SAGA de SEM LM WALLE en DEUX ans sous COVID-19

Maître Louis-Marie, WALLE Lufungula, au deuxième tour, après celui du mercredi 10 avril 2019, que cet ancien magistrat du parquet de Grande Instance de Goma, devenait le troisième gouverneur élu de la Province mythique de la Tshopo. Il n'a pas laissé au Gouverneur sortant Constant LOMATA aucune chance pour se succéder à lui-même ! Dix-sept voix obtenues sur les 27 votants alors qu’au premier tour il avait eu sept voix, poursuivi par C. LOMATA qui en avait six.

Dans les rues "boyomaises sans FIL", c’était une liesse populaire : des cris de joie, des klaxons de taximen-motos retentissaient partout. Pour saluer l'arrivée à la tête de la TSHOPO, d'un digne fils, avec espoir « cette dernière va bientôt avoir une nouvelle ère pour son décollage et son développement », mais c'était sans compter avec la meute des sorciers et autres chiens enragés déterminés à faire descendre, par tous les l'apôtre et l'envoyé du Maitre pour le développement et la promotion de la Province.

-walle lufungola.jpg

Pour rappel, Louis Marie Lofungola avait démissionné du PPRD pour se présenter en indépendant avec comme vice-Gouverneur, M. Maurice ABIBU Sakapela Bin Mungamba, ancien journaliste de la RTNC/Kisangani, grand défenseur du RCD/Goma à Kisangani, il fut ministre provincial en charge de l'Intérieur, Sécurité du premier gouverneur de Province M. Jean ILONGO Tokole, premier Gouverneur de la Tshopo issue de la province Orientale démembrée.

WALLE Lufungola, qui est-ce ? Juriste de formation, né à Yangambi un certain 25 juillet 1964. Il a fait ses humanités Latin Philo au Collège Maele à Kisangani, ses études de Droits à l’Université de Kinshasa. il fut nommé magistrat au parquet de Grande Instance de Goma. De là, il embrassa la carrière politique avec "l'avènement de conglomérat des opportunistes et aventuriers de l’AFDL" du Mzee Laurent Désiré KABILA. En 1996, à Kisangani, il fut nommé Premier Secrétaire Provincial de l'AFDL, fonction supposé à tort comme supérieur à celui du Gouverneur de Province ! Il quitta ses fonctions du Directeur Général du Journal Officiel de la RD Congo, avant de poser sa candidature au poste de Gouverneur de province. Marié et Père de cinq enfants, le troisième Gouverneur de la Tshopo, Louis marie WALLE Lufungola, conscient de l'envoutement voir du signe indien qui poursuit la TSHOPO depuis l'indépendance nationale, avec des guerres et tueries à répétition (rébellion 1964, mercenaires de tout bord, l'avènement des opportunistes et aventuriers de l'AFDL, qui confia la Province à DIEU (Jésus) en organisant une Prière Œcuménique à l'Esplanade de la poste de Kisangani.

Depuis lors, tous les sorciers et autres esprits malins s'acharnent contre lui avec des accusations mensongères. Mais le Maitre de l'Univers est toujours avec lui et malgré tout, il tient bon et ses compatriotes l'ont surnommé, "TCHUMA ya MOTO càd barre de fer chaud", qu'on ne serait tenir à mains courantes !

Malgré des complots ourdis des sorciers de tout acabit, Me LM WALLE L. résiste encore aux ouragans des motions à répétition qui secouent des Institutions Provinciales à travers la RD Congo ! Visé par une deuxième motion de censure signée par 14 élus sur les 28 députés de la province de Tshopo, WALLE Lufungula et toute son équipe gouvernementale ont pu saisir la COUR constitutionnelle et l'Assemblée provinciale notifiée, aurait dû ne pas aller jusqu'au bout, en votant leur motion de censure, initialement signé par 14 élus, ce sont 17 députés qui ont voté ladite motion, sans atteindre le quorum requis en pareille situation. Ayant constaté l'erreur, ils auraient établi un Procès-verbal en dehors de l'Assemblée Provinciale : "faux usage de faux"! Ainsi la Cour Constitutionnelle est saisie de toutes ces irrégularités.

