SAGA de SEM LM WALLE en DEUX ans sous COVID-19

Maître Louis-Marie, WALLE Lufungula, au deuxième tour, après celui du mercredi 10 avril 2019, que cet ancien magistrat du parquet de Grande Instance de Goma, devenait le troisième gouverneur élu de la Province mythique de la Tshopo. Il n'a pas laissé au Gouverneur sortant Constant LOMATA aucune chance pour se succéder à lui-même ! Dix-sept voix obtenues sur les 27 votants alors qu’au premier tour il avait eu sept voix, poursuivi par C. LOMATA qui en avait six.

Dans les rues "boyomaises sans FIL", c’était une liesse populaire : des cris de joie, des klaxons de taximen-motos retentissaient partout. Pour saluer l'arrivée à la tête de la TSHOPO, d'un digne fils, avec espoir « cette dernière va bientôt avoir une nouvelle ère pour son décollage et son développement », mais c'était sans compter avec la meute des sorciers et autres chiens enragés déterminés à faire descendre, par tous les l'apôtre et l'envoyé du Maitre pour le développement et la promotion de la Province.

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Pour rappel, Louis Marie Lofungola avait démissionné du PPRD pour se présenter en indépendant avec comme vice-Gouverneur, M. Maurice ABIBU Sakapela Bin Mungamba, ancien journaliste de la RTNC/Kisangani, grand défenseur du RCD/Goma à Kisangani, il fut ministre provincial en charge de l'Intérieur, Sécurité du premier gouverneur de Province M. Jean ILONGO Tokole, premier Gouverneur de la Tshopo issue de la province Orientale démembrée.

WALLE Lufungola, qui est-ce ? Juriste de formation, né à Yangambi un certain 25 juillet 1964. Il a fait ses humanités Latin Philo au Collège Maele à Kisangani, ses études de Droits à l’Université de Kinshasa. il fut nommé magistrat au parquet de Grande Instance de Goma. De là, il embrassa la carrière politique avec "l'avènement de conglomérat des opportunistes et aventuriers de l’AFDL" du Mzee Laurent Désiré KABILA. En 1996, à Kisangani, il fut nommé Premier Secrétaire Provincial de l'AFDL, fonction supposé à tort comme supérieur à celui du Gouverneur de Province ! Il quitta ses fonctions du Directeur Général du Journal Officiel de la RD Congo, avant de poser sa candidature au poste de Gouverneur de province. Marié et Père de cinq enfants, le troisième Gouverneur de la Tshopo, Louis marie WALLE Lufungola, conscient de l'envoutement voir du signe indien qui poursuit la TSHOPO depuis l'indépendance nationale, avec des guerres et tueries à répétition (rébellion 1964, mercenaires de tout bord, l'avènement des opportunistes et aventuriers de l'AFDL, qui confia la Province à DIEU (Jésus) en organisant une Prière Œcuménique à l'Esplanade de la poste de Kisangani.

Depuis lors, tous les sorciers et autres esprits malins s'acharnent contre lui avec des accusations mensongères. Mais le Maitre de l'Univers est toujours avec lui et malgré tout, il tient bon et ses compatriotes l'ont surnommé, "TCHUMA ya MOTO càd barre de fer chaud", qu'on ne serait tenir à mains courantes !

Malgré des complots ourdis des sorciers de tout acabit, Me LM WALLE L. résiste encore aux ouragans des motions à répétition qui secouent des Institutions Provinciales à travers la RD Congo ! Visé par une deuxième motion de censure signée par 14 élus sur les 28 députés de la province de Tshopo, WALLE Lufungula et toute son équipe gouvernementale ont pu saisir la COUR constitutionnelle et l'Assemblée provinciale notifiée, aurait dû ne pas aller jusqu'au bout, en votant leur motion de censure, initialement signé par 14 élus, ce sont 17 députés qui ont voté ladite motion, sans atteindre le quorum requis en pareille situation. Ayant constaté l'erreur, ils auraient établi un Procès-verbal en dehors de l'Assemblée Provinciale : "faux usage de faux"! Ainsi la Cour Constitutionnelle est saisie de toutes ces irrégularités.

Mais les prétendus connaisseurs de la chose juridique ne s'entendent pas sur la surséance de l'action (!), attendons l'Institution ayant qualité et autorité pour interpréter la LOI, la Cour Constitutionnelle. D'ici là, le combat cessa faute de combattants et les affidés de chaque camp se battent dans les réseaux sociaux.

Pourtant "Nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits " ! En effet, l’exécutif provincial est notamment accusé de "manque de vision claire de développement, des actions hasardeuses, à bâton rompu, clopin-clopant et clairement prédatrices, une gestion «opaque et calamiteuse» des finances publiques ainsi que le détournement de 2,5 millions de dollars américains....”

Absent à la fameuse séance où il était attendu pour répondre aux accusations contenues dans leur motion, SEM le Gouverneur WALLE, à travers une lettre adressée au bureau de cette assemblée, les invita à la sagesse afin d’éviter «une énième humiliation (!)». En effet, SEM le Gouverneur, Louis-Marie Walle Lufungula dénonce l’attitude des députés, qui reviennent sur un problème déjà tranché en sa faveur aussi bien par la cour d’appel que par la Cour constitutionnelle.

Evoquant le principe général de droit selon lequel "nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits", afin d'«éviter une énième humiliation à la population de la Tshopo par des actions irréfléchies et hasardeuses des députés provinciaux».

Wait and see ....jusqu'à la fin de la procédure devant la COUR constitutionnelle. Dans l'entre-temps, un général de la PNC qui a tenu imprudemment "la barre incandescent LMWL", en a eu pour son compte !


samedi 10 mars 2012

Présentation de la leçon publique de la Thèse de Doctorat du Dr. Joris LOSIMBA LIKWELA

IMPAVIDI, PROGREDIAMUR ! (Intrépides, allons de l’avant !)

Bien Chers Frères et Sœurs membres de LISAGO,

Comme l’indique le document en pièce jointe à ce message, nous avons un réel plaisir de vous inviter, ce mercredi 14 mars 2012, à la cérémonie de la présentation de la leçon publique de la Thèse de Doctorat de notre frère Joris LOSIMBA LIKWELA à l’Université Libre de Bruxelles à partir de 17 heures précises (Auditoire R. SAND ; Sous-sol de l’École de Santé Publique – ULB ; Campus Erasme – Bâtiment A ; Route de LENNIK 808 ; à 1070 BRUXELLES). Au terme de cette soutenance et du cocktail qui s’ensuivra, la fête de famille aura lieu au Numéro 5 de l’Avenue du Champ de Mars à Ixelles – MATONGE, 1050 BRUXELLES. Cette invitation s’adresse aux amis et connaissances, aux ‘‘Boyomais’’ (natifs et ‘‘naturalisés’’), et à tous les membres de LISAGO présents en Belgique (résidents ou de passage). Soyons donc nombreux à ce grand rendez-vous mémorable et historique, en l’honneur de notre vaillant frère précité.

Hier, ce fut le tour de nos frères Salomon BATINA AGASA, Faustin BOYEMBA BOSELA et, récemment, celui du Révérend Père Jean-Bertrand MADRAGULE qui ont écrit leurs noms en lettres d’or dans le monde scientifique. Aujourd’hui, avec le cas du Dr Joris L. LIKWELA, c’est toute la Province Orientale, en général, et l’Université de Kisangani, en particulier, qui sont honorées, une fois de plus. Et la série continuera, encore et toujours, avec un autre ou d’autres Docteurs en thèse que nous aurons dans quelques mois, en rallongeant ainsi la liste des scientifiques de nos universités de la PO (Université de Kisangani, Université de l’UELE, etc.) 

