mercredi 13 août 2014
mardi 12 août 2014
« Joseph KABILA sur les traces de Joseph MOBUTU : l’histoire se répétera encore »
Par Maître Jean Claude KATENDE : Président National de l’ASADHO.
Les querelles entre les leaders politiques et les troubles sociaux politiques qui avaient caractérisé le Congo après son accession à l’indépendance, en 1960, avaient conduit le Général MOBUTU à prendre le pouvoir en 1965 au motif qu’il voulait mettre de l’ordre dans le pays.
De 1967 à 1990, la stratégie choisie par le Général MOBUTU, devenu Maréchal était de réviser régulièrement la constitution (1967, 1970, 1974…) pour confisquer le pouvoir, en supprimant toute possibilité pour les autres acteurs politiques d’y accéder pendant plus de 30 ans.
En 1997, le peuple qui était fatigué de la dictature et qui voulait un régime démocratique s’est mis du côté l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo(AFDL) qui ont chassé le président MOBUTU du pouvoir comme un simple quidam.
En décembre 2005, après un referendum largement soutenu par le Président Joseph KABILA et les forces sociales et politiques qui lui étaient proches, le peuple a adopté une nouvelle Constitution dont deux points forts sont l’institution de deux tours pour l’élection présidentielle et la limitation de la durée et du nombre de mandat du Président de la République.
En janvier 2011, la Constitution a été révisée et le Président de la République a fait supprimer le deuxième tour de l’élection présidentielle, ce qui lui a permis de gagner l’élection présidentielle de novembre 2011, d’une part, et il se fait octroyer des nouveaux pouvoirs sur les institutions provinciales et en matière de referendum, d’autre part.
En supprimant le deuxième tour de l’élection présidentielle, le Président Joseph KABILA s’est donné plus de chance de gagner l’élection au premier tour avec n’importe quel pourcentage. Il a ainsi privé l’opposition de la possibilité de coaliser et de gagner l’élection présidentielle au deuxième tour. Malgré cette révision, il aura fallu encore une fraude électorale généralisée pour que le Président KABILA soit réélu.
Après avoir effectué deux mandats, et conformément à l’article 220, le Président Joseph KABILA ne peut plus se représenter pour un troisième mandat.
Il y a peu, quelques acteurs politiques proches du Président de la République se sont prononcés pour la révision de la Constitution, par referendum, afin de lui donner la possibilité de se représenter.
Ce qui montre la soif pour le camp du Président de garder le pouvoir par tous les moyens.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous nous demandons si le Président Joseph KABILA ne marche pas sur les traces de Joseph MOBUTU.
Si la Constitution est révisée et que le Président Joseph KABILA conserve le pouvoir en 2016, l’histoire se répétera encore sous nous yeux. Il nous faut donc agir pour arrêter cette dérive vers une nouvelle confiscation du pouvoir.
1. Réviser la constitution petit à petit pour confisquer le pouvoir.
En 1967, le Président MOBUTU fait réviser la Constitution de 1964 par referendum et une de grandes modifications qu’il obtient, au nom de la lutte contre le désordre politique, est de supprimer le multipartisme intégral prévu à l’article 30 de la constitution de 1964 qui stipulait que « Tout congolais a le droit de créer un parti politique ou de s’y affilier. Nul ne peut imposer de parti unique sur tout ou partie du territoire de la République ». En lieu et place, il institue le multipartisme à deux partis politiques (Article 4 de la Constitution de 1967 : les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Il ne peut être créé plus de deux partis dans la République).
En plus, la durée du mandat du Président de la République qui était de 5 ans dans la constitution de 1964 ( article 55) est portée à 7 ans dans la Constitution de 1967(article 21). Le nombre de mandat qui était fixé à deux en 1964, il devient illimité en 1967.
En 1970, il lance encore une autre révision de la Constitution et il établit le Mouvement Populaire de la Révolution(MPR) comme parti unique. Le Président MOBUTU concentre progressivement tous les pouvoirs entre ses mains et il installe une dictature atroce jusqu’en 1990.
Par la stratégie des révisions constitutionnelles progressives, le Président MOBUTU est parvenu à mettre fin à l’esprit démocratique qui était voulu par les pères de l’indépendance du Congo et à confisquer les pouvoirs pendant plus de 30 ans.