Mais les prétendus connaisseurs de la chose juridique ne s'entendent pas sur la surséance de l'action (!), attendons l'Institution ayant qualité et autorité pour interpréter la LOI, la Cour Constitutionnelle. D'ici là, le combat cessa faute de combattants et les affidés de chaque camp se battent dans les réseaux sociaux.

Pourtant "Nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits " ! En effet, l’exécutif provincial est notamment accusé de "manque de vision claire de développement, des actions hasardeuses, à bâton rompu, clopin-clopant et clairement prédatrices, une gestion «opaque et calamiteuse» des finances publiques ainsi que le détournement de 2,5 millions de dollars américains....”

Absent à la fameuse séance où il était attendu pour répondre aux accusations contenues dans leur motion, SEM le Gouverneur WALLE, à travers une lettre adressée au bureau de cette assemblée, les invita à la sagesse afin d’éviter «une énième humiliation (!)». En effet, SEM le Gouverneur, Louis-Marie Walle Lufungula dénonce l’attitude des députés, qui reviennent sur un problème déjà tranché en sa faveur aussi bien par la cour d’appel que par la Cour constitutionnelle.

Evoquant le principe général de droit selon lequel "nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits", afin d'«éviter une énième humiliation à la population de la Tshopo par des actions irréfléchies et hasardeuses des députés provinciaux».

Wait and see ....jusqu'à la fin de la procédure devant la COUR constitutionnelle. Dans l'entre-temps, un général de la PNC qui a tenu imprudemment "la barre incandescent LMWL", en a eu pour son compte !


mercredi 31 octobre 2012

Message de félicitation et d'encouragement au nouveau gouverneur élu de la province orientale : Jean BAMANISA


Avec soulagement et un sentiment de prières exhaussées par le travail de qualité abattu par nos députés provinciaux (que nous croyions, à tort, liés uniquement à leurs ventres), j’ai appris l’excellente nouvelle concernant votre élection en qualité du gouverneur de notre province.

 Je tiens à vous dire combien je me réjouis pour vous, car je m’imagine  à combien de sacrifices au quotidien vous avez consenti pour parvenir à ce résultat quasi miraculeux ! Ainsi que le disait Goethe, «Un grand sacrifice est aisé, ce sont les petits sacrifices qui sont durs ». Parmi ces derniers au quotidien, le rassemblement des cœurs et des esprits de toutes les filles et fils de la PO, la mobilisation générale pour la matérialisation de votre programme d’action à court, moyen et long termes qui nous fait rêver et suscite en nous un brin d’espoir…

Je vous adresse donc tous mes vœux de réussite dans cette nouvelle fonction et face aux défis multiformes à relever vous réitère tout notre engagement à soutenir la mise en œuvre méthodique de votre plan et vous assure de notre disponibilité.

Avec nos meilleurs souvenirs …

ThéoBaelo

mardi 9 octobre 2012

Si les dirigeants ont le droit de mentir, alors qui doit dire la vérité ?

"Tony Blair doit être jugé à la Haye pour crime de guerre
": (Desmond Tutu)
________________________________________

L’immoralité de la décision d’envahir l’Irak, prise par les États-Unis et la Grande-Bretagne en 2003, reposait sur le mensonge que l’Irak possédait des armes de destruction massive. Cette décision a déstabilisé et polarisé le monde dans une plus large mesure que tout autre conflit dans l’histoire.

Au lieu d’admettre le fait que le monde où nous vivions, avec des communications, des transports et des systèmes d’armes de plus en plus sophistiqués, nécessitaient un leadership lui aussi sophistiqué qui aurait pour tâche de réunir la famille mondiale, ceux qui étaient alors les dirigeants des États-Unis et du Royaume-Uni ont fabriqué de toutes pièces les raisons de se comporter comme des brutes sur un terrain de jeu et de nous diviser encore plus. Ils nous ont conduits au bord du précipice devant lequel maintenant nous sommes - avec le spectre d’une guerre contre la Syrie et l’Iran devant nous.


