SAGA de SEM LM WALLE en DEUX ans sous COVID-19

Maître Louis-Marie, WALLE Lufungula, au deuxième tour, après celui du mercredi 10 avril 2019, que cet ancien magistrat du parquet de Grande Instance de Goma, devenait le troisième gouverneur élu de la Province mythique de la Tshopo. Il n'a pas laissé au Gouverneur sortant Constant LOMATA aucune chance pour se succéder à lui-même ! Dix-sept voix obtenues sur les 27 votants alors qu’au premier tour il avait eu sept voix, poursuivi par C. LOMATA qui en avait six.

Dans les rues "boyomaises sans FIL", c’était une liesse populaire : des cris de joie, des klaxons de taximen-motos retentissaient partout. Pour saluer l'arrivée à la tête de la TSHOPO, d'un digne fils, avec espoir « cette dernière va bientôt avoir une nouvelle ère pour son décollage et son développement », mais c'était sans compter avec la meute des sorciers et autres chiens enragés déterminés à faire descendre, par tous les l'apôtre et l'envoyé du Maitre pour le développement et la promotion de la Province.

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Pour rappel, Louis Marie Lofungola avait démissionné du PPRD pour se présenter en indépendant avec comme vice-Gouverneur, M. Maurice ABIBU Sakapela Bin Mungamba, ancien journaliste de la RTNC/Kisangani, grand défenseur du RCD/Goma à Kisangani, il fut ministre provincial en charge de l'Intérieur, Sécurité du premier gouverneur de Province M. Jean ILONGO Tokole, premier Gouverneur de la Tshopo issue de la province Orientale démembrée.

WALLE Lufungola, qui est-ce ? Juriste de formation, né à Yangambi un certain 25 juillet 1964. Il a fait ses humanités Latin Philo au Collège Maele à Kisangani, ses études de Droits à l’Université de Kinshasa. il fut nommé magistrat au parquet de Grande Instance de Goma. De là, il embrassa la carrière politique avec "l'avènement de conglomérat des opportunistes et aventuriers de l’AFDL" du Mzee Laurent Désiré KABILA. En 1996, à Kisangani, il fut nommé Premier Secrétaire Provincial de l'AFDL, fonction supposé à tort comme supérieur à celui du Gouverneur de Province ! Il quitta ses fonctions du Directeur Général du Journal Officiel de la RD Congo, avant de poser sa candidature au poste de Gouverneur de province. Marié et Père de cinq enfants, le troisième Gouverneur de la Tshopo, Louis marie WALLE Lufungola, conscient de l'envoutement voir du signe indien qui poursuit la TSHOPO depuis l'indépendance nationale, avec des guerres et tueries à répétition (rébellion 1964, mercenaires de tout bord, l'avènement des opportunistes et aventuriers de l'AFDL, qui confia la Province à DIEU (Jésus) en organisant une Prière Œcuménique à l'Esplanade de la poste de Kisangani.

Depuis lors, tous les sorciers et autres esprits malins s'acharnent contre lui avec des accusations mensongères. Mais le Maitre de l'Univers est toujours avec lui et malgré tout, il tient bon et ses compatriotes l'ont surnommé, "TCHUMA ya MOTO càd barre de fer chaud", qu'on ne serait tenir à mains courantes !

Malgré des complots ourdis des sorciers de tout acabit, Me LM WALLE L. résiste encore aux ouragans des motions à répétition qui secouent des Institutions Provinciales à travers la RD Congo ! Visé par une deuxième motion de censure signée par 14 élus sur les 28 députés de la province de Tshopo, WALLE Lufungula et toute son équipe gouvernementale ont pu saisir la COUR constitutionnelle et l'Assemblée provinciale notifiée, aurait dû ne pas aller jusqu'au bout, en votant leur motion de censure, initialement signé par 14 élus, ce sont 17 députés qui ont voté ladite motion, sans atteindre le quorum requis en pareille situation. Ayant constaté l'erreur, ils auraient établi un Procès-verbal en dehors de l'Assemblée Provinciale : "faux usage de faux"! Ainsi la Cour Constitutionnelle est saisie de toutes ces irrégularités.

Mais les prétendus connaisseurs de la chose juridique ne s'entendent pas sur la surséance de l'action (!), attendons l'Institution ayant qualité et autorité pour interpréter la LOI, la Cour Constitutionnelle. D'ici là, le combat cessa faute de combattants et les affidés de chaque camp se battent dans les réseaux sociaux.