Il ne fait aucun doute que le Président Joseph KABILA procède aussi de la même façon. Par la révision constitutionnelle progressive, il veut mettre fin au régime démocratique voulu par le peuple congolais en 2005.
En 2011, il fait réviser 8 articles de la Constitution dont les articles 71, 197, 197 et 218. Il fait supprimer le deuxième tour de l’élection présidentielle, ce qui augmente ses chances de se maintenir à la tête du pays (article 71) en lieu et place d’une compétition plus ouverte voulue par le peuple. Il se fait octroyer le pouvoir de dissoudre les Assemblées Provinciales, de révoquer les Gouverneurs de province (articles 197 et 198) et de convoquer le referendum (article 218).
En prévision de l’élection présidentielle de 2016, les ténors de la Majorité présidentielle (Messieurs Aubin MINAKU et Evariste BOSHAB) annoncent une autre révision constitutionnelle, par referendum, pour faire sauter l’article 220 de la Constitution qui fixe la durée et le nombre de mandat du président de la République. Que vont-ils proposer ? On ne le sait pas encore. Mais il ne fait aucun doute qu’ils vont donner la possibilité au Président Joseph KABILA de se représenter afin de rester encore à la tête du pays.
Au regard de ce qui précède, et si le peuple ne fait pas attention, le Président Joseph KABILA nous ramènerait à un scénario que nous avons déjà vécu avec le Président MOBUTU : l’installation d’un seul homme au pouvoir pour de très longues années.
2. Hypocrisie des proches du Président.
Le Président MOBUTU était parvenu à confisquer le pouvoir grâce à l’appui des courtisans de tout bord. Parmi ces courtisans, il y avait des professeurs d’universités, des personnalités politiques de renom... Ils ont fabriqué toutes sortes de slogans pour encourager le Maréchal Président à garder le pouvoir pendant longtemps. De slogans tels que « Président MOBUTU, totombeli yo 100 ans » ont été entendus.
Mais quand l’AFDL est arrivée et que le Président MOBUTU a été chassé du pouvoir, les mêmes courtisans l’avaient abandonné et s’étaient rapidement reconvertis aux nouveaux maîtres de la R.D.Congo pour lesquels ils ont recommencé à chanter. De tels individus, qu’ils soient professeurs d’universités, politiciens, acteurs de la société civile, pasteurs ou prêtres sont un grand danger pour notre jeune et fragile démocratie.
Aujourd’hui, pour pousser le Président Joseph KABILA à rester au pouvoir après 2016, d’autres courtisans surgissent avec de nouveaux slogans tels que « KABILA to tondi yo nanu te ».
Mais s’il arrive qu’en 2016 le Président Joseph KABILA perde le pouvoir, en dépit de la révision constitutionnelle qui est envisagée, les mêmes courtisans n’hésiteront pas de l’abandonner et à aller vers ceux qui seront des nouveaux maîtres du pays.
Jean de la FONTAINE a dit : « Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute ».
Il revient au Président Joseph KABILA de voir si ceux qui le poussent à faire réviser la Constitution le font dans son intérêt ou dans leur intérêt personnel.
Nous, nous disons au Président « KABILA to tondi yo nanu te. Kasi pema muke po to tobola démocratie »
3. Le désaveu du Président par le peuple et la chute du régime.
Plus un pouvoir dure dans le temps, plus il devient ennuyant pour le peuple. Tel a été le sort subi par le Président MOBUTU qui a été désavoué par le peuple à l’arrivée de l’AFDL dont les troupes ont été accueillies dans tout le pays en « libérateurs ».
Le Président Joseph KABILA serait sur la même voie. Elu en 2006, avec plus de 58 % de voie, le Président n’a été réélu en 2011 qu’avec 48 % de voies après des fraudes généralisées qui lui ont largement profité. Que se serait-il passé s’il n’y avait pas de fraudes généralisées ? Avec combien de voies le Président aurait- il été réélu ? 30 % ?, 25% ? , 20% ? ou 15 % ? Seul le Pasteur NGOY MULUNDA, ancien Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, peut répondre à cette question.
Est-ce que depuis 2011, l’image du Président Joseph KABILA s’est elle améliorée ? A chacun de répondre à cette question.
Il nous semble que si le Président accepte de ne pas changer la Constitution, il gagnerait en image tant au niveau national qu’international. Sinon, la sentence du peuple sera sans appel un jour ou un autre. Une démocratie sans alternance est une démocratie sans vitalité.
