SAGA de SEM LM WALLE en DEUX ans sous COVID-19

Maître Louis-Marie, WALLE Lufungula, au deuxième tour, après celui du mercredi 10 avril 2019, que cet ancien magistrat du parquet de Grande Instance de Goma, devenait le troisième gouverneur élu de la Province mythique de la Tshopo. Il n'a pas laissé au Gouverneur sortant Constant LOMATA aucune chance pour se succéder à lui-même ! Dix-sept voix obtenues sur les 27 votants alors qu’au premier tour il avait eu sept voix, poursuivi par C. LOMATA qui en avait six.

Dans les rues "boyomaises sans FIL", c’était une liesse populaire : des cris de joie, des klaxons de taximen-motos retentissaient partout. Pour saluer l'arrivée à la tête de la TSHOPO, d'un digne fils, avec espoir « cette dernière va bientôt avoir une nouvelle ère pour son décollage et son développement », mais c'était sans compter avec la meute des sorciers et autres chiens enragés déterminés à faire descendre, par tous les l'apôtre et l'envoyé du Maitre pour le développement et la promotion de la Province.

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Pour rappel, Louis Marie Lofungola avait démissionné du PPRD pour se présenter en indépendant avec comme vice-Gouverneur, M. Maurice ABIBU Sakapela Bin Mungamba, ancien journaliste de la RTNC/Kisangani, grand défenseur du RCD/Goma à Kisangani, il fut ministre provincial en charge de l'Intérieur, Sécurité du premier gouverneur de Province M. Jean ILONGO Tokole, premier Gouverneur de la Tshopo issue de la province Orientale démembrée.

WALLE Lufungola, qui est-ce ? Juriste de formation, né à Yangambi un certain 25 juillet 1964. Il a fait ses humanités Latin Philo au Collège Maele à Kisangani, ses études de Droits à l’Université de Kinshasa. il fut nommé magistrat au parquet de Grande Instance de Goma. De là, il embrassa la carrière politique avec "l'avènement de conglomérat des opportunistes et aventuriers de l’AFDL" du Mzee Laurent Désiré KABILA. En 1996, à Kisangani, il fut nommé Premier Secrétaire Provincial de l'AFDL, fonction supposé à tort comme supérieur à celui du Gouverneur de Province ! Il quitta ses fonctions du Directeur Général du Journal Officiel de la RD Congo, avant de poser sa candidature au poste de Gouverneur de province. Marié et Père de cinq enfants, le troisième Gouverneur de la Tshopo, Louis marie WALLE Lufungola, conscient de l'envoutement voir du signe indien qui poursuit la TSHOPO depuis l'indépendance nationale, avec des guerres et tueries à répétition (rébellion 1964, mercenaires de tout bord, l'avènement des opportunistes et aventuriers de l'AFDL, qui confia la Province à DIEU (Jésus) en organisant une Prière Œcuménique à l'Esplanade de la poste de Kisangani.

Depuis lors, tous les sorciers et autres esprits malins s'acharnent contre lui avec des accusations mensongères. Mais le Maitre de l'Univers est toujours avec lui et malgré tout, il tient bon et ses compatriotes l'ont surnommé, "TCHUMA ya MOTO càd barre de fer chaud", qu'on ne serait tenir à mains courantes !

Malgré des complots ourdis des sorciers de tout acabit, Me LM WALLE L. résiste encore aux ouragans des motions à répétition qui secouent des Institutions Provinciales à travers la RD Congo ! Visé par une deuxième motion de censure signée par 14 élus sur les 28 députés de la province de Tshopo, WALLE Lufungula et toute son équipe gouvernementale ont pu saisir la COUR constitutionnelle et l'Assemblée provinciale notifiée, aurait dû ne pas aller jusqu'au bout, en votant leur motion de censure, initialement signé par 14 élus, ce sont 17 députés qui ont voté ladite motion, sans atteindre le quorum requis en pareille situation. Ayant constaté l'erreur, ils auraient établi un Procès-verbal en dehors de l'Assemblée Provinciale : "faux usage de faux"! Ainsi la Cour Constitutionnelle est saisie de toutes ces irrégularités.

Mais les prétendus connaisseurs de la chose juridique ne s'entendent pas sur la surséance de l'action (!), attendons l'Institution ayant qualité et autorité pour interpréter la LOI, la Cour Constitutionnelle. D'ici là, le combat cessa faute de combattants et les affidés de chaque camp se battent dans les réseaux sociaux.

Pourtant "Nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits " ! En effet, l’exécutif provincial est notamment accusé de "manque de vision claire de développement, des actions hasardeuses, à bâton rompu, clopin-clopant et clairement prédatrices, une gestion «opaque et calamiteuse» des finances publiques ainsi que le détournement de 2,5 millions de dollars américains....”

Absent à la fameuse séance où il était attendu pour répondre aux accusations contenues dans leur motion, SEM le Gouverneur WALLE, à travers une lettre adressée au bureau de cette assemblée, les invita à la sagesse afin d’éviter «une énième humiliation (!)». En effet, SEM le Gouverneur, Louis-Marie Walle Lufungula dénonce l’attitude des députés, qui reviennent sur un problème déjà tranché en sa faveur aussi bien par la cour d’appel que par la Cour constitutionnelle.

Evoquant le principe général de droit selon lequel "nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits", afin d'«éviter une énième humiliation à la population de la Tshopo par des actions irréfléchies et hasardeuses des députés provinciaux».

Wait and see ....jusqu'à la fin de la procédure devant la COUR constitutionnelle. Dans l'entre-temps, un général de la PNC qui a tenu imprudemment "la barre incandescent LMWL", en a eu pour son compte !


jeudi 12 janvier 2012

Message de l’Assemblée plénière extraordinaire de la CENCO aux fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais

LE PEUPLE CONGOLAIS A FAIM ET SOIF DE JUSTICE ET DE PAIX

Le courage de la vérité (cf. 2Cor7, 14)
 Message de l’Assemblée plénière extraordinaire de la CENCO aux fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais

Introduction


1. En ce début de l’année 2012, que Dieu bénisse le peuple congolais et qu’il le garde !
Qu’il lui montre un visage bienveillant et plein de grâce ! Que Dieu lui manifeste sa bonté et qu’il lui accorde la paix ! (cf. Nb 6, 24-26).


2. Réunis en Assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa du 09 au 11 janvier 2012, Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), avons, dans un travail concerté, analysé le rapport d’observation électorale menée par notre Eglise. Dans la prière et dans la foi en l’avenir heureux de notre pays, nous adressons ce message à nos fidèles et à l’ensemble du peuple congolais pour tirer des leçons du processus électoral en cours.