Pourtant "Nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits " ! En effet, l’exécutif provincial est notamment accusé de "manque de vision claire de développement, des actions hasardeuses, à bâton rompu, clopin-clopant et clairement prédatrices, une gestion «opaque et calamiteuse» des finances publiques ainsi que le détournement de 2,5 millions de dollars américains....”

Absent à la fameuse séance où il était attendu pour répondre aux accusations contenues dans leur motion, SEM le Gouverneur WALLE, à travers une lettre adressée au bureau de cette assemblée, les invita à la sagesse afin d’éviter «une énième humiliation (!)». En effet, SEM le Gouverneur, Louis-Marie Walle Lufungula dénonce l’attitude des députés, qui reviennent sur un problème déjà tranché en sa faveur aussi bien par la cour d’appel que par la Cour constitutionnelle.

Evoquant le principe général de droit selon lequel "nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits", afin d'«éviter une énième humiliation à la population de la Tshopo par des actions irréfléchies et hasardeuses des députés provinciaux».

Wait and see ....jusqu'à la fin de la procédure devant la COUR constitutionnelle. Dans l'entre-temps, un général de la PNC qui a tenu imprudemment "la barre incandescent LMWL", en a eu pour son compte !


mardi 26 mars 2013



La décentralisation congolaise est en panne
"On donne l’illusion qu’on gouverne, mais rien n’avance".

La Libre Belgique, Mis en ligne le 26/03/2013 

Prévue par la Constitution, elle n’avance pas, constate le Pr Paule Bouvier.
Congo-Kinshasa.
Adoptée par référendum en décembre 2005 par 84 % des voix, la Constitution congolaise de 2006 devait mettre en place un régime semi-présidentiel dans un Etat unitaire mais décentralisé. Alors que l’agitation gagne le Katanga, "La Libre Belgique" a interrogé une spécialiste de la décentralisation congolaise, Paule Bouvier, professeur honoraire à l’ULB et membre honoraire de l’Académie royale des Sciences d’Outremer, qui vient d’écrire un ouvrage sur le sujet. (1)

Toujours onze provinces seulement

L’Etat compte onze provinces, "ce qui est peu pour un pays comme le Congo; ce n’est presque pas de la décentralisation à vrai dire. Voilà pourquoi, selon la Constitution de 2006, il doit en compter 26 ", dit Mme Bouvier. Or, bien que l’article 226 de la loi fondamentale indique qu’elles "entreront en vigueur endéans trente-six mois qui suivront l’installation effective des institutions politiques", sept ans plus tard, ces 26 provinces n’existent toujours pas.

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont adopté fin 2012 un projet de loi organique fixant les limites des vingt-six provinces, mais les deux chambres doivent encore adopter un texte harmonisé, qui devra être promulgué par le Président, qui peut le renvoyer en seconde lecture. Il faudra enfin rédiger et publier les décrets d’application. "Sans compter que le ministre de l’Intérieur a commenté ce vote en annonçant que chaque province appliquerait la loi ‘à sa vitesse’. Qu’est-ce que cela veut dire ?", s’interroge la politologue.

Le financement de 40 % toujours absent

Pour que les provinces soient viables, la Constitution prévoit, rappelle Mme Bouvier, "les moyens de les financer, avec le fameux article 175 qui dicte que ‘la part des recettes à caractère national allouées aux provinces est établie à 40 %. Elle est retenue à la source’ - article qui n’est tout simplement pas appliqué. Le financement des provinces reste sou mis à l’arbitraire du pouvoir central". Or, l’article 220 de la loi fondamentale interdit "formellement" toute révision de la Constitution qui réduirait les prérogatives des provinces.

"Force est de constater que du côté du pouvoir central, il n’y a eu aucune bonne volonté - au contraire - pour favoriser le développement autonome des provinces."
"Différents prétextes ont été avancés pour ne pas mettre en œuvre l’article 175", détaille la politologue. "On a dit que certaines provinces ne disposaient pas des mécanismes financiers nécessaires; mais il aurait suffi de les créer. On a dit aussi - et c’est plus proche des réalités locales - que si on l’appliquait, on favoriserait les provinces les plus riches (Katanga, Bas-Congo et Kinshasa); mais la Banque mondiale a étudié ce point et jugé qu’il était possible, lorsqu’on calcule les taxes à l’exportation revenant à chaque province, de prendre en considération la province de départ du bien et pas celle où la taxe est perçue. De plus, une Caisse de péréquation a été prévue par la Constitution " (art 181) pour corriger les déséquilibres de développement existant entre les provinces, "mais elle n’a jamais été créée".