Pour dire un mot sur le parcours scolaire et académique du Docteur Joris, mentionnons simplement qu’il a été un brillant élève et étudiant. C’est toujours avec mention qu’il avait réussi ses études primaires, secondaires au Collège MAELE, universitaires à l’Université de Kisangani (UNIKIS) et post-universitaires aujourd’hui à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) pour son couronnement scientifique. N’est-ce pas un motif de fierté pour le Collège MAELE et surtout pour la troisième université de notre pays (UNIKIS) qu’il servira dans quelques semaines en qualité d’un enseignent attitré ? Voilà pourquoi nous disons :
Longue vie au Collège MAELE !
Longue vie à l’Université de Kisangani !
Longue vie à toutes les écoles et universités ‘‘sérieuses’’ de la Province Orientale !
Longue vie à LISAGO !
Longue vie à Joris LOSIMBA LIKWELA, notre ‘‘double – Docteur’’ (en Médecine et en Thèse) !  

Permettez-moi, Bien Chers Frères et Sœurs, de clôturer ce message d’invitation en rafraîchissant nos mémoires par l’hymne ‘‘LA MAELIENNE’’ pour le bonheur des Collégiens du Sacré-Cœur de Kisangani, actuels et anciens, dont la devise est toujours restée « IMPAVIDI, PROGREDIAMUR ! » depuis des années et des générations… 

« 1. Salut à toi à toi, ô noble source
D’où jaillit la vie si douce
Creuset d’amour et de science
MAELE, nous te chantons.

Ô toi, noble berceau
Tu nous pousses au plus haut
Tu nous armes pour la vie.

Que ta splendeur brille à jamais
Au jour le jour dans notre vie,
Afin que tous réalisions, réalisions, réalisions
La grande et belle issue
Que nous prépare l’Institut.

2. Apprends-nous, ô toi, notre Mère,
La sagesse et la technique
Latin – Philo, math et physique
Patrimoine séculaire

Mais surtout apprends-nous
A aimer, à servir
Notre beau pays : Zaïre.

Ma-e-liens, main dans la main
Marchons sans peur du lendemain,
Transformant tout sur nos chemins, sur nos chemins,
Sur nos chemins.

Que le Bon Dieu bénisse
Tous nos efforts d’étudiants ! »

Louis BASINGA
=:Bweng'aa Ngelessa:=

jeudi 16 février 2012

PROFONDE REFLEXION, M. Paly WONDO : L'opposition congolaise face à un choix cornélien?




Jamais dans l’histoire sociopolitique de la RDC, les élections ont suscité autant de réactions, de débats, de contestations, d’interrogations et de passion. Il est interpellant de relever l’approche, généralement simpliste, que beaucoup d’intervenants, analystes et commentateurs politiques, profanes ou spécialistes, abordent la question électorale congolaise. Une approche biaisée et basée sur le sophisme car elle part d’un postulat de base erroné ou mal posé pour amener le public, par un raisonnement en apparence valide, à une conclusion que l’on croit vraie aux fins d’induire l’opinion en erreur. Une telle démarche méthodologique est actuellement utilisée notamment par Mme Braeckman, ou par le ministre belge des affaires étrangères Mr. Reynders ou encore le ministre sortant de l’information et porte parole privé de Mr. Kabila, Mr. Mende, lorsqu’il s’agit d’interpréter faussement les rapports des missions  d’observation d’expert de l’UE ou du Centre Carter. Heureusement qu’à force des répliques, la majorité de l’opinion publique nationale et internationale ne se laisse plus distraire par ce conditionnement médiatique dicté par certaines officines de lobbying en collusion d'intérêts avec les prédateurs de la RDC. 


Depuis quelques jours, le débat politique semble se passionner autour de la participation ou non de l’opposition dans le Parlement. Nous assistons, comme souvent c’est le cas dans les fora congolais, à des analyses épidermiques et passionnelles voulant des solutions immédiates à une crise qui exige des réponses durables devant faire l’objet de bonnes réflexions, au-delà de l’émotions suscitée. D’une part, on a les partisans du radicalisme politique, qui prônent le boycott du mandat parlementaire par les élus de l’opposition. Pour ces défenseurs de la politique de la chaise vide, participer aux institutions relève du paradoxe car ils ne pourront rien changer de l’intérieur. Dès lors, tous ceux qui siégeront au Parlement seront traités de « collabo » car ils ont enfreint le mot d'ordre du président Tshisekedi annulant les législatives. D’autre part, nous retrouvons l’aile de ceux qui estiment que les élus de l’opposition doivent siéger au parlement car c’est cela qui correspond à la volonté du peuple qui s’est donné tant de peine à exprimer son choix pour le changement. « Cela ne signifie pas du tout que nous cautionnons des faussaires ou que nous acceptons l’inacceptable, nous serons là pour leur dire d’aller jouer ailleurs. Tant pis pour eux s'ils trouvent cela incompréhensible. Nous prendrons donc possession de notre Palais de la nation et continuerons à rejeter ces tricheurs.  (Njoli Bodjenga)


Cette analyse n'a pas pour prétention de jouer à l'arbitre qui doit trancher entre les deux positions qui valent chacune son pesant d’or. Elle s’efforce par contre d’avancer certaines prémisses de base devant éclairer l’opinion. Cela, afin d’éviter que le débat démocratique sur la « Démocratie » en RDC se réduise à une guerre des fondamentalistes où la pensée unique soit la seule plausible en cette période où le peuple voudrait que la crise actuelle aboutisse à une solution efficace et durable. C’est ça aussi l’exercice de l’apprentissage de la Démocratie, celle de comprendre, d’apprécier et d’opter librement des choix sans vouloir imposer aux autres sa vision subjective du monde. Je suis conscient que cette question, compte tenu des frustrations et de la passion qu’elle suscite, est à la fois très sensible et délicate à traiter. Néanmoins, je prends ce risque de l’aborder tout respectant les points de vue contraires au mien, pour autant que cela nous permette d’avancer concrètement sur les voies de changement.

 
 La question principale qui est posée est de savoir si l'opposition doit ou non entrer au Parlement ? Vouloir répondre directement à cette question sans comprendre et cerner certains préalables me semble une approche méthodologique erronée. En effet, c’est  mettre la charrue avant les bœufs. 

C’est pourquoi, il semble méthodologiquement pertinent de rappeler dans un premier temps la fonction des trois pouvoirs constitutionnels et les principes de base qui fondent une démocratie dans un Etat de Droit idéal. Il s'agira par la suite d'examiner brièvement si la RDC est un Etat réellement démocratique. Pour rappel, j’ai consacré un article en novembre 2011 sur ce sujet, sous le titre : « La IIIème République congolaise, une démocratie escamotée ». L'idée est de jeter un cadre conceptuel méthodologique de réflexion, basé sur la neutralité axiologique. Cela devra servir de référence à toute tentative de réponse à la question fondamentale posée dans cette analyse. 


Ce qui éviterait de tomber dans le simplisme binaire qui veut que tel camp soit traité de « collabo » parce qu’ayant opté pour une voie contraire à une certaine opinion qui se veut dominante. Alors que la politique, comme les autres sciences sociales et humaines, obéit à certains principes méthodologiques et épistémologiques qui fondent certaines de ses théories scientifiquement admises. Le malheur pour le Congo est que souvent, la passion prend le dessus sur la raison et fait que tout le monde s’est émotionnellement autoproclamé spécialiste en Politique, comme pour la musique ou le sport ou encore la religion. 

A cette passion émotionnelle, vient s’ajouter le fanatisme, ainsi le tour est joué. Il n’est dès lors pas étonnant que certains « pseudo » théoriciens, en l’absence d’arguments rationnels et objectifs, préfèrent opter la voie radicale du dogmatisme idéologique, excluant tout débat démocratique, pour imposer leurs points de vue. Et lorsque cela se fait avec un peuple dont la particularité est de se dire bibliquement croyant. Alors à chaque fatwa qu’ils prononcent, pas de débat contradictoire possible, il faut juste se mettre au pas et dire amen ! Ainsi ce peuple continuera de périr faute de connaissance ! Or la connaissance mène à la Vérité et c’est cette Vérité qui rendra le Peuple Libre, dit toujours leur Bible de référence.