Acquis du processus électoral


3. Nous saluons la détermination de notre peuple qui, le 28 novembre 2011, a fait preuve de maturité et de civisme en se rendant nombreux aux urnes et parfois dans des conditions pénibles pour désigner souverainement ses gouvernants. Nous félicitons notre Gouvernement qui a réussi à financer en grande partie ces élections. Cela montre que nous pouvons réussir la construction de notre pays si nous y mettons les moyens et la bonne volonté. Nous ne saurions taire les efforts déployés par la CENI pour réussir, d’un point de vue logistique, le déploiement des matériels électoraux en bravant bien des défis dans notre vaste pays aux infrastructures de communications défectueuses. Nous félicitons également tous les observateurs et témoins électoraux qui ont consenti de multiples sacrifices pour remplir leur tâche.

Défaillances

4. Cependant, le traitement du fruit de ce travail a déçu plus d’un congolais. Dans notre message du 25 février 2011, intitulé « Année électorale :



Que devons-nous faire ? (Ac 2, 37) », nous souhaitions vivement que ces élections se déroulent dans la transparence, la vérité et la paix afin d’inscrire notre pays dans le registre des nations respectables et dignes[1].



Dans l’Appel du 3 décembre 2011, la CENCO, tout en rappelant qu’elle n’avait pas pour objectif de publier des résultats que, par ailleurs, sa mission d’observation électorale n’a pas, invitait le peuple congolais, les acteurs politiques et la CENI à s’en tenir impérativement à la vérité des urnes. Dans la Mise au point de son Secrétariat général, le 8 décembre 2011, la CENCO a relevé des éléments positifs du processus électoral mais aussi elle a épinglé des irrégularités et des faiblesses inquiétantes.


C’est dans cette même logique que, le 12 décembre 2011, s’inscrivait la Déclaration du Cardinal Archevêque de Kinshasa qui, au vu de ces irrégularités et faiblesses, a dénoncé la non conformité à la vérité et à la justice des résultats provisoires publiés par la CENI.



5. Aujourd’hui, il ressort du rapport final de la mission d’observation électorale de la CENCO et des témoignages recueillis de divers diocèses et d’autres sources que le processus électoral s’est déroulé, à beaucoup d’endroits, dans un climat chaotique. L’on a noté plusieurs défaillances, des cas de tricheries avérées et vraisemblablement planifiées, de nombreux incidents malheureux entraînant mort d’homme, des cafouillages, et, à certains endroits, un climat de terreur entretenu et exploité à dessein pour bourrer les urnes. Ce n’est pas tout.



Ce qui se passe présentement au niveau de la compilation des résultats des élections législatives est inacceptable.



C’est une honte pour notre pays.



6. Eu égard à ce qui précède, nous estimons que le processus électoral a été entaché de graves irrégularités qui remettent en question la crédibilité des résultats publiés.



Nous demandons aux organisateurs d’avoir le courage et l’honnêteté de tirer les conséquences qui s’imposent. Car, reconnaître ses erreurs est une preuve de grandeur.


Mais si l’on prend le risque de continuer à gouverner le pays par défi, les tensions intérieures plus ou moins maîtrisées à court terme culmineraient, tôt ou tard, dans une crise grave et difficile à dénouer.



Il est donc indiqué que dans une démarche inclusive, l’on privilégie la voie du dialogue pour l’intérêt supérieur de la nation congolaise.



C’est l’heure du courage de la vérité.



Notre mission prophétique



7. Fidèles à notre mission de guetteurs pour le peuple de Dieu (cf. Ez 3, 17), nous dégageons de ce processus plusieurs défis à relever pour l’avenir en vue de l’avènement d’un Etat de droit en RD Congo et pour le bien-être de sa population. Ce faisant, nous n’entendons pas prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Nous ne plaidons pas non plus pour un parti politique. Comme le recommande le Pape Benoît XVI, « l’Eglise ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’Etat, mais elle ne peut et ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice»[2].



C’est pourquoi, « dans son rôle prophétique, chaque fois que le peuple crie vers elle : «Veilleurs où en est la nuit » ? (Is 21, 11), l’Eglise désire être prête à rendre raison de l’espérance qu’elle porte en elle (cf. 1P 3, 15) car une aube nouvelle pointe à l’horizon (Ap 22, 5) »[3]. Et nous faisons nôtre cet appel du Pape Benoît XVI, « A cause du Christ et par fidélité à sa leçon de vie, notre Eglise se sent poussée à être présente là où l’humanité connaît la souffrance et à se faire l’écho du cri silencieux des innocents persécutés, ou des peuples dont des gouvernements hypothèquent le présent et l’avenir au nom d’intérêts personnels »[4].



8. A cet effet, nous ne nous lasserons pas de dénoncer tout ce qui met en péril l’édification d’un Etat démocratique. L’on ne construit pas un Etat de droit dans une culture de tricherie, de mensonge et de terreur, de militarisation et d’atteinte flagrante à la liberté d’expression. Si la démocratie est un pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, l’on doit respecter ce peuple.



Dans le contexte actuel, le peuple meurtri et frustré, assiste impuissant à un processus qui ne reflète toujours pas sa volonté et qui s’apparente par endroits à un arrangement entre certains acteurs politiques.



La paix dans la vérité



9. « L’Eglise a une mission de vérité à remplir, une mission impérative, c’est un service rendu à la vérité qui libère »



[5]. Le processus électoral devrait permettre la consolidation de la culture démocratique et la pacification du pays. Nous voulons la paix. Mais, celle-ci a des exigences auxquelles l’on ne saurait déroger, notamment la vérité, la justice et le respect du peuple. C’est au nom de la paix que l’Eglise ne cesse d’inviter les dirigeants congolais à la justice et à l’amour de la vérité.



De quelles valeurs en effet sera pétrie notre jeunesse si, à longueur de journée, on ne lui offre que le spectacle d’antivaleurs ?



Atteinte à l’intégrité et à la dignité des personnes

10. Dans ce contexte, nous condamnons la campagne orchestrée publiquement contre le Cardinal. Ce déferlement d’injures a choqué aussi bien les fidèles catholiques que d’autres personnes. Il atteste l’émergence d’une pensée unique qui tend à museler toute opinion contraire. De même, nous condamnons les insultes et les menaces à l’endroit du Président de la CENCO. Nous rappelons que le débat d’idées en démocratie n’autorise pas des attaques personnelles.

11. Nous ne pouvons pas nous taire devant ces dérives et bien d’autres que nous désapprouvons: des menaces physiques, des atteintes aux droits humains, des enlèvements et des intimidations, la confiscation des moyens publics de communication par une famille politique. A cause de leurs opinions, des Evêques, des ecclésiastiques et des paisibles citoyens ont été et restent encore victimes de ces menaces.