Les gouverneurs démis

Mme Bouvier souligne d’autres indices de la mauvaise volonté de Kinshasa pour mettre en œuvre la décentralisation. "Par exemple, la révision constitutionnelle de janvier 2011, qui donne au président le pouvoir de démettre un gouverneur de province en cas de "circonstances politiques graves" - formulation trop vague pour ne pas être vue comme défavorable à la décentralisation."  "Ou les élections locales qui n’ont jamais été organisées", ajoute-t-elle. Et de souligner que seules la présidentielle et celle de l’assemblée nationale ont été organisées en 2011.L’exécutif et le législatif provinciaux, ainsi que le Sénat national - élu par les assemblées provinciales - sont ceux de 2006. 

Et les conférences des gouverneurs ?

Le professeur retient encore que la Constitution prévoit, en son article 200, une conférence des gouverneurs de province "au moins deux fois par an", convoquée par le chef de l’Etat. 

"Bien avant que la première conférence des gouverneurs n’ait eu lieu (2009), les assemblées provinciales avaient adopté la Déclaration de Matadi (2007), qui comportait une série de demandes au pouvoir central - dont l’application de la règle des 40 % - sur un ton assez revendicatif, bien que la majorité des gouverneurs appartiennent à la majorité présidentielle. La seconde conférence des gouverneurs n’est intervenue qu’en 2011 ! Et il n’y en a pas eu d’autre avant la fin de la première législature", explique Mme Bouvier. 

En outre, un certain nombre de gouverneurs ont été remplacés.

"Au total, le pouvoir central n’a pas du tout concrétisé le pouvoir dont les provinces pouvaient se prévaloir au nom de la Constitution et a récupéré à son profit ce qui n’a pas été accordé aux provinces", souligne la politologue.

En définitive, où va le Congo ? 

"Au Congo, tout est possible", répond le professeur. "Mais il faut dire que la situation actuelle est plus difficile qu’elle ne l’a jamais été. Il y a des rejets du pouvoir central. La situation devient de plus en plus chaotique dans les régions où il y a des conflits armés (Kivu, Province orientale, Katanga). La communauté internationale, bien que relativement ambiguë, réclame tout de même régulièrement des réformes profondes du système politique congolais - alors que les solutions proposées par Kinshasa ne sont pas convaincantes. On donne l’illusion qu’on gouverne, mais rien n’avance".

(1) "République démocratique du Congo --La décentralisation --De la première à la troisième République", de Paule Bouvier, sous la direction de Jean Omasombo Tshonda. Ed. Le Cri/MRAC. 368pp grand format, 29 euros.


mardi 5 mars 2013


Corruptions en RDC : « L’exemple doit venir d’en haut », selon les évêques catholiques

image Abbé Donatien Nshole - SG de la CENCO

Dans un mémorandum adressé à Joseph Kabila les évêques catholiques disent apporter leur contribution à l’initiative noble et louable de ce dernier visant à renforcer la cohésion nationale. Par ailleurs, sur le plan socioéconomique, les évêques ne sont pas tendres envers les gouvernants. « La lutte contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale doit être menée efficacement, impartialement et sans complaisance. L’exemple doit venir d’en haut », ont-ils martelé en relevant que « le degré de pauvreté de notre population a atteint des proportions qui nous inquiètent et nous préoccupent comme pasteurs. Pendant ce temps, nous continuons d’assister à une économie prédatrice et extravertie ». 

Dans un mémorandum adressé au président de la République sur l’Etat de la nation et rendu public hier lundi 4 mars, les évêques, réunis au sein du comité permanent de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) disent apporter leur contribution à l’initiative noble et louable de ce dernier visant à renforcer la cohésion nationale.
Il s’agit de la tenue d’un dialogue national qu’ils souhaitent être en mesure d’affronter avec courage et sincérité les préoccupations vitales de la Nation. Ils notent que‘’ l’idée d’un dialogue a émergé et elle est accueillie par d’aucuns comme voie de sortie de la crise qui secoue notre pays depuis la publication des résultats des élections de novembre 2011. Cette crise s’est aggravée à travers les violences dans l’Est de notre pays. Ces violences ont conduit à des situations tragiques liées à la prise et à l’occupation de la ville de Goma par le M23’’.