 
Les piliers de la démocratie

La « Démocratie », qu’est ce à dire ? 

L’article 1er de la Constitution de la RDC stipule que : « La République Démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc ». Au 18ème siècle, les philosophes et notamment Rousseau définissent la "République" comme « tout Etat régit par des lois » par opposition à la tyrannie et à la dictature. Aujourd’hui, la République se définit comme « une forme de gouvernement où le pouvoir et la puissance ne sont pas détenus par un seul individu, et dans lequel le chef de l’Etat n’est pas héréditaire ». Le Congo se dit être une République Démocratique. 

Ainsi, selon Abraham Lincoln, la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. La démocratie qui se définit comme « l’organisation politique dans laquelle l’ensemble des citoyens exerce la souveraineté » a été inventée il ya 2500 ans, à Athènes dans la Grèce Antique. C’est là qu’ont été posés les principes fondamentaux de la démocratie qui sont basés sur les trois pouvoirs constituant le socle d’une démocratie: L’Exécutif (en ce compris la Présidence), le Législatif et le Judiciaire. Ces trois pouvoirs devant fonctionner de façon indépendante, les uns des autres. A ces trois pouvoirs, viennent se greffer Les élections libres, transparentes et crédibles comme le ciment devant consolider l'échafaudage démocratique.
 
 Sans vouloir m'attarder sur les fonctions de ces trois pouvoirs, je peux relever que dans l’esprit de la Constitution congolaise promulguée en 2006, l’indépendance du parlement était la pierre angulaire de la IIIème République. Un point de vue défendu par le sénateur et le député élu, Henri Thomas Lokondo, qui commentant les résultats des législatives sur Radio Okapi avait déclaré que le Parlement est l’institution la plus importante dans une démocratie.
 
Qu’en est-il de la réalité « Démocratique » aujourd’hui en RDC?
 
Le drame avec la RDC et c’est là qu’une certaine opinion publique est induite en erreur est que le pouvoir sortant a escamoté la démocratie de toute sa substance. En effet, depuis 2006 (voire sous Mobutu), les rapports de force entre les trois pouvoirs constitutionnels sont sciemment déformés grâce à un mécanisme politique inique rendant asymétrique l'équilibre démocratique entre les trois pouvoirs constitutionnels. En effet, l’essentiel du pouvoir a été confisqué par le Président de la République (et ses différents cabinets occultes) et le Gouvernement auxquels sont assujettis les pouvoirs législatif et judiciaire. Au point qu’aux yeux de l’opinion publique, et c’est ici que s’ouvre le piège, l’on considère qu'exercer actuellement son mandat d'élu du peuple au sein du Parlement ou être magistrat dans l’ordre judiciaire c’est travailler pour Kabila. 

Dès lors, il est normal que ceux qui conçoivent ainsi l'exercice de ces pouvoirs soient convaincus que la participation des élus de l'opposition s'assimile au travail au service de Kabila ou tout au moins à la légitimation de son pouvoir acquis à la suite de la tricherie électorale. Ainsi se referme le piège. D'où l'option de la politique de la chaise vide qui soit pour ceux qui optent pour le boycott, la seule manière possible d’atteindre l’objectif de renverser le régime en place.
 
Le problème est que la plupart des congolais sont très peu informés sur les règles du jeu de la démocratie. Ils baignent dans un obscurantisme politique et un stéréotypisme réducteur qui obnubilent leur faculté de libre réflexion. On dit que les coutumes (ou habitudes) bousculent les lois. La RDC a créé durant les 50 ans de son Indépendance des coutumes (souvent émotionnelles, irrationnelles et manichéennes) qui, dans le comportement collectif des congolais, ont acquis force de loi universelle et dogmatique. 


Quid de la participation ou non de l’opposition aux institutions démocratiques?

 
Mentionnons ici pêle-mêle la valeur ajoutée ou les écueils de ces options en laissant au lecteur le loisir de faire la balance des avantages et inconvénients de chaque option. Ce qui lui laissera la liberté d’être convaincu sur le meilleur choix à faire par ces élus.
 
L’élection des membres de l’opposition au parlement, les prises de position de certaines personnalités politiques et les positions d’une certaine opinion publique mettent ces élus dans l’embarras. Une partie de l’opinion publique exige que ces élus doivent rester en dehors des institutions. Cela au motif que leur participation au Parlement consacrerait la légitimation de Mr. Kabila et contribuerait à renforcer son régime autocratique car rien ne changerait au finish. Ils tiennent le fonctionnement de la législature sortante pour exemple.


 C’est le cas du compatriote Lwakale Mubengay BAFWA qui dans un échange intéressant sur le net écrivait:
Appeler ces faux les députés à aller siéger dans un parlement illégitime et dans les circonstances actuelles ce n'est pas du tout faire preuve de réflexion et encore beaucoup moins de réflexion politique. A-t-on déjà oublié comment la législature sortante avait commencé avec de pseudo parlementaires de l'opposition en force et comment vient-elle de se terminer avec tous les pouvoirs de l'Etat, du gouvernorat à la Cour Suprême de Justice, dans les mains des pions d'un seul et unique despote ? A moins que l'intelligence extraordinaire de Joseph Kabila justifie cette adhésion volontaire a son charisme et son leadership ! Sinon, émettre en public ce genre d'aberrations corrobore a détourner le combat de l'heure et ne peut être que condamnable. Et, dans les circonstances actuelles, c'est même une forme de trahison…
               
Une autre aile des partisans du Boycott prône le seul recours à la lutte armée contre le régime de Kinshasa, sans toutefois parvenir jusqu’à ce jour à proposer des alternatives crédibles et efficaces pour réellement renverser la situation sur le terrain. Certes, pareille option a l’avantage d’être privilégiée si tous les moyens d'actions étaient en leur disposition et que les conditions favorables étaient réunies pour leur permettre de passer à l’acte. 

Peut-on dire qu’actuellement cette option présente matériellement plus de chance d’aboutir ? Quelles actions concrètes, réalistes et efficaces proposent-t-ils, en dehors du simple boycott, pour renverser le régime frauduleux en place ? Quelles ressources matérielles et humaines disposent-ils réellement  sur le terrain ou sont ils en mesure de disponibiliser pour atteindre cette finalité ? C'est la réponse à ces questions qui pourraient déterminer les enjeux de cette option.
 
Néanmoins, il sied de saluer et de reconnaitre le travail indéniable d'éveil et de conscientisation patriotique effectué par certains partisans du boycott. C’est le cas du mouvement Apareco. La question à se poser est de savoir si l’option envisagée par cette voie doit constituer l'UNIQUE piste de solution EXCLUSIVE pour changer les choses et restaurer la démocratie en RDC. Cela fait 15 ans qu’on a promis au peuple l’imminence de sa libération, qu’en est-il en réalité ? 

Sinon de constater que plus on abandonne l'espace politique et militaire au régime de Kabila plus il l’occupe et y consolide son pouvoir et ses milices, en même temps qu'il poursuit l'entreprise de la paupérisation de la RDC avec ses alliés. C'est le cas de ce qui se passe actuellement au Rwanda avec les FDLR qui ont abandonné le terrain politique et militaire à Kagame qui en a profité pour verrouiller politiquement et militairement le Rwanda. Près de 18 ans après, les FDLR sont incapables de récupérer même un lopin de terre au nouveau roi des mille collines, alors qu'elles se trouvent à quelques encablures de Gisenyi. Elles ont fini par se marginaliser en revoyant leurs prétentions à la baisse. 