12. Nous invitons nos fidèles catholiques et le peuple congolais dans son ensemble à la non-violence car la violence appelle la violence. Elle engendre la destruction et la misère. En ce sens, nous demandons à nos compatriotes vivant à l’étranger, avec qui nous partageons le souci pour un Congo nouveau, et dont nous reconnaissons les sacrifices qu’ils endurent pour venir en aide à ceux qui sont au pays, de ne pas recourir à la violence et de trouver les voies pacifiques pour apporter leur contribution à la construction d’un Congo réellement démocratique. A l’exemple de notre divin Maître, nous devons répondre à la violence par l’amour (cf. Mt 5, 43-44).



Recommandations



13. Nous recommandons :

- Au Peuple congolais tout entier, de ne céder ni au pessimisme, ni au désespoir, ni à la violence, ni au tribalisme, ni à la xénophobie mais, de s’unir autour des valeurs chrétiennes et démocratiques de justice et de vérité, de croître dans la conscience de son unité nationale et de son pouvoir de souverain primaire afin de l’exercer en toute vigilance et dans la légalité ;

- Aux Acteurs politiques, de faire preuve de maturité politique, d’avoir la capacité de s’organiser pour assumer pleinement leur responsabilité; d’élever le débat politique en mettant fin à des injures et des mensonges et en se souciant de l’éducation civique de la population et de son bien-être;



- A l’Equipe actuelle de la CENI, d’avoir le courage de se remettre en question, de corriger impérativement les graves erreurs fustigées qui ont entamé la confiance de la population en cette institution, sinon de démissionner ;

- Au Parlement, de revoir de toute urgence la composition de la CENI qui ne jouit plus de la confiance de la population et d’y intégrer la représentation de la Société civile pour plus d’indépendance; en outre, de se réaliser que le peuple n’admettra aucune tentative de modifier les articles verrouillés de la Constitution ;

- Au Gouvernement, de tirer des leçons de cette débâcle électorale, de prévoir les moyens pour les élections à venir et de les libérer à temps pour un meilleur déroulement ; d’arrêter de puiser dans le trésor public pour des intérêts personnels et de prendre conscience que le peuple veut le changement;



- A la Police nationale et aux Forces armées, de faire preuve de professionnalisme, de protéger la population et surtout de ne pas obéir aux ordres injustes;



- A la Cour Suprême de Justice, de dire le droit en conscience et en toute indépendance dans le traitement des contentieux électoraux. Car, il en va de la crédibilité du Pouvoir judiciaire dans notre pays ;



- A la Communauté internationale, de privilégier l’intérêt du peuple congolais, de ne pas être complaisante, d’appuyer le peuple congolais dans sa recherche de la justice et de la paix et de le respecter dans son auto-détermination.

Conclusion



14. Notre pays traverse à l’heure actuelle un temps d’incertitude et d’angoisse. Notre foi en Dieu et notre confiance en l’homme, créé à l’image de Dieu, nous convainquent que cette incertitude et cette angoisse peuvent être dépassées moyennant un changement de cœur, de mentalité et de pratiques. Il faut l’amour du pays, la volonté de renoncer à des intérêts égoïstes pour rechercher, dans le dialogue, les voies pour bâtir la paix en RD Congo. Mais la paix que nous voulons, est celle qui trouve sa source dans la justice et l’amour de la vérité. Car, la paix des hommes qui s’obtient sans la justice est illusoire et éphémère. La justice des hommes qui ne prend pas sa source dans la réconciliation par la vérité de l’amour demeure inachevée. C’est l’amour et le courage de la vérité qui tracent le chemin de la justice et de la paix véritables, celle que nous voulons pour la RD Congo.


15. Que la prière de la Très Sainte Vierge Marie, Reine de la paix et Notre-Dame du Congo, dont le cœur est toujours orienté vers la volonté de Dieu, soutienne toute volonté de conversion, qu’elle consolide toute initiative de réconciliation, de dialogue et affermisse tout effort en faveur d’un Congo qui a faim et soif de justice et de paix.



Fait à Kinshasa, le 12 janvier 2012






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mercredi 21 décembre 2011

MESSAGE DES INTELLECTUELS KATANGAIS AUX CONGOLAIS


Nous, intellectuels katangais de la Diaspora euro-américaine ; convaincus de notre capacité critique et de notre indépendance d’esprit ; préoccupés par la crise politique postélectorale en RDC qui ternit l’image de tous les Katangaises et Katangais ; convaincus que la vérité peut libérer les consciences chargées et restaurer la confiance entre différentes ethnies congolaises ;

Publions la déclaration suivante :


1. Nous confirmons sur la base des informations venant de nos familles et de nos amis que les résultats de la présidentielle ont été manipulés pour donner la victoire à celui qui ne le méritait pas. La très grande majorité des Katangais se dissocie de la fraude et la dénonce par notre voix. En conséquence, nous invitons nos compatriotes à rejeter les résultats de la présidentielle et à ne pas ostraciser collectivement les Katangais ;


2. Nous confirmons qu’une Commission électorale parallèle dirigée par Katumba Mwanke et Kyungu wa Kumwanza a été mise en place depuis le 17 août 2011. Elle a siégé jour et nuit dans une résidence connue de tous près de la villa du docteur Ilunga Ndjoloko au quartier du Golf à Lubumbashi. Cette commission a géré au jour le jour plus de cinq millions de bulletins pré cochés au nom du candidat numéro 3. Elle les a distribués par avion jet aux gouverneurs des provinces. Pour avoir tenté de dénoncer l’existence de cette commission parallèle, monsieur Hubert Kamwila Nswana de Kowezi a été exécuté froidement sur ordre de Kyungu wa Kumwanza. Cet acte nous rappelle les autres meurtres commandités par le même individu : Steve Nyembo, Benoît Kyoni, Luc Lukonde, l’ambassadeur Sampassa, etc.


3. Nous dénonçons le leadership katangais unidimensionnel actuel représenté par Joseph Kabila, Katumba Mwanke, Masangu, Ngoy Mulunda et Kyungu wa Kumwanza. Ces individus sont à leur propre service, pas à celui de tous les Katangais. Nos compatriotes doivent en tenir compte dans leur jugement, souvent sans discernement, sur les Katangais. Comme tous les Congolais, les Katangais souffrent de manque d’électricité, d’eau potable, de nouvelles épidémies, d’absence de salaire, d’insécurité, de faim, etc.