4. Appel à la vigilance
Ce rappel historique doit amener chacun de nous à comprendre que si nous ne faisons pas attention, le Président Joseph KABILA et sa majorité risquent de nous amener vers un régime que nous avions décrié sous le Président MOBUTU, un régime qui n’a été profitable qu’à lui-même, à sa famille et certains de ses courtisans.
Faisons attention, car sous nos yeux, l’histoire risque de se répéter encore.
C’est nous qui devons arrêter, par tout moyen démocratique, ce qui se trame contre notre démocratie.
Les partenaires de la République Démocratique du Congo (Américains, français, belges, allemands, Tanzaniens…) peuvent nous venir en assistance, mais c’est nous, les congolais, qui devons agir, qui devons dire non à cette révision qui ne profitera pas à tous les congolais.
En écrivant ceci, nous accomplissons notre devoir citoyen. Un devoir prévu et protégé par les lois de la République.
----------------------------------------------------------
Jean Claude KATENDE dit :" les citoyens ont le droit naturel de combattre tout Gouvernement qui viole les droits fondamentaux et qui met en péril la démocratie ".
Maître Jean Claude Katende
Avocat au Barreau de LUBUMBASHI
Président National de l'ASADHO
Tél :+¨243 811 729 908, + 243 9970 32 984
Skype: jckatende1 site web: www.asadho-rdc.net KINSHASA
République Démocratique du Congo
Sages conseils, gratuits, responsables et patriotiques de Jean Marie MABITI à M. Joseph KABILA Kabange !
Il n’est jamais trop tard pour bien faire
Jean-Marie Mabiti
Vingt-sept mois nous séparent de la fin du dernier mandat du Président Joseph Kabila. À ce stade de leur vie politique, les hommes d’État pensent généralement à laisser une empreinte durable dans l’Histoire. En l’occurrence, l’actuel locataire du Palais de la Nation doit appréhender la marche du pays dans sa globalité et en toute responsabilité.
La Constitution de 2006, qu’il a eu l’honneur de promulguer et à laquelle il a promis allégeance et soumission au service du peuple congolais, ne lui donne aucune chance pour revendiquer un troisième mandat. Bien plus, le bilan de son règne ne lui confère aucune de ces légitimités que les grands hommes acquièrent soit à travers leurs réalisations, soit par des hauts faits d’armes, soit de la rectitude dans la gestion de la Cité. Il court le risque de se voir jeter dans les oubliettes de l’Histoire.
Il ne lui reste plus qu’à préparer sa sortie par la grande porte. Et surtout de garantir une paisible vie après la Présidence. Aucune garde présidentielle, fût-elle loyale jusqu’à la mort, ne le peut. Aucun État « ami » ne le peut. Encore moins les dollars américains. Seule la Constitution et le peuple congolais sont à même de fournir cette sécurité existentielle.
Alors, disons-le terre-à-terre : « il n’est pas trop tard pour bien faire ». Joseph Kabila dispose de la capacité d’imprimer sa marque dans l’Histoire du Congo. Sans prétention aucune, je m’en vais lui citer quelques « remèdes miracles ».
Primo. La restauration de l’Administration publique. Le citoyen doit se sentir sécurisé et servi par les services publics. Cela passe par le respect des Statuts des fonctionnaires et une injection massive des moyens budgétaires. Les fonctionnaires doivent sortir de l’actuelle condition de clochards de la République. En cette période intermédiaire entre la fin de la centralisation à outrance et la décentralisation, tout est encore possible. Il faut mettre fin –– par une révision constitutionnelle partielle –– à l’existence de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), une structure mammouth conflictogène qui donne des Congolais l’image négative des invétérés fraudeurs. L’énorme budget dont la CENI dispose serait mieux utilisé pour requinquer l’Administration, lui permettre de mieux assumer ses fonctions fondamentales : recenser la population et tenir à jour le registre de la population, organiser les élections échelonnées à travers la République. Il est temps de refaire de l’Administration un socle apolitique au service de tous. C’est le meilleur rempart contre l’arbitraire.