Les évêques  souhaitent que ce forum, qui  a suscité plusieurs attentes au sein de toutes les couches de la population congolaise en général et de la classe politique en particulier, réunisse toutes les forces vives de la Nation, lesquelles devront s’engager sincèrement et en priorité  dans le respect de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel.
Ont-ils eux aussi entendu parler de la tentative de révision de l’article 220 de la Constitution préparée dans certaines officines politiques et  qui circule sous le manteau? Très probable. Car dans leur memo, les évêques rappellent que « le respect de l’ordre constitutionnel doit être observé par tous ». Raison majeure : il s’agit là « du gage de la cohésion et de l’unité nationale ».

Voilà pourquoi la CENCO se dit  fermement opposée à toute tentative de modification de l’article 220 de la Constitution qui stipule : « La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».

Les prélats de la RDC ne s’arrêtent pas là. Ils annoncent aussi qu’ils s’engagent à sensibiliser la population congolaise pour qu’elle comprenne l’importance de cet article pour la stabilité du pays. 
Par ailleurs, sur le plan socioéconomique, les évêques ne sont pas tendres envers les gouvernants. « La lutte contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale doit être menée efficacement, impartialement et sans complaisance. L’exemple doit venir d’en haut », ont-ils martelé en relevant que « le degré de pauvreté de notre population a atteint des proportions qui nous inquiètent et nous préoccupent comme pasteurs. Pendant ce temps, nous continuons d’assister à une économie prédatrice et extravertie ».
Lire le memo de la Cenco en intégralité

MÉMORANDUM DU COMITÉ PERMANENT DE LA CONFÉRENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUR L’ÉTAT ACTUEL DE LA NATION

Préambule

Excellence Monsieur le Président de la République,

1.    Dans votre discours du 15 décembre 2012 sur l’état de la Nation, vous avez annoncé une initiative noble et louable en vue de renforcer la cohésion nationale. Nous, Archevêques et Évêques, membres du Comité permanent de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), réunis en session ordinaire à Kinshasa du 18 au 22 février 2013, saisissons cette occasion pour joindre notre voix à celle d’autres Congolais en vue d’apporter la contribution de l’Eglise catholique pour sa concrétisation.

2.    Votre promesse a suscité plusieurs attentes au sein de toutes les couches de la population congolaise en général et de la classe politique en particulier. L’idée d’un dialogue a émergé et elle est accueillie par d’aucuns comme voie de sortie de la crise qui secoue notre pays depuis la publication des résultats des élections de novembre 2011. Cette crise s’est aggravée à travers les violences dans l’Est de notre pays. Ces violences ont conduit à des situations tragiques liées à la prise et à l’occupation de la ville de Goma par le M23.

3.    Nous estimons, comme déjà affirmé dans nos précédents messages et déclarations , que le dialogue est une voie royale et pacifique de sortie de crise. Il est un élément constitutif de tout système démocratique. Dans le contexte actuel de crise, il convient de bien l’appréhender pour qu’il contribue effectivement à la solution des problèmes qui entravent la bonne marche de notre pays. 
4.    Les signes de cette crise sont multiples. Nous en épinglons les plus saillants qui nous préoccupent le plus  et aggravent les frustrations de la population congolaise. 

I. Nos préoccupations

Au plan politique

5.    Nous reconnaissons et apprécions à leur juste valeur la volonté et les efforts déployés par le Gouvernement de la République en vue de démocratiser le pays. Nous relevons cependant, un malaise lié au manque de consensus national au lendemain des élections de novembre 2011, dû aux irrégularités dénoncées, aux contestations des résultats et à la manière expéditive dont la Justice s’est employée à résoudre les contentieux électoraux. Jusqu’à ce jour, le processus électoral demeure inachevé. Les élections locales qui devraient aider à construire la démocratie à la base et à rapprocher ainsi le peuple de ses gouvernants sont de nouveau hypothéquées. La responsabilité du pouvoir organisateur est lourdement engagée. La décentralisation prescrite dans la Constitution tarde à se concrétiser.

6.    De nombreux partis politiques, facilement agréés, évoluent sans projet de société fiable, car ce qui semble les intéresser, c’est la conquête du pouvoir pour le pouvoir. Ceci constitue une entrave sérieuse à notre jeune démocratie.

7.    Certaines organisations de la Société civile, au lieu de remplir leur mission de défendre les intérêts du peuple, se laissent récupérer par les partis politiques pour des ambitions politiques et des profits matériels.