Qu'en est-il de la libération militaire de la RDC promise, au départ de Paris ou de Bruxelles pendant que la kabilie déploie sa métastase politique et militaire avec l'assistance du Rwanda voisin? Ainsi, si l'on est certain que la politique du boycott privilégiée par certains et la libération armée promise depuis 1997 pourront effectivement renverser la situation actuelle d'usurpation de pouvoir, alors autant ne pas siéger au Parlement.
 
A l’opposé, les partisans de la participation au parlement estiment que les élus du peuple doivent leur élection, nonobstant les graves irrégularités, à la détermination et à la volonté du peuple Congolais à qui ils doivent rendre compte de l’exercice de leur fonction. Leur complicité avec ce Peuple, seul souverain primaire, et non avec Kabila, doit être infaillible car c'est le peuple qui les a élus, c'est lui qui leur renouvèlera sa confiance. D’autre part, ils avancent que s’il y a des doutes quant a l’issue des actions en cours, ne vaut pas mieux avoir des perturbateurs a l’intérieur du système? 

Certes, ils ne se donnent pas pour objectif immédiat de renverser le régime de Kabila car ils ne pèseront sans doute pas dans la balance politique. Mais avec une bonne vision et des convictions politiques, ils seront la voix officielle pour dénoncer les dérives du régime. Leur présence au parlement pourrait servir d'alerte (et non de rempart car étant très minoritaire) contre la mugabétisation ou la wadénisation de Mr. Kabila. Cela pourrait toujours servir, disent-ils. Ce qui semble toutefois loin d’être acquis au vu du spectacle que nous a livré les députés sortants, notamment ceux de l’opposition.
 
Pour ces personnes, il n’y a pas d’incompatibilité entre la participation aux institutions républicaines et les revendications légitimes de l’opposition politique congolaise à ce que la vérité des urnes quant aux résultats des élections présidentielles et législatives (là où subsiste encore des cas de fraude) soit connue. Ils pourront saisir l'opportunité  que leur offre la tribune de l'assemblée nationale pour continuer d'y mener ce combat.  

En effet, pour cette aile, rien n’empêche les élus de siéger au parlement tout en continuant le combat de la vérité des urnes tant pour les résultats des présidentielles que celles des législatives. Selon eux, c’est une question de pragmatisme politique qui allie l’idéalisme au réalisme. L’idéalisme pur reste utopique et le réalisme brut a souvent profité aux intérêts égoïstes subjectifs qui n'ont jamais servi l'intérêt général. 


C’est le cas du compatriote Kiantede Nzogu qui dans ce même échange sur le net avec Mr. Bafwa écrivait: « les députés élus siégeraient dans l'enceinte d'un Parlement qui, après tout, n'est pas la propriété des imposteurs mais le bien commun de tous les Congolais. Ces députés iraient également porter les voix de la dissidence et d'une constante demande de démocratie et de bonne gouvernance dans ce lieu sacré parasité par des inciviques ». (…) 
Le défi pour l'UDPS, poursuit-il, sera de coordonner les actions patriotiques du Président Etienne Tshisekedi, et la présence perturbatrice de ses députés (NDLR au parlement), ET DE TOUS LEURS ALLIES, dans l'enceinte du Parlement national - qui est, je le rappelle, notre propriété commune, et que nous ne devrions pas laisser aux seuls imposteurs kabilistes ! ».
 
Les défenseurs de cette option pensent que ce discours d’exclusion aux institutions serait politiquement orienté par certaines officines politiciennes autour de la famille politique de Mr. Kabila. Ainsi comme l’exprime Mr. Kiantede Nzogu: « Il ne faut pas succomber au sophisme des partisans de la dictature kabiliste, qui tendent à maintenir la réflexion politique congolais dans un simplisme manichéen. Cela les réjouirait que les députés de l'UDPS ET ALLIES entrent en opposition frontale avec leur Président (Tshisekedi) et soient "récupérés" par le système qui opprime les populations qu'ils sont censés représenter ». 

La stratégie d'occupation du terrain sur tous les fronts: la guerre politique totale


La politique étant quelque chose de dynamique à la fois contextuelle et interactionnelle, elle nécessite d’être envisagée et pratiquée dans sa globalité et non de façon ponctuelle. D’autant que le pouvoir, dit-on a horreur du vide et les événements actuels tendent à le confirmer. Un Tshisekedi hors des élections en 2006 a éprouvé des difficultés de rassembler massivement autour de sa cause que le Tshisekedi se rangeant dans la logique institutionnelle en 2011, victime de la tricherie électorale organisée par le régime de Kabila en connivence avec la CENI et la CSJ. 

A quelque chose malheur est bon dit-on, cette tricherie a été l'occasion de secouer la fibre patriotique des congolais de partout. Ainsi, par la victoire volée par Kabila, Tshisekedi qui a voulu s’inscrire dans la logique institutionnelle, et non le boycott, est parvenu à bien canaliser et cristalliser la frustration générale ressentie par une majorité de la population convaincue que les élections lui ont été volées. 

En effet, c'est lorsque le lider maximo a décidé de jouer le jeu des élections (qu'on savait très difficile pour des raisons évidentes de fraudes planifiées) que le Peuple s'est senti revigoré en se mobilisant comme un seul homme derrière lui, à l'intérieur comme à l’extérieur de la RDC. S'il avait opté de rester à l'écart du processus électoral comme en 2006, on n'aurait sans doute pas connu cette explosion de la diaspora congolaise. Cette dernière, exaspérée, a saisi l'occasion de la tricherie électorale ayant mis à nu la nature faussaire du régime Kabila pour exprimer le ras-le-bol congolais et la détermination de tout un peuple à se battre par tous les moyens jusqu'au bout. 

Aurait-on connu le même déferlement de contestations et d’agitations tout azimuts s’il avait opté pour la politique de la chaise vide ? Les diplomates chevronnés sont mieux placés pour répondre à cette question. En politique, dit-on, le pouvoir ne se donne pas mais se conquiert et chaque portion de pouvoir conquis mérite d’être jalousement conservé en attendant d’en conquérir d’autres. 

 
En effet, dans un système démocratique, les députés qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, en leur qualité d’élus du Peuple pour le Peuple et non au service de Mr. Kabila, leur présence à l’assemblée nationale devrait plutôt être celle d’éviter que leur institution se réduise à une caisse de résonance de l’envi du Président. C'est là que le Peuple souverain primaire doit faire pression pour que leurs élus soient leur porte-voix au parlement. 

En effet, la Constitution leur confère un pouvoir effectif d’agir en toute indépendance au sein du parlement afin d’exercer un pouvoir de contrôle réel sur l’action gouvernementale et la politique menée. Boycotter le Parlement reviendrait à accentuer la consolidation de l’autocratie présidentielle et à consacrer le fonctionnement d’une démocratie escamotée qui encourage le dysfonctionnement structurel de l’Etat congolais, déjà défaillant dans son essence, sa structure, sa fonction, ses attributs et ses finalités. C’est agir par omission tout en se privant de la possibilité, si infime soit elle, de faire que le Parlement ne devienne l’antichambre du pouvoir exécutif.

Même s’il faut rester lucide que le travail dans un Parlement qui ne reflète pas la volonté du peuple sera phagocyté par le régime immoral et impopulaire de Kabila, il ne faut surtout pas succomber dans le piège de laisser un boulevard à Kabila. La minorité des élus de l'opposition peut profiter de la tribune du Palais du peuple pour continuer à dénoncer l'illégitimité de Mr. Kabila et les vices de son régime qui maintient la population dans les conditions infrahumaines. 

Même s'ils ne sont pas parvenus à renverser le régime, le travail parlementaire abattu par les députés Clément Kanku wa Tshibwabwa, Jean-Claude Vuemba, Emery Okundji, Ne Muanda Nsemi ou encore Gilbert Kiakwama ont permis un tant soit peu d'éclairer l'opinion publique sur la gestion opaque et chaotique de la chose publique par le régime de Kabila. C’est aussi le cas d’Eugène Kabongo Ngoy du MLC qui vient de doter la RDC d’une excellente loi sur le sport. Ils l'ont si bien fait que les électeurs leur ont renouvelé leur confiance, malgré les irrégularités. Pensons un instant si l’UDPS avait un représentant au sein de la CENI, disent-ils ?