Si les dirigeants ont le droit de mentir, alors qui doit dire la vérité ? Les jours avant que George W. Bush et Tony Blair aient ordonné l’invasion de l’Irak, j’ai appelé la Maison Blanche et j’ai parlé à Condoleezza Rice, qui était alors conseillère à la sécurité nationale, afin d’insister pour que les inspecteurs en désarmement des Nations Unies disposent de plus de temps pour confirmer ou infirmer l’existence d’armes de destruction massive en Irak.


S’ils étaient en mesure de confirmer l’existence de telles armes, ai-je soutenu, alors le démantèlement de la menace aurait l’appui de pratiquement tout le monde. Mme Rice hésita, disant qu’il y avait trop de risques et que le président ne pouvait pas différer sa décision plus longtemps.


Sur quelles bases pouvons-nous décider que Robert Mugabe devrait aller à la Cour pénale internationale, que Tony Blair devait faire partie du circuit des conférenciers internationaux, que Ben Laden devait être assassiné, que l’Irak devait être envahi, non pas parce qu’il possède des armes de destruction massive, ainsi que le principal soutien de Bush, M. Blair, l’a avoué la semaine dernière, mais dans le but de se débarrasser de Saddam Hussein ?


Le coût de la décision de débarrasser l’Irak de ses dirigeants despotiques et criminels a été épouvantable, à commencer pour l’Irak lui-même. L’an dernier, une moyenne de 6,5 personnes y sont mortes chaque jour dans des attentats suicides et des véhicules piégés, selon le Body Count project irakien. Plus de 110 000 Irakiens ont été tués dans le conflit depuis 2003 et des millions ont été déplacées. À la fin de l’année dernière, près de 4 500 soldats américains ont été tués et plus de 32 000 blessés.


Sur ces seuls motifs, dans un monde cohérent, les responsables de cette souffrance et de la perte de tant de vies humaines devraient suivre le même chemin que certains de leurs pairs africains et asiatiques qui ont été amenés à répondre de leurs actes à La Haye.


Mais des coûts encore plus élevés ont été payés, au-delà des champs de bataille, dans les cœurs et les esprits endurcis des membres de la famille humaine à travers le monde.


Est-ce que la possibilité d’attaques terroristes a diminué ? Dans quelle mesure avons-nous réussi à amener les mondes appelés musulmans et judéo-chrétiens à se rapprocher, en semant les graines de la compréhension et de l’espoir ?


La direction des affaires du monde et la moralité sont indivisibles. Les bons dirigeants sont les gardiens de la morale. La question n’est pas de savoir si Saddam Hussein était bon ou mauvais, ou combien de ses compatriotes il avait tué. Le fait est que M. Bush et M. Blair ne devaient pas s’autoriser à s’abaisser à son niveau d’immoralité.


S’il est acceptable que des dirigeants prennent des mesures drastiques sur la base d’un mensonge, sans aveu ni excuses quand ils sont découverts, que devons-nous enseigner à nos enfants ?


Mon appel à M. Blair n’est pas de parler de leadership, mais d’en donner la preuve. Vous êtes un membre de notre famille, la famille de Dieu. Vous étiez fait pour la bonté, l’honnêteté, la moralité, l’amour, comme le sont nos frères et sœurs en Irak, aux États-Unis, en Syrie, en Israël et en Iran.


Je n’ai pas jugé approprié d’avoir cette discussion à la conférence Discovery Invest Leadership Summit à Johannesburg la semaine dernière. Alors que la date approchait, j’ai éprouvé un malaise de plus en plus profond à l’idée d’assister à un sommet sur le leadership en compagnie de M. Blair. Je présente mes sincères et humbles excuses aux organisateurs de la conférence, aux intervenants et aux délégués pour avoir pris si tard ma décision de ne pas y assister.