4. Nous attirons l’attention de nos sœurs et frères kasaïens sur leurs propres responsabilités dans différents incidents qui émaillent nos relations depuis 1961. En effet, lors des récents incidents malheureux de Kamina, certains Kasaïens se sont plus à insulter les Katangais sans jamais s’en prendre aux leurs qui, par leur silence, participent au complot visant la déstabilisation des communautés katangaise et kasaïenne. Pourquoi le ministre de l’intérieur et de la sécurité, lui-même kasaïen, n’a pas condamné ces incidents ; pourquoi le secrétaire général du PPRD, parti au pouvoir, et président de l’Assemblée nationale, lui-même Kasaïen, n’a pas réagi ? Pourquoi, le rapporteur du Sénat et propriétaire du journal le Potentiel, lui-même kasaïen, n’a pas levé le petit doigt ? Sans excuser ces crimes de droit commun, nous pensons que le premier ennemi du Kasaïen et le Kasaïen lui-même. Nous, intellectuels katangais, avons le courage de dénoncer ceux qui prétendent être des nôtres, nos compatriotes kasaïens doivent faire de même contre Boshab, Lumanu, Mende, Pius Muabilu, Mutinga, Ngoyi Kasanji, Raymond Tshibanda qui sont les architectes des malheurs des Congolais, toutes provinces et ethnies confondues.


Pour l’amour de la RDC, nous avons ainsi dit et distribué la présente déclaration le 20 décembre 2011.


Léon Sandambi Kampeu, Luxembourg (Luxembourg)
Evariste Kinyama, Lille (France)
Bruno Sambwa, Rome (Italie)
Nsenga Mwenge, Bruxelles (Belgique)
Umba Fungwa, Lausanne (Suisse)
Oscar Kayumba, Munich (Allemagne)
Hilaire Yav, Montréal (Canada)
Gaston Kazembe, Washington (USA)
Louis Kandal Tshining, La Haye (Pays-Bas)
John Mulimbi, Londres (Grande Bretagne)

From: jpmbelu@yahoo.fr
Date: Wed, 21 Dec 2011 08:34:59 +0000
Subject: Déclarations des intellectuels katangais

RD Congo élections 2011 versus élections 2000 aux USA


"Lettre de Botuma à son frère EZA qui comparait abusivement l'élection contestée en 2011 du président J. Kabila, RD Congo, à celle de G.W. Bush en 2000 aux États-Unis d'Amérique".

Cher frère Eza,

En cherchant le sens profond de votre comparaison répétée entre les élections à la RD Congo, pays où la voix de chaque citoyen compte et mieux encore est garantie par la constitution, sauf si vous considérez que ceux qui ont organisé, planifié et exécuté la débâcle électorale actuelle, la tricherie à grande échelle, .... en constitue "le collège de grands électeurs" et les aux usa, "pays à déficit démocratique lié à son histoire dont le système électoral décentralisé et fragmenté n’a pas encore concrétisé tout un ensemble de principes démocratiques essentiels comme la souveraineté populaire, le fonctionnement majoritaire, des institutions électorales nationales, le suffrage universel et l’égalité face à la participation politique".

Ainsi donc contrairement aux États-Unis, en Rdc, le droit de vote est garanti par la Constitution, il y a une commission électorale nationale dont la tâche est de garantir l’impartialité des élections et de protéger le droit à la participation électorale. C'est la vérification du niveau de respect de ces règlements qui fait débat et permet aux uns et autres de "dire si oui ou non ces élections sont crédibles ou pas".

En 2000, George W. Bush a été proclamé président des États-Unis avec moins de voix que son adversaire, Al Gore ! Tout le monde le sait. Ancien gouverneur du Texas et fils du 41e président, G.W Bush est le 3e candidat à la présidence à accéder à la magistrature suprême des USA en étant minoritaire en voix. Le décompte des voix a été âprement controversé dans l’Etat de Floride. Autrement dit, “la majorité d’Américains n’a pas voté pour lui". A l’échelle du pays, le vice-président Gore a obtenu "plus de 500.000 voix d’avance sur Bush, et mis ensemble, Gore et Nader eurent 3 millions de voix de plus que lui.. La défaite des progressistes fut le résultat non pas du nombre, mais de la géographie, ainsi que de l’intervention contestable de la Cour Suprême qui arrêta, par 5 voix contre 4, le décompte des voix en Floride".

Selon votre logique comparative, vous semblez dire : "certes la majorité de congolais n'a pas voté pour le président sortant, mais la CENI et CSJ, à l'instar des responsables de l’assemblée de l’État de Floride, contrôlée par les Républicains (ici par la MP), qui déclarèrent que même si le nouveau décompte manuel donnait une majorité à Al Gore, l’assemblée désignerait elle-même les grands électeurs. Les responsables républicains de l'État de Floride laissaient entendre que le vote du peuple pouvait tout simplement être ignoré par l’assemblée de l'État, qui conservait le pouvoir « absolu » de désigner elle-même les grands électeurs". Pour les USA, le système le permet et non pour la RDC (la voix de chaque individu compte).


De peur de déplaire à notre jeune frère Pat , en étant assez long, j'invite ceux qui veulent/peuvent meubler leur tête par diverses sources de lecture pour comprendre, tant soit peu, le système de vote américain afin d'éviter de se laisser tomber dans le piège des comparaisons tendancieuses de lire à ce sujet l'article de Jamin Raskin disponible sur la toile intitulé : Du droit de vote en Amérique : Une république en lambeaux : la faiblesse de la démocratie politique aux États-Unis », En Temps Réel – CAHIER 17 – Octobre 2004.


La sagesse recommande qu'on se pose à certains moments de questions pour scripter un thème ou un sujet. A la question de savoir : "pourquoi Georges Bush est-il à la Maison-Blanche car la majorité des Américains n’a pas voté pour lui ? La réponse matinale du Lieutenant Général William Boyin, sous-secrétaire adjoint à la défense chargé du renseignement est sans équivoque: "il est à la Maison-Blanche parce que Dieu l’y a placé". Qui est Dieu dans le cas Rdc ? Attention "comparaison n'est pas raison".

Salutations patriotiques

Botuma Bosongo
Lisago, mardi 20 Décembre 2011 7h16

samedi 17 décembre 2011

La position de l’Eglise sur les résultats des élections 2011 rendus publics par la CENI « ne sont pas conformes à la vérité ni à la justice »


Déclaration du Bureau national du CALCC

CONSTAT

1. Le Bureau du Conseil National de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo suit avec une attention toute particulière l’évolution de la situation politique du pays depuis les élections du 28 novembre 2011. Quelques jours après la publication des résultats provisoires par la CENI, force est de constater que toutes les missions d’observation de ces élections ont relevé de « graves irrégularités ». A leur tour, la CENI, le Gouvernement et le Président de la République ont reconnu ces irrégularités et les justifient par « l’inexpérience de la jeune administration électorale ».