 
Selon les partisans de cette stratégie intégrale et intégrée de lutte politique, il n'y a pas d'incompatibilité pour les élus de l’opposition de siéger au parlement qui n’est pas une propriété privée de Kabila. Ils doivent plutôt saisir cette opportunité pour poursuivre et intensifier le combat en faveur de la vérité des urnes. Ils doivent développer des stratégies politiques, législatives et diplomatiques dues à leurs fonctions pour y parvenir. 

Le combat à mener doit en même temps être extra-institutionnelle ou même, s’il le faut, non politique au regard des moyens prévus de l’article 64 de la constitution qui confère à tout congolais « le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles. » 

Ces trois formes d’opposition: la lutte politique extra-institutionnelle, la résistance armée, les pressions diplomatiques et la logique institutionnelle peuvent cohabiter et être simultanément menées sans se télescoper. Elles présentent l'avantage de contrer le régime Kabila sur plusieurs fronts à la fois.

 
Exemples d’échecs des politiques radicales et de réussites des politiques hybrides


Au travers l’histoire des relations internationales, la politique radicale dite de la chaise vide s’est souvent montrée contreproductive un peu partout dans le monde. Privilégier exclusivement le combat politique hors des institutions serait-il plus payant efficace pour renverser le régime en place? A ce jour, peu d'exemples à ma connaissance ont confirmé cette stratégie. Rappelons-nous de Yasser Arafat qui a longtemps opté pour le radicalisme et l'extrémisme politique contre l’occupation juive en Palestine sans atteindre ses objectifs.

Mais, dès l’instant où il a compris d’intégrer dans son combat les dimensions politiques institutionnelles et diplomatiques, il n’a pas attendu une décennie pour entrer dans l’Histoire de la Palestine et se voir même décerner le prix Nobel de la Paix. Les politiques extrémistes ont souvent conduit à une certaine implosion : c'est le cas d'Adolf Hitler et le IIIème Reich allemand. Il en est de même de l’ex-URSS qui a accouché d'une Russie difficile de se (re)constituer des cendres de l’idéologie communiste utopique. 

Il en est de même du modèle économique capitaliste radical, basé sur l’ultralibéralisme qui, en poussant à outrance son extrémisme, a conduit à un bouleversement économique et financier sans précédent au point  de mettre quasi à genoux le système financier et économique des pays occidentaux. 


Par contre des pays qui, à un moment de leur évolution, ont adopté une ligne politique rigide et fermée. Mais ils ont compris par la suite qu’il fallait doser leur radicalisme utopique avec un peu de réalisme, sont actuellement en train de tirer profit de ce savant alliage pragmatique. C’est le cas de la Chine, jadis ultra communiste, qui réussit plutôt bien le mariage entre communisme politique et le libéralisme (contrôlé) économique, au point de voler la vedette à la Russie ex bastion du communisme et aux Etats-Unis la référence mondiale du capitalisme ultralibéral. Aux Etats-Unis Malcolm X et Martin Luther King ont opté, sans se taper dessus, des voies opposées pour lutter contre la politique de ségrégation raciale. Barack Obama en est le résultat.
 
Une autre illustration concerne le renversement du maréchal Mobutu. S'il a été chassé du Zaïre, ce n'est pas le seul fait de la rébellion opportuniste de LD Kabila. Mais bien la convergence de la lutte institutionnelle et extra-institutionnelle initiée par le groupe des "Treize Parlementaires" à l'intérieur des structures du MPR dès 1979. Cette défiance politique, que certains pensaient perdus d'avance, mais repris par l'Union Sacrée conduite Etienne Tshisekedi, L'Eglise catholique et la société civile a fini par affaiblir le régime de Mobutu. Ainsi, LD Kabila dans sa conquête de la RDC, a bénéficié de la faible résistance des FAZ acquises au changement et du soutien de la population lassée par le régime de Mobutu rendu décadent et fantôme grâce à la résistance politique intérieure. Un travail de pourrissement du terrain, orchestré par la bande à « L'enfant terrible » de l'Union Sacrée, Olenghankoy, sans lequel le Mzee aurait éprouvé d’énormes difficultés à mener une guerre éclair contre le Zaïre. 


Comme contre-exemples, on peut relever les tentatives de renversement du régime Mobutu par les deux guerres de Shaba (non soutenues par la population ni par une opposition politique institutionnelle intérieure, active et populaire). Tout comme des deux guerres de Moba qui ont vu les combattants de LD Kabila détaler devant la puissance de feu des hommes du général Mukobo Mundende, qui explosèrent ses maquis de Fizi et Baraka en le repoussant vers la Tanzanie où il devint trafiquant jusqu'au jour où Kagame lui a redonné un second souffle politique.

 
Conclusions

Le combat du président Tshisekedi a eu pour mérite d’ouvrir la RDC au pluralisme politique et à la logique démocratique. Deux « acquis » qui ne pourront plus être transigés, même si le chemin semble encore parsemé d’épines. En dépit des manœuvres politiciennes iniques qui tendent à l’obstruer, ce combat mérite d'être continué par toutes les voies possibles constitutionnelles. Cela, sous ses différentes variantes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

 
Il est temps que les congolais finissent avec une vision politique réactive, sensori-émotionnelle et spontanée qui épuise leurs forces sous le choc de l'actualité puis plus rien. Nous devons apprendre à analyser sereinement à froid la situation pour déceler où se situent réellement les vraies menaces, les forces et les faiblesses de l'adversaire. Il faudra ensuite évaluer nos capacités et nos moyens réels d'actions pour établir par la suite les stratégies (politique? Diplomatique ? militaire? autre?) appropriées devant nous permettre de renverser la situation sur le terrain. Ce n'est pas surtout sur internet ou en postant des vidéos où nous dévoilons tous nos plans et nos stratégies (pour amuser la galerie) que nous y arriverons. Encore moins en jouant le jeu de Kabila qui, après avoir induit l’opposition en erreur en période préélectorale où l’opposition s’est entretuée et s’est trompée d’adversaire jusqu’à la veille des élections par une guéguerre ridicule : Fatima contre Sulutani. 


Voici maintenant le régime Kabila venir avec une autre stratégie visant à détourner l’attention du peuple du hold up électoral en semant la confusion pour endormir de nouveau les opposants, les combattants et les résistants. Ces derniers, plutôt que cibler qui sont les vrais ennemis du peuple, passent à nouveau leur temps à se traiter mutuellement de traites, collabos. Entretemps, aucune solution d’alternative crédible et efficace n’est proposée, ni mise en œuvre sur le terrain pour permettre au Peuple de reconquérir son élection volée. Cela, afin d’empêcher Kabila, le « Fantômas » déjà absent du pouvoir à Kinshasa, depuis sa prestation de serment, de gouverner la RDC par procuration. Et la kabilie en profite pour consolider son pouvoir politique et militaire jusqu’au jour où le coq aura chanté à trois reprises.

 
Le défi commun de tous les Combattants de la libération du Congo, des Patriotes et des Résistants congolais est de coordonner et converger leurs actions multiformes. Les uns à l'extérieur, les autres à l'intérieur du pays; les uns hors des institutions et les autres au sein des institutions de la République qui n'appartiennent pas à Kabila; les uns dans la capitale et les grandes villes, et les  autres dans l'arrière-pays de sorte à ne laisser de côté aucune piste, si infime soit-elle. C'est la résultante de la sommation de ces actions multiples que viendra sans doute la libération du Congo. A moins qu’on me prouve le contraire. Non avec des paroles et des fatwas, mais bien avec des pistes d’actions réalistes et concrètes.