Desmond Tutu
* Desmond Tutu est ancien archevêque du Cap, Président de la Commission sud-africaine Vérité et Réconciliation, et lauréat du prix Nobel de la paix. Site internet : www.tutu.org

samedi 6 octobre 2012

Discours aux Nations Unies 25/9/2012 - Dr. Denis Mukwege

Excellences Messieurs les Ambassadeurs,

J’aurais voulu commencer mon discours par la formule habituelle : « j’ai l’honneur et le privilège de prendre la parole devant vous. »

Hélas ! Les femmes victimes de VS de l’Est de la RDC sont dans le déshonneur. J’ai constamment sous mes yeux les regards des vieillardes, des filles , des mères et même des bébés déshonorés. Aujourd’hui encore, plusieurs sont soumises à l’esclavage sexuel ; d’autres sont utilisées comme arme de guerre, leurs organes sont exposés aux sévices le plus ignoble.

Et cela dure depuis 16 ans ! 16 ans d’errance ; 16 ans de torture ; 16 ans de mutilation ; 16 ans de destruction de la femme, la seule ressource vitale congolaise ; 16 ans de déstructuration de toute une société. Certes, vos états respectifs ont fait beaucoup en terme de prise en charge des conséquences de ces barbaries. Nous en sommes très reconnaissant.

J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de faire partie de la communauté internationale que vous représentez ici » Mais je ne le puis. Comment le dire à vous, représentant de la communauté internationale quand, la communauté internationale a fait preuve de peur et de manque de courage pendant ces 16 ans en RDC.

J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de représenter mon pays. », mais je ne peux pas non plus. En effet, comment être fier d’appartenir à une nation sans défense ; livrée à elle-même ; pillée de toute part et impuissante devant 500.000 de ses filles violées pendant 16 ans ; 6000000 de morts de ses fils et filles pendant 16 ans sans qu’il y ait aucune perspective de solution durable.

Non, je n’ai ni l’honneur ; ni le privilège d’être là ce jour. Mon coeur est lourd. Mon honneur, c’est d’accompagner ces femmes Victimes de Violence courageuses ; ces femmes qui résistent, ces femmes qui malgré tout restent débout.

Aujourd’hui grâce au rapport des experts des nations Unies , au Mapping report du haut commissaire aux droits humain des nations unies et beaucoup d’ autres rapports crédibles , plus personne ne peut se cacher derrière l’argument de la complexité de la crise .Nous savons donc désormais les motivations de cette crise et ces différents acteurs. Ce qui fait défaut c’est la volonté politique.

Mais jusques à quand ? Jusques à quand devons nous encore assister impuissants à d’autres massacres ?

Excellences,Messieurs les Ambassadeurs ; 

c’est avec une grande humilité que je vous dis qu'on a pas besoin de plus de preuve, on a besoin d’une action, une action urgente pour arrêter les responsables de ces crimes contre l’humanité et les traduire devant la justice.

La justice n’est pas négociable on a besoin de votre condamnation unanime des groupes rebelles qui sont responsables de ces actes, on a besoin des actions concrètes à l’encontre des états membres des nations unies qui soutiennent de près ou de loin ces barbaries. Nous sommes devant une urgence humanitaire qui ne donne plus place à la tergiversation. Tous les ingrédients sont réunis pour mettre fin à une guerre injuste qui a utilisé la violence et le viol de femmes comme une stratégie de guerre. Les femmes congolaises ont droit à une protection à l’instar de toutes les femmes de cette planète.

Vouloir mettre tous ces rapports crédibles dans le tiroir de l’oubliette sera porté une atteinte grave à la crédibilité de différentes résolutions des nations unies exigeant la protection des femmes en période des conflits et donc décrédibiliser toute notre chère institution qui pourtant est censée garantir la non répétition du génocide. Les acquis de la civilisation reculent ; ils reculent par les nouvelles barbaries comme en Syrie et en RDC ; mais aussi par le silence assourdissant et le manque de courage de la communauté internationale. Nous ne saurions pas taire la vérité car elle est têtue, nous devrions plutôt l’affronter pour éviter de trahir nos idéaux .

J’ai l’honneur de dire que le courage des femmes VVS de l’Est de la RDC finira par vaincre le mal. Aidez-le à retrouver la paix !

Je vous remercie.