POSITION DE L’EGLISE

2. Dès les premières heures de l’annonce des résultats partiels, précisément le dimanche 4 décembre, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, CENCO, a attiré l’attention de la CENI sur sa manière de travailler. L’Eglise a exhorté la CENI à « s’en tenir impérativement à la vérité des urnes telle qu’exprimée et affichée au niveau des bureaux de vote ». Quatre jours plus tard, le 8 décembre, le Secrétariat général de la CENCO a récusé une interprétation forcée de la communication du Président de la CENCO qui voulait faire dire que « l’Eglise catholique était en accord avec les résultats de la CENI et le bon déroulement du scrutin ». Le 1er Secrétaire général adjoint de la CENCO a déclaré : « L’auteur de l’article, posté sur un site qui doit être celui de l’Ambassade de la RDC en Belgique, a fait un choix tendancieux allant jusqu’à déformer la vérité ». Au lendemain de la publication des résultats provisoires, soit le 12 décembre, Son Éminence Laurent Cardinal Monsengwo, Archevêque de Kinshasa, a conclu, après analyse, que les résultats rendus publics par la CENI « ne sont pas conformes à la vérité ni à la justice », priant les contestataires à ester en justice devant la Cour suprême.

3. En recommandant la voie judiciaire, nonobstant la réputation peu heureuse de notre système judiciaire, l’Eglise cherche non seulement à promouvoir le droit et le respect de la loi, mais aussi à éviter à la Nation les affres des manifestations publiques qui souvent dégénèrent en affrontement et provoquent la destruction des biens et des pertes en vies humaines. L’Eglise met ainsi les magistrats de la haute cour devant leurs propres responsabilités. Que chacun fasse son devoir en âme et conscience, dans la vérité et la justice. L’Eglise demande que « les cas de fraudes avérés soient sévèrement punis ».

4. Pour notre part, nous affirmons que les irrégularités observées et surtout la qualité des personnes impliquées dans ces actes posent un sérieux problème moral qui ne pourra pas être résolu par le système judiciaire. Comme disent les Romains : « fraus omnia corrumpit », la fraude corrompt tout. En toute objectivité, si nous aimons notre pays, nous devrions avoir le courage de réorganiser ce scrutin. A défaut de tout reprendre, nous espérons que la Cour suprême pourra ordonner l’annulation des résultats des circonscriptions électorales où l’on a signalé des irrégularités y compris les actes de violence ayant entraîné la perturbation du scrutin et qu’elle ordonnera des sanctions exemplaires contre tous ceux qui ont provoqué la violence et la fraude.

INDIGNATION.

5. Pour avoir clairement remis en cause la crédibilité des résultats provisoires publiés par la CENI, l’Archevêque de Kinshasa fait l’objet d’une campagne inacceptable, à la limite de l’insulte de la part du Gouvernement, de la Majorité présidentielle et alliées.

6. Depuis son élévation à la dignité cardinalice, lorsque l’Archevêque de Kinshasa prend parole et que sa parole indispose les gouvernants, on le traite de politicien qui divise au lieu d’être le pasteur qui rassemble. Pire, on lui dénie le droit de parler au nom de l’Eglise et même en tant que citoyen. Et, le langage utilisé pour lui répondre est dénué de tout égard. Même des cadres formés par l’Eglise, voire des personnes issues de famille catholique et qui se disent catholiques, ne s’entourent d’aucune précaution pour vilipender celui qui parmi les Evêques de la RDC est élevé en dignité.

LA VÉRITÉ RESTE VÉRITÉ.

7. Y a-t-il des personnes avisées qui ignorent les conditions dans lesquelles ont été organisées nos élections ? Pensons-nous qu’il n’existe pas dans ce pays des personnes équilibrées et qui ont une mémoire ? Pour ne pas remonter jusqu’au déluge, la Majorité Présidentielle est-elle vraiment convaincue que les élites de la Nation n’ont rien vu ? De la révision de la Constitution à la compilation des résultats, l’organisation de ces élections était parfaitement cafouilleuse, à dessein.

8. Pense-t-on que le Pasteur doit rassembler ses brebis en taisant la vérité ? C’était à Rome, au cours du repas offert en l’honneur du Cardinal Monsengwo qu’un haut dignitaire du régime avait déclaré : « si vous ne voulez pas qu’on vous dénonce, abstenez-vous de poser des actes susceptibles d’être dénoncés ». A ce jour la CENI et le Gouvernement congolais ont posé des mauvais actes. Souffrons que le veilleur les dénonce.

9. Les auteurs des actes de fraude savent très bien, chacun dans sa conscience, ce qu’ils ont fait. Même si devant la justice, les contestataires auront du mal à produire les preuves matérielles de leurs forfaits, la réalité ne changera pas. Même si publiquement, les faussaires se disent blancs comme neige et s’en prennent à l’Eglise qui justement demande à chacun d’être vrai avec lui-même, il est impossible de tromper sa conscience, le siège de l’esprit saint de Dieu en nous.

RESPONSABILITÉ D’UN CARDINAL.

10. Au sujet de l’autorité du Cardinal, il faut savoir qu’il est « primus inter pares » et sa parole, autant que celle de tout autre Evêque engage bel et bien l’Eglise entière qui est une, sainte, catholique et apostolique. Dans le cas d’espèce, la position du Cardinal s’inscrit dans la ligne de celle présentée dès le 4 décembre par le Président de la CENCO. Tout lecteur attentif et honnête peut comprendre que la position exprimée par le Cardinal était presqu’inscrite dans le message du 4 décembre et est plus que conforme à la pensée de notre épiscopat qui n’a cessé de dénoncer la banalisation de la corruption et de la tricherie.

11. En plus, plus que tout chrétien, un Cardinal fait le serment de défendre la vérité et la foi jusqu’au sacrifice de sa vie. Dans un moment aussi difficile que celui-ci, le Cardinal regarde la pourpre qu’il porte et qui lui rappelle à tout instant ce serment. Si l’on comprend ce que cela signifie, il faut un minimum de retenue et surtout une bonne dose d’humilité avant de le vilipender. En ce moment particulier, ce que l’Eglise lui demande à lui particulièrement bien plus qu’à tout autre chrétien, prêtre ou Évêque, c’est offrir sa vie pour défendre la vérité, jusqu’au sacrifice suprême, même si cette vérité ne plaît pas à quelques uns parmi nous. Car en soi, la vérité libère.

