châtiments éternels.

Le Pape Benoît, en quittant sa charge a dit qu'il allait "resté caché au monde, se dédiant à la prière": paroles belles et profondes d'homme spirituel qu'il est, qui s'est manifesté en beaucoup d'occasion, mûri dans la souffrance et dans les humiliations reçues, dans le sillage de la plus pure tradition des Saints Pères (ndt: des Père de l'Eglise) bien connus de lui, tradition je dirais presque monastique du christianisme.

Mais je ne sais ce qu'ont compris les modernistes, lesquels ne s'intéressent pas à l'Eglise, mais au monde, ou qui réduisent l'Eglise au monde, et la spiritualité à des luttes de pouvoir, ce qui en fin de compte est la même chose. Ce qui les intéresse, c'est que Papa Ratzinger n'apparaisse plus sur la scène publique de ce monde, ou de l'Eglise visible terrestre; le reste, Eglise terrestre, solitude orante, silence et dissimulation contemplative dans la prière, cela ne les intéresse pas, parce qu'ils n'y croient pas, ils le considèrent comme privé de toute efficacité pour mettre en péril leurs intérêts et trafics de domination terrestre et leurs intentions maçonniques de transformer et d'assujettir à eux l'Eglise comme simple association philanthropique d'opérations socio-économiques et financières. Il faut aussi noter que le Pape Benoît reste conscient d'être dans le cœur de l'Eglise, tandis que j'ignore si ses persécuteurs le sont vraiment, ou seulement avec leur corps.

Il est incroyable comme ces puissants scribes, pharisiens et grands prêtres de notre époque aient réussi à faire taire à l'improviste et de façon totalement inattendue un des plus grands théologiens du siècle dernier et de notre siècle, phare de l'Eglise, personnalité très riche qui synthétisait de façon exemplaire dans sa pensée et dans son enseignement le principe même d'herméneutique énoncé par lui "de progrès dans la continuité", ouvert aux aspects positifs de la modernité mais ennemi des monstres du modernisme, haut témoin de la sacralité de la liturgie, solidement accroché aux valeurs pérennes et universelles "non négociables" de la raison et de la foi, mais en même temps et justement pour cela champion de l'œcuménisme et du dialogue interreligieux et avec chaque homme de bonne volonté, attentif à chaque misère humaine, celle du corps comme celle de l'esprit, homme de Dieu et pasteur aimant, comme Pape, de l'Eglise, l'un des plus grands protagonistes du Concile Vatican II et pendant plus de vingt ans, gardien zélé de la saine doctrine au nom du Bienheureux Jean Paul II.

Tel est le Pape que les modernistes, pour user leur langage, ont "liquidé", du moins le croient-ils, satisfaits avec un plaisir mal dissimulé pour ne pas sembler triompher, comme le mafieux après qu'il se soit vengé sur sa victime en un coup habilement préparé depuis longtemps.

Mais l'astuce la plus grande et la plus raffinée des modernistes a été celle communément utilisée dans les systèmes oppressifs, par exemple ceux communistes ou mafieux: faire en sorte que ce soit la victime elle-même, désormais méprisée, calomniée, marginalisée, exaspérée ou apeurée, ou rendue impuissante, qui se rende, ou qui déclare , ou demande à se retirer d’où la possibilité de répandre sur elle des larmes de crocodile, et de la remercier et la louer "pour le précieux service rendu".


Ainsi, le comble de l'hypocrisie de ces intrigants a été d’aller jusqu'à prétendre que c'est la victime elle-même qui a voulu s'en aller par lâcheté, trahissant sa propre communauté ou son propre devoir religieux (ndt: allusion à la scandaleuse rumeur de la "descente de la croix", que Benoît XVI a dû démentir en personne!!!). Certes dans le cas d'un Pape, ils ne pouvaient agir de façon vraiment "sale", et simplement le démettre de sa charge, comme peuvent le faire au contraire certains supérieurs ou certains prélats envers leurs subordonnés.

Mais quoi qu'il en soit, le résultat obtenu est en substance le même, avec l'avantage que leur arrogance reste cachée, mais pas trop, nous laissant réfléchir un peu à la situation ecclésiale dramatique qui dure désormais depuis l'époque de Paul VI, de rébellion systématique des modernistes au Pape et au Magistère (le "magistère parallèle") accompagnée de leur ascension vers le pouvoir, qui a désormais atteint les plus hauts niveaux de la hiérarchie ecclésiastique et les charges les plus élevées de l'Eglise.