Denis Mukwege
Médecin Directeur
Hôpital de Panzi, Bukavu-RDCongo

jeudi 20 septembre 2012



            JOSEPH KABILA : « HAUTE TRAHISON ? »


Les Kinois n’ont pas cru leurs oreilles en suivant la retransmission de la déclaration de M. Rémy Massamba, fils du richissime propriétaire des écoles Massamba et leader d’une des ailes de l’Udps, accusant le Président de la République du crime de haute trahison. On s’était attendu à une réaction fulgurante du pouvoir  pour réfuter cette gravissime accusation et, en même temps, si pas nécessairement une action policière mais au moins une montée en ligne des médias du pouvoir. Ce fut le calme plat. Depuis, José Makila du Mlc s’est engouffré dans la brèche, suivi par un certain M. Mavungu, de l’Udpas /Tshisekedi. Visiblement, le camp présidentiel a été sonné, ce qui veut dire que, quoi qu’il advienne, plus rien ne sera comme avant.

Jusqu’à maintenant, la gestion de la politique rwandaise du pouvoir a été du domaine exclusif des Katangais, les différents ministres des affaires étrangères ayant toujours été tenus à l’écart des véritables enjeux des négociations avec Kigali.


Lors de son dernier entretien avec quelques représentants de la presse kinoise, le Président Joseph Kabila a parlé, s’agissant de la présence militaire rwandaise au Kivu, « d’un secret de Polichinelle ». En l’état, cette expression signifie « connu de tout le monde ». Si la formule fit mouche, elle fut loin d’éclaircir une question bien ténébreuse. Triés sur le volet, les journalistes présents s’abstinrent de chercher à embarrasser le Chef de l’Etat en sollicitant plus d’explications.

Mais, depuis, les faits ont été plus éloquents que les discours, des faits de plus en plus troublants, le dernier en date étant le rapatriement très médiatisé de deux compagnies des forces spéciales rwandaises. Le Dr Kiantede Nzogu, certes un anti-kabiliste avéré, n’en pose pas moins une série des questions qui rendent perplexe. L’une d’elles : «Pourquoi, en plus, le commandant militaire congolais au Nord-Kivu (général B.) et le chef de la DEMIAP (colonel Yav) sont-ils présents sur la vidéo diffusée par les Rwandais (….) riant, plaisantant et en train de s’embrasser avec leur supposé ennemi rwandais, le général Charles Kayonga, un de ceux parmi les hauts dignitaires de Kigali qui sont accusés d’avoir créé, entraîné, armé et dirigé le soi-disant M23 ?». 

Dans un article paru dans Jeune Afrique le 13 juillet dernier, M. Rudatsimburwa,, directeur de Radio-contact de Kigali, parlant sans doute au nom du pouvoir, qualifiait feu Katumba Mwanke de « plus brillant stratège politique congolais du début du 21ième siècle ». L’opinion congolaise apprenait ainsi que c’est Katumba Mwanke qui était le concepteur de la politique rwandaise de la RDC. Ce qui, par contre, était du domaine du public est que le plénipotentiaire de Kinshasa dans les contacts avec Kigali était le Général John Numbi, qui s’afficha devant les caméras avec Laurent Nkundabatware et fut payé en retour, paraît-il, d’un important cheptel de bovins transporté par une flotte d’avions au Katanga, aux frais de l’Etat congolais.
Depuis, Katumba Mwanke est mort au cours d’un accident d’avion pour n’avoir pas attaché sa ceinture de sécurité, comme si sa toute puissance lui avait fait croire pouvoir commander aux éléments.     

Le génie de M. Katumba Mwanke serait donc d’avoir inspiré cette politique qui s’abstint  de dénoncer la présence continue des forces armées rwandaises au Kivu depuis 1996, faute de l’avoir autorisée, en plus du fait d’avoir permis l’intégration des milliers des soldats rwandais dans les rangs des Fardc et confié la chaîne de commandement des armées congolaises du Nord-Katanga jusqu’à l’Ituri en  passant par les Kivu.  Comme par hasard, c’est sur cet espace que le Rwanda ambitionne d’élargir ses frontières. On peut se référer, pour ce faire, à la carte des nouvelles frontières rwandaises publiée par Kigali en 1998.