12. L’exemple nous est donné avec le Cardinal Malula, Père de l’Eglise de Kinshasa. Au moment de l’institutionnalisation du MPR, il s’est dressé contre l’Etat au prix de sa vie. En ces années-là, comme aujourd’hui, il y avait des cadres chrétiens et même catholiques pour dénigrer le Pasteur dont la parole contrariait le Prince. Comme aujourd’hui, les médias publics étaient mis à contribution pour salir la réputation du veilleur.

13. Le Cardinal ne se lève pas pour un candidat et contre un autre. c’est pour la vérité qu’il se lève ainsi qu’il l’a inscrit dans sa devise épiscopale : « in fide veritas », dans la foi en la vérité. L’enjeu de son engagement et de l’engagement de l’Eglise, ce sont les valeurs qui fondent l’action publique. Quel État va-ton bâtir sur base des actes de tricherie et dans l’impunité? N’avons-nous donc pas de mémoire pour oublier que ce dont nous souffrons c’est de la banalisation de la corruption et de la tricherie ? Nous nous en plaignons dans les écoles, dans les entreprises, dans l’administration publique, et nous voudrions l’approuver et la promouvoir dans le processus d’accès aux charges les plus hautes de la Nation.

APPEL A L’APAISEMENT

14. L’heure est grave. En effet, la Nation est devant un grand défi. Les conséquences, non pas des déclarations du Cardinal mais plutôt de l’organisation de la tricherie que l’Eglise dénonce, sont inimaginables. A cause des actes de tricherie, des vies humaines ont été fauchées. A cause des actes de tricherie, la Patrie est de nouveau menacée de sombrer dans la violence. Ceux qui ont conçu, organisé et exécuté la fraude que tous les observateurs ont vue, portent une très lourde responsabilité. Malheureusement, ils tentent de la faire porter à ceux qui dénoncent.

15. Aussi lançons-nous un appel à tous les fidèles laïcs catholiques et à tous les chrétiens et hommes de bonne volonté de nous mettre autour de nos pasteurs en cette période. On ne s’en rend peut-être pas compte assez. C’est l’esprit Malin lui-même qui se déchaîne contre la Nation dont le peuple a dit OUI au CHRIST et à son Évangile. Par divers stratagèmes, il essaie d’inoculer le venin de la haine, il inspire le mensonge, l’orgueil, l’arrogance, tous ces vices cultivés en nous par le désir du pouvoir et de l’avoir, et qui souvent nous conduisent à poser des actes affreux et abominables que les Saintes écritures interdisent.

16. Nous saisissons cette occasion pour appeler nos frères et sœurs d’arrêter sans délai toute la campagne orchestrée pour saper l’autorité de l’Eglise. Nous devons tous travailler pour que les passions ne se déchaînent pas afin de traverser ensemble et sans casse, la tempête qui se forme autour de la Patrie. Nous vous supplions d’y mettre fin afin de ne pas obliger les fidèles à y répondre de manière incontrôlée.

17. Confiant dans l’amour de Dieu et dans sa miséricorde, le CALCC appelle tous les fidèles catholiques à intensifier nos prières par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, notre Mère pour que le Malin ne réussisse pas à nous entraîner dans la violence qui nous éloigne des desseins de Dieu et du merveilleux destin de notre pays.

Fait à Kinshasa, le 15 décembre 2011

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Cardinal Laurant Monsengwo, rd congo, résultats proclammés des élections 2011 "non conformes à la Justice et Vérité"


Chers tous,


Le débat sur la proclamation, par la CENI, des résultats provisoires de l’élection présidentielle, en RDC, devient passionnant et surtout passionné au sein de notre forum. Beaucoup d’intervenants pensent malheureusement avec leur cœur en lieu et place de réfléchir avec leur tête. Tout ce « marchandage électoral » me semble un passage du coq à l’âne sans transition aucune. C’est l’une des raisons qui explique mon grand silence dans ce tourbillonnement inutile des cœurs. J’essaie donc d’éviter, au possible, cette pente dangereusement glissante où certains esprits malins voudraient nous conduire. En ce qui me concerne personnellement, je n’ai aucun avis à émettre sur ce qui s’est réellement passé puisque vivant actuellement en dehors du pays. Mais, comme la plupart d’entre nous, je m’informe et me forme davantage grâce aux nouveaux moyens de communication (sociale) : radio, TV, presse écrite, Internet, téléphone, etc. Sans porter un jugement de valeur sur ce fameux scrutin, j’apprends –et c’est le cas de beaucoup d’entre nous– qu’au niveau de la CENI, rien n’a été organisé dans les règles de l’art. En d’autres mots, si l’on se réfère à la carte sociologique ou aux données ethnologiques des résultats publiés par la CENI, il y a lieu d’arguer que les élections n’ont pas été tenues dans les conditions optimales requises. Sans verser dans la polémique en cours, ceci relève au moins d’une certaine véracité des faits du terrain.


Si j’interviens aujourd’hui, c’est juste au sujet de la question traitant de l’Église catholique congolaise qui semble aujourd’hui diabolisée à outrance sur LISAGO à la suite de la prise de position de son Cardinal concernant ces élections qui, véritablement, nous divisent plus qu’elles nous unissent dans notre famille des intellectuels de la grande Province Orientale. Dans cette option, je ne cherche pas à savoir qui a raison et qui a tort. Je donne ici simplement mon point de vue autour de cette question, sur la base d’une certaine expérience. Dans un ancien message dans ce même forum, j’avais souligné une question véridique, relative au fait que chaque membre de LISAGO sait pertinemment bien « qui roule pour qui » ou « qui est qui » au travers de nos interventions multiformes. Chacun de nous sait donc désormais « avec qui » composer dans notre forum. Tout cela en dehors bien sûr de tout le « tralala identitaire» que nous exprimons quotidiennement en rapport avec notre unité et fraternité. Ceci me paraît une évidence. Pour être concis, je me penche sur une double problématique abondamment abordée dans LISAGO : le cas de l’Église catholique au Congo dans son ensemble et celui du Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA.