Au pape Benoît, il est arrivé des chose pas très différentes, même si évidemment on a respecté les formes extérieures, qui veulent qu'un Pape ne peut pas être déposé ou expulsé sauf dans le cas de motifs très graves, comme cela est arrivé dans le passé; mais en l'absence de tels motifs, comme dans le cas de PapaRatzinger, il devra ou il pourra lui-même dire qu'il s'en va "librement après mûre réflexion", comme d'ailleurs le droit canon le permet.

De toutes façons, bien qu'il soit déjà arrivé dans l'histoire qu'un Pape ait été déposé, c’était arrivé à la suite d’un Concile, et non par une conjuration de palais mal dissimulée comme dans le cas du Pape Benoît, et le plus souvent, c'était arrivé pour des questions d'organisation, ou juridiques, et non - chose absolument inouïe -parce qu'on a réussi à mettre le Pape dans les conditions de ne plus se sentir en mesure, comme le Pape lui-même l'a déclaré d'affronter "les problèmes de la foi"; les motifs de santé sont un simple accompagnement, une manœuvre diplomatique, pour amortir le choc, mis ils n'ont certainement pas été déterminants. Le Pape, actuellement, va bien, dans la mesure évidemment où un homme de son âge peut aller bien. Le Pape, ainsi, a vécu la même souffrance que le Christ: "il est venu parmi les siens, et ils ne l'ont point accueilli" (Jean 1,11)

Allant à présent par la pensée au Pape actuel, nous pourrions nous demander: quelles sont les forces qui ont conduit le cardinal Bergoglio au trône de Pierre? 

J'avoue que je n'en ai pas idée. Mais je ne pense pas que les modernistes aient eu beaucoup de poids. De la façon dont le Pape actuel se comporte, on a l'impression qu'il est le fruit d'un courant ecclésial désireux d'une nouvelle annonce de l'Evangile, ouverte le plus possible aux hommes de bonne volonté, dans la ligne missionnaire du Concile Vatican II.


Quant aux modernistes, ils ont tenté de s'accaparer ce nouveau Pape, l'opposant déloyalement au précédent, comme cela s'est passé avec les interventions de Küng, d'Enzo Bianchi, de Melloni et de Boff; mais leur opération n'aura sans doute pas de succès.

D'autre part, Papa Ratzinger a laissé en héritage au Pape présent de nombreux graves problèmes ecclésiaux tenant à la doctrine et à la vie chrétienne, qui devront dès que possible être affrontés, problèmes devant lesquels le Pape Benoît s'est arrêté, à cause de leur gravité, et parce qu'il a été contré par les modernistes. Il est à prévoir qu'en affrontant ces problèmes, le Pape François rencontrera les mêmes oppositions que le Pape précédent. Toutefois, l'Esprit Saint pourrait avoir pourvu ce Pape des forces et de la sagesse adaptées au grave moment présent..

Quant à Papa Ratzinger, je suis d'avis qu'il serait bien qu'il se fasse entendre par quelque écrit ou quelque intervention, d'autant plus que, selon ce que rapporte Il Corriere il est actuellement "très lucide". Il n'aurait pas besoin de mener de nouvelles études, seulement d'utiliser la grande sagesse, culture et expérience pastorale qu'il a acquises dans le long cours de sa vie, et dans l'exercice même du ministère pétrinien.

Je verrais bien qu'avec ces interventions, Papa Ratzinger vienne en appui de l'activité du Pape François, dont l'autorité et la notoriété de théologien sont assez inférieures à celles de Ratzinger. Rien n'empêcherait selon moi au Pape émérite d'appuyer l'action du Pape actuel, proposant des valeurs et réfutant les erreurs, l'assistant ainsi dans la formation du Peuple de Dieu et dans sa défense contre les forces adverses, l'aidant à ôter la "saleté" de l'Eglise.

De cette manière, cette situation fâcheuse que les modernistes ont créée en espérant se débarrasser de Papa Ratzinger pour le remplacer par un Pontife qu'ils voudraient manœuvrer, se retournerait contre ces mêmes modernistes d'une manière formidable: deux Papes, une chose jamais arrivée dans l'histoire, solidaires contre les menaces qui aujourd'hui pèsent sur l'Eglise, pour la vraie croissance du Peuple de Dieu et la victoire sur le pouvoir du péché et des ténèbres.

Papa Ratzinger, avec son témoignage lumineux, avait offert et offre à l'Eglise un échantillon de cette délicate, raffinée, profonde, poétique et aimable spiritualité dont est capable la culture allemande, contre les obscures menaces du matérialisme athée (Marx) et de l'idéalisme panthéiste germanique (Hegel), qui est aux origines du modernisme.
Sources : benoit-et-mo -  E.S.M. 
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 04.06.2013 - T/Benoît XV