 
 Jean-Jacques Wondo
Analyste politique freelance
Wed, 2/15/12, Paly wondo

La présente réflexion peut-être consultée sur www.congoforum.be dans la rubrique Analyse et Réflexion ou en ouvrant le lien: http://www.congoforum.be/upldocs/RDC.Oppos...pdf


De : Kiantede Nzogu                                          Mercredi 15 février 2012 19h06

Cher compatriote Paly Wondo,

Bonsoir !

Votre réflexion politique en fichier joint est d'une grande richesse.

La culture politique congolaise devrait être enrichie par de telles contributions, qui jettent une lumière bienvenue sur une situation délicate et une problématique urgente.

Il serait même utile, si vous en avez l'opportunité et les moyens, de compléter par des données chiffrées et d'autres exemples, et puis de l'éditer sous forme de brochure imprimée (livre avec numéro ISBN). Je serai un acheteur. Comme beaucoup d'autres, j’en suis sûr!

Courage et salutations patriotiques!

Nzogu bin Kyantede P R



vendredi 10 février 2012

DIX réponses à Marie-France Cros de La Libre Belgique: “Le processus électoral est une catastrophe”



Vansevenant Jan dit :

Peuple congolais,

Vous avez tout fait pour qu’on vous écoute!
Vous l’avez fait dignement,
Vous l’avez fait pacifiquement,
Vous l’avez fait démocratiquement, comme on vous l’a demandé !!

Mais, personne ne vous a écouté !
Personne ne veut voir vos misères,
Personne ne veut voir vos larmes,
Personne ne veut voir votre désarroi !

N’attendez rien de personne,
Ni de vos dirigeants,
Ni de la Communauté Internationale,
Et encore moins de l’ancienne Métropole !!

Plus de six millions de morts !
Vos femmes et filles violées !
Des générations de jeunes sacrifiées !
Vos hommes animalisés !
Vos droits bafoués !
Votre pays vendu !

Que pouvez-vous encore espérer ?
Que pouvez-vous encore faire ?
Quel est l’avenir de vos enfants ?

Debout Congolais !
Brandissez !
Personne ne le fera à votre place !
Ecrasez l’injustice !
Prenez votre sort en mains et ne reculez pour personne !
La volonté écrasera le mal !

Vos enfants vous en seront reconnaissants !


Vansevenant Jan, 
Un ami du Congo, 10 février 2012 à 20:42


jeudi 12 janvier 2012

Lettre d’indignation à l’attention de Madame Colette Braeckman

See full size imageJournaliste et bloggeuse au quotidien Le Soir - Rue Royale, 100 - 1000 Bruxelles

Aucun peuple des pays des Démocraties Occidentales n’admettrait et encore moins ne cautionnerait des élections aussi grossièrement truquées qu’en RDC ainsi que l’imposition par la force armée des résultats électoraux.
Abraham Lincoln disait que la Démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Cette notion de démocratie ne doit pas changer de connotation selon le continent où l’on se trouve. Ainsi ce qui est désigné comme Démocratie en Europe doit également revêtir la même signification en RDC. Le peuple congolais ne veut pas d’une démocratie de pacotille bradée, tronquée, et vidée de toute sa substance. A moins que vous pensiez comme beaucoup d’autres que la Démocratie ne convient pas aux noirs africains car c’est un luxe réservé aux nations blanches de l’Europe et de l’Amérique.


Face aux massacres des populations civiles, à la répression brutale des manifestants, aux viols des femmes, des hommes et des personnes vulnérables de la société congolaise et aux mutilations féminines – la communauté internationale affiche contre toute attente un silence assourdissant. Cependant, la même communauté internationale remue curieusement ciel et terre pour sauver quelques bonobos. Les bonobos auraient ils plus d’importance que les populations congolaises ?
Madame la journaliste,
C’est en notre qualité des Belges d’origine Congolaise, des Congolais vivant en Belgique et des Belges amis du Congo que nous vous adressons la présente lettre de profonde indignation. Une virulente réprobation contre la manière tendancieuse, insidieuse et manipulatrice dont vous vous servez de votre plume afin de tronquer et déformer l’actualité politique congolaise, dans le dessein sans doute de conditionner l’opinion publique belge et internationale et l’induire en erreur sur la réalité et la vérité des élections présidentielles et législatives du 28 novembre.
Les congolais revendiquent légitimement le respect de l’expression de leur volonté exprimée à travers les urnes. Ils ne demandent à tout démocrate qu’objectivité, neutralité et solidarité. Les élections ont eu lieu en RDC, le peuple a sanctionné le pouvoir sortant selon vos écrits. Néanmoins, il y a eu fraude et tricherie. Il faut tout simplement appliquer la loi comme cela se passe dans toute Démocratie digne d’un Etat de droit.
L’Eglise catholique vient encore de monter au créneau pour fustiger les faux résultats des élections présidentielles publiés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et confirmés par une Cour Suprême assujettie au président sortant Joseph Kabila. L’ONG congolaise la Voix des sans voix (VSV), que dirigeait Floribert Chebeya, lui a emboîté le pas en remettant clairement en cause les scrutins présidentiel et législatifs en ces termes : « Les dites élections n'ont pas été transparentes et par conséquent, non crédibles, au grand dam de la population congolaise désillusionnée par la boulimie du pouvoir de ses acteurs politiques ».
Nous nous insurgeons contre vos publications et déclarations présentées sous forme d’un lobbying en faveur du régime prédateur de Monsieur Kabila, qui traite avec des firmes et des groupes financiers indexés par les différents rapports des Nations Unies dans le pillage des ressources naturelles de la RDC. Certains d’entre eux sont établis en Belgique. A vous lire, l’on se demande si vous êtes désormais devenue l’alter ego du ministre congolais de l’information sortant - Monsieur Lambert Mende - au sein de la communauté internationale.