1. De l’Église catholique romaine au Congo


Dans une intervention datant de juillet 2009 en réponse à un frère qui éprouve du mal à accepter le bien-fondé de l’Église catholique en RDC, j’avais essayé de me casser en mille morceaux pour démontrer le bien qu’apporte cette Église confessionnelle au service de la population congolaise. Présente sur toute l’étendue de la RDC dans ses 47 diocèses catholiques, notre Église se distingue largement dans les actions sociales en faveur des plus pauvres et des démunis : services de développement bien structurés, œuvres médicales à la hauteur, œuvres sociales au chevet des masses rurales et urbaines, meilleurs hôpitaux et centres de santé, meilleures écoles primaires, secondaires et universités, etc. Ceci démontre que l’Église catholique a été et reste toujours aux côtés des plus faibles. Qui ferait mieux dans un pays où la majorité des citoyens « se débrouillent » pour survivre ? C’est là toute la question… Sans minimiser le rôle aussi capital et salutaire joué par les autres Églises traditionnelles (les protestants ou baptistes, les méthodistes, les kimbanguistes, etc.), j’estime tout de même que l’Église catholique reste largement unique en son genre, différente de toute la cohorte des « BINZAMBI NZAMBI » et d’autres « nouveaux messianismes » disséminés en RDC et qui font gravement la honte de notre pays. D’ailleurs si cela dépendait de moi, toutes ces « officines pécuniaires » seraient fermées il y a belle lurette.


Au terme de ma réaction, ce quidam et opposant farouche à l’Église catholique avait semblé me donner raison, mais malheureusement en débitant d’autres conneries et absurdités pour se faire valoir de notre opinion. Je vous raconte cette petite anecdote juste pour vous dire que, dans LISAGO, il est des gens sunt qui » comme disaient les Latins] qui n’acceptent et n’accepteront jamais une quelconque action qui vienne de l’Église catholique, fut-elle bonne… Ceci me pousse à croire que nous avons, dans le forum, d’éminents scientifiques et savants qui n’écoutent que les pulsions de leur cœur. Faudrait-il continuer à débattre dans ce cas ? Je pense sincèrement que NON. Bien plus, dans notre forum, j’ai comme l’impression qu’il y a peut-être des gens qui n’ont rien à faire, en se consacrant essentiellement à l’Internet pour s’opposer à tout. Comment croirait-on alors à notre « objectivité scientifique » dans ce cas de figure ? Voilà pourquoi je recommande à mon jeune frère et Révérend Père Thomas GETUMBE de se consacrer entièrement à sa formation et à son ministère ecclésial, sans jamais se laisser distraire par l’écoute des chants de ce genre de sirènes qui existent et existeront toujours tant que l’Homme vivra sur la terre. Car un arbre tordu ne change jamais de forme. Sauf si l’on décide de l’abattre…


2. Du Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA


En abordant ce second volet de mon analyse, je précise que je ne parle pas de Laurent MONSENGWO PASINYA comme individu ou citoyen congolais, mais bien du rôle et du pouvoir qu’il assume au sein de l’Église catholique au Congo-Kinshasa, même si les deux aspects restent étroitement liés à l’homme en question. Dans ce cas, permettez-moi de faire un certain « méli-mélo » dans ce sens. Je précise encore que je n’émets aucun avis sur la vérité ou la fausseté de la dernière sortie médiatique du Cardinal sur les élections en RDC puisque je ne détiens actuellement aucun élément probant à ce propos. Je tente de parler uniquement de sa charge apostolique. Soyons donc clairs là-dessus. Je le fais d’ailleurs en peu de mots.


Comme beaucoup des membres de LISAGO, je suis un chrétien pratiquant et un laïc catholique engagé. Je suis actuellement engagé dans divers mouvements catholiques ici à Louvain-la-Neuve, avec mes amis de la communauté congolaise. C’est pareil quand je suis au pays (Diocèse d’Isangi et/ou Archidiocèse de Kisangani). En tant que tel, j’ai toujours appris que l’Église catholique est hiérarchique (mais pas dictatoriale) : le Pape ou Évêque de Rome, les Évêques des autres Églises particulières ou nationales, les Prêtres, les Religieux et Religieuses, suivis de la communauté des fidèles disséminés dans l’univers. Dans cette structure hiérarchique de l’Église, le service reste collégial puisque le Pape est toujours en communion de foi avec tous les autres Évêques du monde. Et, dans chaque pays, tous les Évêques sont en communion entre eux et avec leurs prêtres, etc. C’est si simple à comprendre. C’est pour dire qu’il n’y a pas un « plus Évêque » qu’un autre. Ici tout est clair. Je recommanderais même aux chrétiens catholiques qui auraient des lacunes à ce sujet de parcourir tous les volumes du « Saint Concile de VATICAN II ». Cependant, il y a celui que nous appelons le « Primus Inter Pares », c’est-à-dire le « Premier parmi les égaux ». C’est assurément le Pape ou l’Évêque de Rome qui est assis sur la chaire de Pierre ou des apôtres Pierre et Paul. De lui et de ses divers services émanent les directives de l’Église universelle. Ainsi, une parole ou une décision du Pape a-t-elle force de loi sur l’ensemble de l’Eglise catholique romaine. Ceci n’est pas un dogme mais une vérité établie sur la profession de notre foi catholique, datant de Jésus lui-même et des apôtres, en parfaite harmonie avec la tradition multiséculaire de l’Église.


Dans chaque pays (permettez-moi ce pléonasme), les Évêques sont réunis dans une assemblée de communion fraternelle où l’un deux en est choisi comme Président ou Coordonnateur des activités. C’est un mandat rotatif qui permet à chaque Évêque d’assumer cette charge honorifique. Prenons, à titre exemplatif, le cas de notre pays. Sous la deuxième république, nos Évêques étaient réunis dans la CEZ (Conférence Épiscopale du Zaïre), devenue aujourd’hui CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo) suite au changement du nom du pays (Zaïre en République Démocratique du Congo). Dans cette conférence et comme je venais de le dire, le Président n’est pas plus Évêque que les autres. Il a juste une mission de coordination de l’action épiscopale nationale. C’est pourquoi il ne peut se prononcer sans demander l’avis de ses pairs. Ici encore, tout reste clair.


Parmi les organes de la CENCO, citons les deux principaux : l’Assemblée Générale des Évêques (tous les Évêques congolais) et le Comité Permanent qui réunit uniquement le Président et quelques Évêques membres des Commissions spécialisées ou particulières. Dans ses prérogatives, le Comité Permanent détient le droit de se prononcer au nom de tous les Évêques congolais sans passer par l’Assemblée Générale dont les réunions sont périodiques. Est membre de l’Assemblée Générale tout Évêque ou Archevêque congolais. Sont membres du Comité Permanent l’Évêque Président de la CENCO et les autres Évêques qui président les commissions spécialisées.