Secundo. Le Gouvernement de la République répète à longueur des journées que le pays réalise un taux de croissance de plus de 8% ces dernières années. Chaque pourcentage en plus doit se traduire par une amélioration quantitative et qualitative de la vie de la population. Pour se faire, Joseph Kabila doit renoncer à des slogans creux du genre « Révolution de la modernité », pour achever celui plus consistant des « Cinq chantiers », enterrés trop tôt. L’instauration d’un index salarial négocié avec les partenaires sociaux est impérative. Il doit donner l’eau et l’électricité à la population, permettre au paysan et au pêcheur d’écouler leurs produits... Bref, redonner espoir et confiance aux Congolais, actuellement désabusés.
Tertio. Joseph Kabila doit rassurer. Il n’est, certes, pas obligé de crier sur tous les toits qu’il n’ambitionne point de troisième mandat. Cela ne coule-t-il pas des sources ? En revanche, il devra éviter toute attitude ambiguë de nature à susciter la polémique. Indépendant et n’appartenant à aucun parti politique, il doit demander, à ceux qui se réclament de lui, de se préparer activement aux futures échéances électorales plutôt que de distraire le monde. Une victoire des alliés aux prochains scrutins lui assurerait une garantie supplémentaire. Pour autant qu’ils restent loyaux envers lui.
Quarto. Joseph Kabila doit se rappeler que le Congo n’est pas une propriété personnelle ni familiale. Le Congo appartient au peuple congolais ; lequel existait avant son avènement et continuera à vivre, longtemps après son passage à la tête de l’État. Il devra faire ce que les Kinois appellent « retour à mémoire » et se poser des questions essentielles suivantes : D’où vient-il ? A-t-il jamais pensé, dans ses rêves les plus fous, devenir Président de la République du Zaïre (devenue Congo démocratique) ? Qu’a-t-il fait au cours de ses treize années à la tête de l’État pour mériter respect et reconnaissance du peuple congolais ? Où va-t-il ? Qu’adviendra-t-il de sa famille à partir de janvier 2017 ?
Il n’est pas trop tard pour bien faire. Son destin a croisé, un jour, celui du peuple congolais. Il doit veiller à ne pas gâcher ses chances de survie après la Présidence et, peut-être d’autres chances pour rencontrer, à nouveau, le destin du peuple congolais.
Il y a toujours « une vie après la Présidence », comme dirait le prof. André Mbata. À condition d’avoir bien servi.
Jean-Marie Mabiti
© Congoindépendant 2003-2014
© Congoindépendant 2003-2014
dimanche 10 août 2014
Discours programme du Premier Ministre du Congo Indépendant, héro national, Patrice Émeri LUMUMBA le 30 juin 1960
Le 30.06.1960
Congolais et Congolaises,
Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,
je vous salue au nom du gouvernement congolais.
A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos cotés, je vous demande de faire de ce trente juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.
Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.
Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin a l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force.
Ce fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste; nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire, car nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.
Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des " nègres ". Qui oubliera qu’ à un NOIR on disait " tu " non certes comme à un ami mais parce que le " vous " honorable était réserve aux seuls blancs?
Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort.
Nous avons connu que la loi n’etait jamais la même selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.
Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même.
Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs, qu’un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits " européens "; qu’un noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.
Qui oubliera enfin les fusillades ou périrent tant de nos frères, les cachots ou furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation.
Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert.
Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus agrée pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini.
La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants.
Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur.
Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail.
Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l ‘Afrique tout entière.
Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement a ses enfants.
Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.
Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la déclaration des Droits de l’Homme.
Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelque qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudra sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays.
Nous allons faire régner non pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.
Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez surs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit.
Dans ce domaine, la Belgique même qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a plus essayé de s’opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sur, sera profitable aux deux pays. De notre coté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis.
Ainsi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau que mon gouvernement va créer sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces.
Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.
Je demande à la minorité parlementaire d’aider mon gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques.
Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise.
Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays.
Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays.
L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.
Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine.
Notre gouvernement fort –national –populaire, sera le salut de ce pays.
J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants de se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.
Hommages aux combattants de la liberté nationale!
Vive l’Indépendance et l’unité africaine!
Vive le Congo indépendant et souverain.
Patrice E. Lumumba
Premier ministre
Tiré du livre de W.J.GANSHOF VAN DER MEERSCH, Congo, Mai-Juin 1960, Rapport du Ministre charge des Affaires générales en Afrique, 1960.jeudi 7 août 2014
mercredi 6 août 2014
Inscription à :
Articles (Atom)