Au plan socioéconomique

8.    Nous constatons des efforts réels pour la maîtrise de l’inflation et la stabilisation du cadre macro-économique. Mais, la création des industries de transformation de nos matières premières fait défaut et l’investissement dans le domaine agricole n’est pas encore à la hauteur des besoins du pays. Par conséquent, le degré de pauvreté de notre population a atteint des proportions qui nous inquiètent et nous préoccupent comme Pasteurs. Pendant ce temps, nous continuons d’assister à une économie prédatrice et extravertie. 

9.    L’élaboration d’une politique nationale de gestion des ressources naturelles pour le bien-être du peuple congolais et le développement du pays, ainsi que la connaissance de la valeur précise de ces ressources, demeurent une préoccupation permanente. Cela donne l’impression que le pays navigue à vue, sans repères pour une gestion durable de ses richesses. Ceci l’expose à toute forme de pressions des multinationales et de certaines puissances avides d’accéder aux ressources minières, pétrolières ainsi que forestières et de les contrôler.

10.    En même temps, la mise en œuvre du plan de développement des infrastructures peine à se concrétiser. Des populations ont le sentiment d’être abandonnées par l’Etat, surtout dans les zones frontalières où la tentation de céder aux cris des sirènes qui promettent la libération, est considérable.

11.    Les besoins de base, notamment l’alimentation, la santé, le logement et l’éducation ne sont pas suffisamment pris en compte par le programme du Gouvernement. 

12.    La rétrocession et la péréquation qui devraient garantir le développement des provinces et la solidarité nationale ne sont pas respectées. Cela ne fait qu’aggraver les frustrations dans les provinces.

Au plan sécuritaire

13.    Il y a plus de dix ans que le Gouvernement travaille à mettre sur pied une armée républicaine. Des avancées sont perceptibles mais des efforts doivent être poursuivis pour atteindre les résultats escomptés. Car, avec une armée forte et dissuasive l’on neutraliserait les groupes armés qui prolifèrent et sèment la mort et le désarroi, surtout en des endroits économiquement dotés des richesses naturelles. La présence de ces groupes armés dans des zones d’exploitation des ressources naturelles déstabilise et insécurise la population riveraine. Tous les conflits se déroulent dans les couloirs économiques et autour des puits miniers. 

14.    Le souci de moderniser notre Police nationale est réel. Mais il convient de renforcer sa formation et son équipement pour lui permettre de lutter plus efficacement contre la violence urbaine.

15.    La Justice, l’un des piliers d’un Etat de droit, ne rassure pas le peuple en RD Congo faute d’indépendance vis-à-vis des autres pouvoirs. De nombreux observateurs avertis notent que le système judiciaire congolais est marqué par une corruption éhontée et l’impunité. Alors que la Constitution prévoit l’éclatement de l’actuelle Cour Suprême de Justice en trois juridictions (Cour constitutionnelle, Cour de cassation et Conseil d’Etat), aucune de ces juridictions n’est encore installée.

Excellence Monsieur le Président de la République,

16.    Ces préoccupations majeures sont à la base de la fragilisation de la cohésion nationale, du retard dans la consolidation de la démocratie et du développement tant attendus par tous les Congolais.

II. NOS PROPOSITIONS

17.    Malgré ces signes de crise, nous restons persuadés qu’un lendemain meilleur est toujours possible et à la portée de la RD Congo. Cet espoir ne deviendra réalité que par l’engagement sincère de tous et de chaque Congolais dans l’édification de notre pays. Toutes les forces vives de la Nation appelées au dialogue, ont à apporter leur concours dans la construction d’un Congo réellement démocratique. Mais, elles doivent s’engager sincèrement, de prime abord, dans le respect de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel.

Dans le domaine politique

18.    Le respect de l’ordre constitutionnel doit être observé par tous. C’est le gage de la cohésion et de l’unité nationale. La CENCO est fermement opposée à toute tentative de modification de l’article 220, article verrouillé dans notre Constitution qui stipule : « La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ». A cet effet, nous nous engageons à sensibiliser la population congolaise pour qu’elle comprenne l’importance de cet article pour la stabilité du pays.

19.    La cohésion nationale doit être fondée sur les valeurs républicaines, notamment l’amour de la patrie, la justice, la paix et le travail qui doivent être partagées et défendues par tous les Congolais. C’est pour cette raison que l’esprit de division et d’ethnicisation des problèmes sociopolitiques ne rime pas avec ces valeurs.