Dans les pays où l’Église détient un Cardinal, celui-ci est de droit membre du Comité Permanent. C’est le cas de la RDC aujourd’hui. Ainsi, comme Évêque et Archevêque, Laurent MONSENGWO PASINYA est membre de l’Assemblée Générale des Évêques de la CENCO. Et en tant que Cardinal, il est membre de droit de son Comité Permanent. Pourquoi en est-il un membre de droit ? Justement parce qu’il porte la dignité cardinalice que tous les autres Évêques ne détiennent pas. Comme Cardinal, qu’il soit plus jeune ou vieux, il est considéré comme l’aîné des autres Évêques sur qui il possède une préséance canonique et honorifique. A lui seul et dans certains cas, il détient le droit d’engager toute l’Église congolaise sans nécessairement passer par la CENCO. Ce que ne peut faire Monseigneur Nicolas DJOMO, Évêque de TSHUMBE et Président actuel de la CENCO sans l’aval de ses pairs. C’est pour dire que quand le Cardinal se prononce pour la vérité, il engage toute l’Église de son pays. Il est, comme l’on dit, le Prince, le Primat et, en quelque sorte, le Chef de l’Église catholique romaine en RDC. Comme le Pape pour l’Église universelle, un Cardinal reste bel et bien le « Primus Inter Pares » en rapport avec les autres Évêques d’une Église particulière (ses confrères dans l’épiscopat). Ceci est une illustration parfaite de la situation ecclésiale en RDC. Essayons de voir ailleurs : bien que retraités ou démissionnaires aujourd’hui, c’est encore le cas des Cardinaux TUMI au Cameroun et de DANEELS ici en Belgique pour ne citer que ces deux exemples. Pour prendre ce dernier cas, Monseigneur André LÉONARD, l’actuel Archevêque de Bruxelles-Malines, consulte toujours le Cardinal DANEELS pour des questions importantes se rapportant à la marche de l’Église particulière de Belgique. C’est pareil dans le monde entier au sujet de l’Église catholique romaine. Etant humain, je puis aussi me tromper et d’autres frères et sœurs pourraient me compléter. Mais, jusqu’ici en tout cas, c’est cette vérité-là que l’Église m’a toujours enseignée.


Revenons, à propos de nos élections, aux dernières déclarations du Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA que je ne commente nullement car je ne sais pas s’il avait menti ou dit la vérité. Qu’il ait dit le mensonge ou la vérité, sa parole reste la position de tous les autres Évêques congolais qui le considèrent comme leur « aîné pastoral » et qui se reconnaissent en lui par le biais de son ministère cardinalice. Comme lui, tous les autres prélats ont été nommés et ordonnés Évêques. Lui, en plus, a été créé Cardinal. C’est là toute la différence. Pour preuve, depuis ses dernières déclarations (bonnes ou mauvaises), Monseigneur Nicolas DJOMO (Évêque de TSHUMBE et Président de la CENCO) ne l’a jamais désavoué ni contredit jusqu’à ce jour. Pour la gestion du temporel et pour toute chose d’ailleurs, tous les Évêques restent donc solidaires. Qu’on se le dise !


« Alea jacta est »… A mon avis, les déclarations du Cardinal ne changeront pratiquement rien sur les résultats des élections présidentielles en RDC. Mais, comme intellectuels et chrétiens, reconnaissons au moins que c’est cela la position de l’Église catholique congolaise. Comme je l’ai découvert dans certains messages, il est vrai qu’un chrétien laïc peut être élevé à la dignité cardinalice… Mais cela reste terriblement difficile de nos jours. En dehors de certains pays occidentaux (Italie, Espagne, Portugal, Allemagne…) qui détiennent plus d’un cardinal ou beaucoup de cardinaux, je me demande vraiment comme l’Église peut élever un laïc à cette dignité dans un pays où l’on ne compte qu’un Cardinal pour plus de cinquante Évêques (ordinaires, coadjuteurs et auxiliaires). Dans l’intention OUI, mais en réalité nous attendrons encore longtemps. C’est pour dire que c’est tout simplement un bon pieux vœu…


Que dire en guise de conclusion ? En dehors de sa mission prophétique, religieuse, sacerdotale, épiscopale et cardinalice, Monsieur Laurent MONSENGWO PASINYA reste d’abord un homme et un citoyen congolais parmi tant d’autres. En tant que tel, il n’a pas que des admirateurs. Je dirai même que, comme une figure nationale et internationale, ses détracteurs sont légion et/ou beaucoup plus nombreux. Nombre des Orientaux (ex-Haut-Zaïrois) que nous sommes ne lui pardonneront jamais sa gestion soi-disant « chaotique » et « tribaliste » de l’Archidiocèses de Kisangani. Beaucoup d’autres Congolais lui en veulent pour « sa supposée corruptibilité qui aurait entraîné l’échec de la CNS (Conférence Nationale Souveraine) ». Tout cela reste à mettre dans le lot de ceux qui ne l’aiment pas et qui le critiquent aveuglement. C’est vrai que comme humain, l’Archevêque de Kinshasa a ses faiblesses et défauts. Sinon, parmi nous, qui ne les détient pas pour qu’il lui jette la pierre en premier lieu ? N’oublions pas facilement que c’est aussi un savant qui a de nombreuses qualités humaines.


En définitive et pour moi, j’aime le Cardinal comme une personne humaine et comme mon propre Pasteur. Je suis un chrétien catholique et fier de l’être. En tant que tel, je dois beaucoup d’estime et de respect envers le Cardinal, les Évêques congolais, nos prêtres, les religieux et religieuses qui nous indiquent quotidiennement les voies du Seigneur. J’aime aussi tous mes frères et sœurs chrétiens dans la foi. J’éprouve également beaucoup de respect pour les Pasteurs des autres Églises, sauf bien sûr les charlatans, avides d’argent, qui appauvrissent davantage nos populations plus pauvres et vulnérables. Ici à Louvain-la-Neuve par exemple, mes meilleurs amis sont des musulmans. Je l’avais déjà signifié dans une livraison antérieure. Assurément, le cœur de l’homme a ses raisons que la vraie raison ignore… L’on a toujours accusé son chien de rage quand il s’agit de le faire noyer. Vrai ou faux ? A chacun d’entre nous d’y répondre. C’est ici que se pose, avec acuité, la question d’objectivité scientifique et/ou humaine dans tous nos débats souvent partisans. C’est bien moi qui le dis… Comme mot de la fin, je tiens à souligner que je suis moi-même apolitique, un simple et pauvre doctorant qui n’a ni coloration politique ni tendance aucune. Mais, un jour, si je rencontre mes anciens maîtres et professeurs d’université en sociologie, j’aurai certainement quelques questions à les poser. LISAGO étant un forum d’indépendance d’esprit et de pensée, j’ai cru utile de partager avec vous cette modeste analyse. C’est à prendre ou à laisser. Libre cours à chacun…


Louis BASINGA

LLN, Vendredi 16 Décembre 2011 2h06