Madame, vous êtes mieux placée que quiconque en Belgique pour vous rendre compte que le peuple congolais s’est rendu aux urnes ce 28 novembre 2011 afin de renouveler l’assemblée nationale et aussi se choisir, librement, un nouveau chef d’état. En date du 29 novembre 2011 vous écriviez encore ceci: « La quatrième conclusion, sans préjuger du résultat arithmétique, c’est que les Congolais ont fait usage du plus élémentaire des droits démocratiques : ils ont sanctionné leurs élus. Puni les députés qui se sont votés des indemnités de 6000 dollars par mois en oubliant leurs électeurs. Congédié bien des arrogants qui croyaient qu’il leur suffirait de distribuer quelques T-shirts en dernière minute. Ils ont adressé un message sévère à un gouvernement – en principe de centre gauche !- qui a oublié le social et permis à la gangrène de la corruption de s’étendre. Dans de larges couches de la population, le discours de Tshisekedi a fait mouche. Pas seulement parce qu’il a tenu des propos démagogiques, parfois haineux et provocateurs, parfois ethnistes, promettant de renvoyer « le bonhomme » Kabila au Rwanda. Le vieux leader a fait mouche parce que, de manière plus incantatoire que chiffrée, il a promis le changement. L’opposant historique a su catalyser la colère des sans voix, des sans travail, des sans pain, des sans école ; il a bénéficié d’un vote-sanction dont la sévérité doit faire réfléchir tous ceux qui aspirent à garder ou à prendre le pouvoir. »
Pour une journaliste de votre rang, plutôt acquise au Kabilisme, vouloir rapporter à la face du monde à partir du Congo votre constat de la Vérité des Urnes, a constitué pour nous un signe de reconnaissance de cette détermination du Peuple Congolais d’opter pour l’alternance politique. Ce constat de vote sanction était unanimement manifeste non seulement dans le camp de l’opposition congolaise, mais surtout de celui de la majorité présidentielle. Tout cela, avant que la machine de fraude mise en place par Monsieur Kabila Kabila et ses proches collaborateurs, parmi lesquels Le président de l’Assemblée Nationale Mr. Evariste Boshab, le ministre de l’Intérieur Mr. Adolphe Lumanu et le président de la CENI Mr. Daniel Ngoy Mulunda ne viennent commettre le « hold up » électoral du début de ce siècle. Vous étiez la première à faire état de la désertion de l’état-major électoral du parti présidentiel, conscient de sa défaite, ainsi que du profil bas adopté par la majorité d’entr’eux dans les 48 heures qui ont suivi la tenue des élections.
Madame, quelle n’a pas été notre surprise, après la mise en place de cette machine falsificatrice des résultats électoraux par Mr. Kabila et les siens, de vous voir revenir avec un discours contredisant vos premiers propos tenus durant votre séjour au Congo où vous étiez une témoin privilégiée. C’est à croire que les informations que vous avez récoltées au départ de la Belgique devenaient bibliquement et théologiquement à l’image du pasteur président de la CENI, Mr. Mulunda, plus fiables que celles recueillies physiquement par vous durant votre séjour à Kinshasa ?
Occupant l’espace médiatique belge avec le même discours journalistique étonnamment identique, drillé et aussi cloné que celui du ministre Mende, qui tout comme ses partisans de la Majorité Présidentielle, avait au lendemain des élections lui aussi disparu des médias. Le même type de discours orienté, est tenu également par Madame Maryse Jacobs de la RTBF. La chaîne de télévision belge francophone qui a tenu à accorder un temps très honorable au même Lambert Mende. Celui-là même qui a accordé au candidat Joseph Kabila 86% de temps d’accès aux médias publics congolais contre 1% au candidat Tshisekedi et le reste aux 9 autres malheureux candidats. . Cfr le rapport de la Mission d’Observation Electorale de l’Union Européenne : MOE UE Le ministre Mende qui s’est imposé comme inquisiteur de la liberté de presse en RDC. Fallait-il encore que la Belgique francophone, en bon parrain, accorde à Mr Mende Lambert des heures supplémentaires d’accès aux médias au détriment de l’opposition congolaise comme si l’overdose médiatique en faveur de Kabila ne suffisait pas en RDC ?
Le journalisme est une profession tout aussi passionnante qu’exaltante. Le journaliste a pour fonction de rechercher, pour le public, des informations, de les vérifier, de les situer dans un contexte, de les hiérarchiser, de les mettre en forme. Les faits doivent être recueillis et rapportés avec impartialité. Il doit s’attacher avant tout à l’exactitude des faits, des actes, des propos qu’il révèle ou dont il rend compte. Bref, un vrai journaliste est celui qui rapporte les faits réels et poursuit la recherche de la vérité. Telles sont les exigences éthiques et déontologiques de la profession que vous exercez.
Madame Braeckman, permettez-nous de vous démontrer, par deux exemples, que votre manœuvre subtile ne vise qu’à déformer sciemment la vérité des urnes:
1°) Lors d’une émission communautaire africaine avec le journaliste Eric Nyindu, vous vous êtes permis de brandir un extrait du rapport du Centre Carter, qui curieusement autant pour vous et pour le Ministre belge des affaires étrangères Mr. Reynders, est devenu votre chapelet biblique électoral et argument de lobbying au profit de Mr. Kabila. Un passage du rapport sorti de son contexte pour le ramener comme une conclusion pour faire croire que l’écart supposé de 3 millions de voix entre Mr Kabila et le Président Tshisekedi, selon les résultats publiés par le président de la CENI, Ngoy Mulunda, est tellement grand que même en comptabilisant les bulletins de vote des centres de vote dont les résultats n’étaient pas compilés par la CENI, il était impossible au Président Tshisekedi de rattraper son retard par rapport à Mr. Kabila. A titre purement illustratif, nous vous renvoyons aux reportages du journaliste de la télévision belge flamande, Monsieu Peter Verlinden (« Les Kabilistes se taisent dans toutes les langues » ou « De gewone Congolees is weer een illusie armer » du 20/12/2011). Il sied, par ailleurs, de s’interroger à la lumière de ces reportages si vous êtes une journaliste au service de la vérité, de la justice et de la démocratie.
Pour revenir à votre argumentaire, force est de constater qu’il procède d’un raisonnement délibérément spécieux et de conditionnement médiatique et psychologique. C’est l’illustration même du sophisme politique visant à mettre l’opinion publique belge et internationale devant un « fait accompli ». Un stratagème journalistique dicté sans doute par des officines de lobbying en collusion d’intérêts maffieux avec le régime de Mr. Kabila et financées, grâce à l’argent sale issu de la prédation des richesses de la RDC par des multinationales sans scrupules. Lesquelles Multinationales sont impliquées, selon les rapports de l’ONU sur la RDC, aux crimes de guerre, aux viols et massacres des populations congolaises ; et, favorables au statu quo politico-financier corrompu à la tête de la RDC.


Admettre l’écart des trois millions de voix entre Mr Kabila et lePrésident Tshisekedi, c’est reconnaitre la véracité des résultats publiés par la CENI. Ce qui contredit les rapports des observateurs et experts qui ont presque unanimement relevé de graves irrégularités et fraudes massives dans leur retranscription vers le serveur central de CENI.
Pouvez-vous nous indiquer, Madame, sur base de quels éléments objectifs concrets fondez-vous votre arithmétique sur l’écart de 3 millions de voix entre Mr. Kabila et le Président Tshisekedi, tel que publié par Mr. Ngoy Mulunda ? Dans cette logique, que pensez-vous des éléments du rapport des experts de la MOE UE, travaillant dans un même espace géographique et socioprofessionnel que vous ? Des experts qui ont conclu au manque de crédibilité des résultats de la CENI et relevé des fraudes et de graves irrégularités dans tout le processus électoral. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » dixit cet auteur humaniste du 16è siècle, François Rabelais.
2°) Récemment, à la suite de la conférence de Presse qui a eu lieu à Bruxelles le jeudi 5 janvier 2012, vous vous êtes une fois de trop servie de votre plume dévastatrice pour traiter avec ironie , dans votre blog, Monsieur Félix Tshilombo Tshisekedi de « Fils de son père » malgré les précautions d’usage qu’il a prises pour expliquer à l’audience son apprentissage, son parcours et son combat politiques au sein de l’UDPS, - contrairement à Mr. Kabila, malgré ses 10 ans à la tête de la RDC, dont vous n’avez jamais, du moins à notre connaissance, osé mentionner son parcours de soldat et ses hauts faits d’armes. Par parallélisme des formes, la décence aurait voulu que vous insistassiez autant sur la filiation de Mr Kabila comme c’est le cas avec Mr Tshisekedi alors qu’il ne fait l’ombre d’aucun doute que celui-ci est bel et bien le fils de son père.
Dans ce même élan de conditionnement politico-médiatique inique au servicede celui qui en 5 ans a plus pillé et massacré la RDC plus q ue Mobutu en 32 ans, vous concluez en ces termes : « Il (Ndlr : Félix Tshisekedi) n’a pas évoqué le fait que M. Kabila avait déjà prêté serment et été reconnu sur le plan international ».
Vous avez ainsi posé le doigt sur l’absurdité quotidienne de votre ligne de conduite ainsi que de la politique étrangère de plusieurs pays du monde civilisé. Vous insinuez par là-même que puisque la communauté internationale a reconnu Mr. Kabila, le peuple congolais n’a qu’à se mettre au pas car les jeux sont déjà faits. Foulant ainsi au pied le principe universel de l’auto-détermination des peuples tel que reconnu aussi bien dans la Charte des Nations Unies que dans la Constitution congolaise.
Pour votre parfaite information, la légitimité d’un chef d’Etat, tout étant un fait relevant d’abord du droit interne, est en même temps une combinaison de la légitimité politique interne à laquelle vient symboliquement s’ajouter la reconnaissance internationale. En droit
international, il n’appartient pas aux pays étrangers fussent-ils de l’Union Européenne ou membres influents des Nations Unies de se substituer à la souveraineté du peuple congolais pour opérer, en lieu et place de ce dernier, le choix de son président et ses représentants. De quelle légitimité juridique ou politique peut encore se prévaloir Mr. Kabila dans un pays en pleine crise de la faillite profonde du droit et de la justice, reconnue par cette même communauté internationale que vous mettez en avant et où Kabila ne jouit plus d’aucune légitimité politique et populaire et est contraint de s’imposer manu militari ?
A vous lire ainsi, le Peuple Congolais et sa Diaspora se demande jusqu’à quand allez-vous continuer à l’importuner avec ce genre de propos provocateurs ?
Lorsque vous déclarez que Mr. Kabila a été reconnu par la communauté internationale, voulez-vous faire avaler aux congolais qui l’ont sanctionné par les urnes que la présence à sa fameuse prestation de serment de Mugabe (seul président de la communauté internationale à laquelle vous faites allusion) et des représentants de certains Etats comme le Burundi, la RCA, la Tanzanie ou l’Ouganda ou l’Angola), dont la réputation démocratique est tout autant exemplaire que la RDC de Kabila constitue un fait juridique, politique et diplomatique opposable à tous les Etats de la Communauté internationale ? Ou faites-vous allusion à la lettre ambigüe du Premier ministre belge, Elio Di Rupo, adressée à Mr. Kabila ? Une lettre qui suscite déjà des remous au sein de la classe politique belge.
Vous appuyez également sur l’arrêt rendu par la Cour Suprême de Justice (CSJ). En effet, quel crédit accorder à un arrêt rendu, dans un contentieux électoral aussi complexe, politiquement très sensible et émaillé de tant de frustrations, en une demi-journée ? Faut-il signaler que cet arrêt fut rendu de façon expéditive par une cour constitutionnelle faisant fonction, incapable d’assumer et d’exercer ses prérogatives constitutionnelles en toute indépendance. La Justice devrait être un socle de la démocratie et un pilier de l’Etat de Droit garantissant aux justiciables un traitement impartial et équitable des différends qui lui sont soumis pour examen.
Pour l’opinion congolaise et internationale, cette occasion manquée constituait un grand défi pour la Justice congolaise de saisir l’opportunité d’affirmer son savoir faire et surtout son indépendance en examinant en profondeur les exceptions soulevées par le candidat Vital Kamhere, président de l’UNC ainsi que les moyens avancés par ce dernier. Malheureusement, les résultats de la CENI sont passés comme une lettre à la poste auprès de cette Cour Suprême de Justice qui n’a eu qu’à apposer son sceau pour authentification.