20.    Que le Gouvernement nomme à des responsabilités dans la gestion de la chose publique des personnes capables et honnêtes. Car il n’est pas acceptable que ceux qui exercent les pouvoirs publics se plaignent avec le peuple de ce qui ne va pas dans leur juridiction. Qu’ils prennent au contraire leurs responsabilités, qu’ils punissent les coupables et qu’ils récompensent les bons et loyaux citoyens.

21.    Il faut également souligner que le renforcement de l’autorité de l’Etat est encore à promouvoir de manière à rassurer toute la population congolaise et à la sécuriser. Car, l’Etat n’est pas un concept creux. Il implique tout un ensemble de droits et d’obligations vis-à-vis du peuple. De son côté, le peuple, tout en exigeant le respect de ses droits, est dans l’obligation de reconnaître et de remplir ses propres devoirs vis-à-vis de l’Etat.

22.    Le processus de décentralisation doit se poursuivre. Cependant, il doit être bien planifié, profondément étudié pour ne pas servir de prétexte à la balkanisation et à des velléités sécessionnistes. A cet effet, les textes juridiques prévus par la Loi fondamentale appellent des précautions nécessaires pour éviter tous ces pièges et la mise sur pied des structures inefficaces, improductives et inutilement coûteuses. 
23.    La loi révisée de la CENI ne donne pas de garanties suffisantes de son indépendance et de son impartialité. Il renferme des germes de conflictualité dans le fonctionnement du bureau de la CENI. Il importe de dépolitiser cette instance pour crédibiliser les futures élections dans notre pays. 

Dans le domaine socioéconomique

24.    L’avenir harmonieux de notre pays exige une économie de développement au grand profit de l’homme congolais. Cela requiert que l’on investisse dans l’alimentation, la santé, l’habitat et l’éducation. 

25.    Un plan d’industrialisation des secteurs minier, forestier et des hydrocarbures doit être promu. Il permettra la création d’emplois, le développement des infrastructures et l’augmentation de la richesse. Et grâce à une bonne gestion, le Gouvernement sera en mesure d’assurer un salaire juste et digne ainsi qu’une sortie de retraite honorable à tous ses fonctionnaires notamment, les enseignants, le personnel médical, les militaires et les policiers. 

26.    La lutte contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale doit être menée efficacement, impartialement et sans complaisance. L’exemple doit venir d’en haut. C’est pourquoi il revient au Gouvernement et au Parlement de donner en premier l’exemple de respect du principe de reddition des comptes. 

Dans le domaine sécuritaire

27.    En vue de la réforme de nos Forces armées, un état des lieux est tout indiqué comme prioritaire pour lever des orientations fondamentales à la mise sur pied d’une armée républicaine. Pour atteindre ce résultat, des primes de guerre ou des privilèges à un groupe, quel qu’il soit, devraient être évités.

28.    L’équipement et la formation de la Police méritent une attention particulière du Gouvernement en vue d’assurer la sécurité des populations victimes des violences dans les cités et les villes.  

29.    Les trois juridictions prévues dans notre Constitution, à savoir la Cour constitutionnelle, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat, devraient être instituées.

CONCLUSION

Excellence Monsieur le Président de la République,

30.    La Nation se trouve à un tournant décisif : elle peut réussir un avenir meilleur si toutes ses forces vives s’engagent à respecter les règles de la démocratie et à observer scrupuleusement l’ordre constitutionnel. C’est pourquoi, dans le contexte qui est le nôtre, nous réaffirmons que notre Constitution, qui a fait l’objet d’un consensus national par un référendum et qui est le socle de notre démocratie, ne doit pas être modifiée en son article 220. Nous en appelons vivement à la sagesse et à la responsabilité de tous les élus.

31.    Notre vœu est que le dialogue envisagé affronte avec courage et sincérité les préoccupations vitales de la Nation. Dans le respect des opinions des uns et des autres, que l’on promeuve le bien suprême de la Nation. La refondation morale de notre société doit demeurer au centre des préoccupations de tous, car sans éthique dans l’agir politique, il est difficile à la RD Congo de progresser et de se développer.

32.    Avec foi et espérance en Dieu dont l’amour absolu nous est révélé de manière éminente dans la croix de son Fils Jésus-Christ, nous lui confions par l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame du Congo, le peuple congolais et tous ses gouvernants.

33.    Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération et de nos sentiments dévoués en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Fait à Kinshasa, le 22 février 2013