Il convient de rappeler que, même en Belgique, votre pays où avait été introduite une procédure de justice pénale expéditive dite « Snelrecht »( =Justice rapide) pour des faits de vandalisme, d’incivisme ou de criminalité mineure afin de donner une réaction rapide à l’impunité, les tribunaux belges, pourtant dotés des ressources humaines, matérielles et logistiques adéquates ont été incapables de rendre correctement ce « snelrecht ». A la lumière de cette expérience inédite de la Cour Suprême de Justice, la Belgique devrait peut-être s’inspirer de l’expertise attestée des magistrats congolais en matière de procédure accélérée?

En tant que citoyenne membre de l’Union Européenne, quel sens donnez-vous encore à la justice congolaise lorsqu’en même temps le représentant de l’UE en RDC, Monsieur Richard Zinc, déclare ce qui suit à propos de cette même justice : « …Face à la misère et la pauvreté qui touche un grand nombre de Congolais, ’il faut surtout une justice responsable. Une justice qui est au service de la population… Une justice qui serait un support de la démocratie ».
Que dire, Madame Braeckman, des aveux de votre vice-Premier ministre et ministre des affaires étrangères qui a lui aussi avoué avoir été déçu par l’arrêt de la Cour Suprême de Justice, du fait que cette CSJ « n'ait pas usé de ses prérogatives pour un examen plus approfondi, critique et indépendant des résultats ». Le même son de cloche a été émis du côté américain où la Secrétaire d’Etat Hilary Clinton s’est dit « profondément déçue » de la validation des résultats par la CSJ, sans adresser de félicitations officielles à Kabila. Aussi le ministère français des Affaires étrangères a-t-il adopté un langage plus que réservé: La France "prend note des résultats définitifs de l'élection présidentielle en RDC" et appelle "tous les acteurs politiques congolais au calme et au dialogue".
Vous êtes mieux placée que nous pour interpréter toute la subtilité du langage diplomatique et différencier les nuances entre les notions de «prendre note», de «prendre acte» ou de « féliciter », qui ne revêtent pas le même poids de reconnaissance en relations internationales. En effet, prendre note revient à « retenir une information pour s’en souvenir» tandis que prendre acte signifie « retenir formellement une information, dans le but de pouvoir s’en prévaloir plus tard. Féliciter un élu, c’est ni plus ni moins reconnaitre explicitement son élection, l’approuver, le complimenter et l’applaudir. Ce que n’a même pas fait Mr. Di Rupo, si c’est à lui que vous vous référez, qui ne félicite d’ailleurs pas Mr. Kabila, mais bien le Peuple Congolais. Madame la journaliste, à votre décharge d’alléguer devant l’opinion les preuves objectivables de cette reconnaissance internationale que vous avancez insidieusement, outre la lettre du 1er ministre Belge datant du 03/01/2012.
Pour avoir soumis la population congolaise à la loi de la pénurie, à une paupérisation encore plus accrue, à l’insécurité permanente, à la tyrannie, à l’insécurité juridique et judiciaire Mr Kabila ne pouvait raisonnablement pas espérer être gratifié d’un autre mandat électif. Aucun pays du monde civilisé et de surcroît démocratique ne devrait s’afficher avec Mr Kabila qui n’est pas le choix du peuple congolais. Et vous le savez, car si votre bouche ne peut le prononcer pour des raisons évidentes, cependant votre conscience ne peut le nier.
C’est sur une note de deuil national pour des dizaines des compatriotes congolais qui viennent d’être tués par les FDLR dont une femme enceinte qui a été éventrée dans l’Est du Congo sous votre indifférence totale ainsi que celle de la communauté générale que le peuple congolais vous dit BRAVO pour ces belles leçons de démocratie que vous êtes en train de donner en soutenant les fraudeurs et les tricheurs et autres criminels de guerre.
Eh oui, les bonobos sont bien plus importants que les congolais.
Pour avoir été aux côtés du peuple congolais alors qu’il luttait contre le dictateur Mobutu, vous inspiriez la fierté, vous rendiez honneur à la catégorie des journalistes humanistes qui s’élèvent contre l’injustice, qui engagent leur plume pour le triomphe de la vérité. Vous avez eu une carrière professionnelle qui aux yeux des congolais aurait pu vous hisser au Panthéon des Vrais Amis du Congo mais dont la fin laisse aux congolais une image d’une journaliste complice des fossoyeurs du Congo, d’un dirigeant tricheur, voleur, faussaire et tueur de sa population, maintenu contre la volonté populaire à la tête de la RDC par une maffia politico-financière.

Au nom du Peuple Congolais, de sa diaspora et des Amis du Congo, nous tenons vivement que vous vous souveniez dans ce qui va rester encore de votre « Conscience », le jour de votre départ à la retraite professionnelle, de cette image que nous garderons définitivement de vous.
Fait à Bruxelles, le 12 janvier 2012

MADINDA Hélène, Consultante en communication
MUTAMBAYI Laurent, Juriste d’entreprise
WONDO Jean-Jacques, Officier diplômé de l’ERM, Criminologue et Politologue
SCHELFHOUT Els, Sénatrice Honoraire et Docteur en Sciences Sociales
VANSEVENANT Jan, Major d'Aviation e.r. - Ancien Attaché Militaire Adjoint près de l’Ambassade de la Belgique à Kinshasa