Certains de ceux qui avaient fréquenté feu Katumba disent de lui que c’est un homme qui se plaisait à dire « Hatukuya kucheza » (On n’est pas arrivé au pouvoir pour jouer mais pour s’enrichir) (traduction libre). Grâce à cette politique, le Rwanda se livre à l’épuration ethnique dans les Kivu sans discontinue, massacrant, terrorisant afin d’inciter les populations à abandonner leurs terres. En même temps, des populations rwandaises sont régulièrement transplantées au Kivu, ce dont avait rendu compte un journaliste britannique quelques années passées, ayant visité l’île d’Iwawa sur le lac Kivu où des ex-Interhamwe sont reconditionnés, réarmes et transférés au Congo. Nos compatriotes de Beni-Lubero Line ne cessent d’informer  sur des prétendus réfugiés tutsi « revenus » du Rwanda, dont les grosses familles (25 personnes en moyenne) se caractérisent par le fait que la différence d’âge entre parents supposés et enfants tournerait autour de cinq ans.


La question me posée par un homme politique européen est celle de savoir comment M. Joseph Kabila, le Président du Congo, a pu, à tout le moins, laisser faire Katumba Mwanke et son cercle des Katangais. L’explication qui me vient à l’esprit se rapporte à l’état psychologique du Chef de l’Etat. Voici un homme dont on dit que son père ne serait pas son père ; que sa mère ne serait pas sa mère (un universitaire connu ayant même déclaré avoir rencontré « sa mère biologique » aux Etats-Unis) ;  que son nom ne serait pas son nom ; que sa sœur ne serait pas sa sœur ; que sa femme ne serait pas sa femme mais celle d’Eric Lembe ; que sa tribu ne serait pas sa tribu ; que son pays ne serait pas son pays etc.
 
Une telle campagne d’intox, comparable à celle qui fut déclenchée contre Patrice Lumumba en 1960, mène inévitablement à conséquences. Le résultat est donc que Joseph Kabila se serait recroquevillé sur son très proche entourage, abandonnant pratiquement la gestion des affaires à Katumba. Car imaginez les dégâts en cas de défection d’un de ces proches, lequel aurait alimenté la thèse de sa filiation douteuse. A cela, il sied d’ajouter la dimension sécurité personnelle de la part d’un homme dont le père fut tué dans son bureau, et le grand père assassiné par des adversaires politiques.

Sous d’autres cieux, étant donné que sa fortune est faite et qu’il est encore jeune, il se serait retiré mais c’est mal connaître la nature du pouvoir en Afrique. L'ampleur des abus est telle que la perspective de quitter le pouvoir fait peur, à l’idée que le successeur ne demande des comptes. En effet, si ceux qu’on appelle les Mobutistes s’en sont tirés à si bon compte, c’est par la volonté du pouvoir qui les a remplacés. Autrement, les prisons auraient manqué de places.

A moins que le Président en soit venu à croire, ce qui semble ahurissant, que grâce à ses appuis occidentaux, qu’aucune force ne pouvait empêcher le Rwanda de réaliser ses ambitions d’expansion territoriale aux dépens du Congo.
Si cette hypothèse s’avère plausible, la pression de maints dirigeants occidentaux, dont Sarkozy, y aura été pour quelque chose.

L’autre hypothèse est celle que j’ai déjà eu à formuler, à savoir que, comme feu son père, Joseph Kabila a pu être convaincu que le projet rwandais buterait à l’handicap démographique, et que donc le Rwanda n’aurait jamais suffisamment de populations pour peupler le Kivu. Cette hypothèse semble également soutenue par Pierre Péans, dans un article retentissant paru à Bruxelles dans lequel il prône le retour des Tutsi congolais au Rwanda, leur mère patrie. Bénéficiant de la profondeur que lui donne un pays vaste, le Chef de l’Etat aurait pu penser  laisser faire le Rwanda au Kivu pendant qu’il se bâtirait une puissante armée afin d’en découdre le moment venu.

Si c’est le cas, son pari aura été extrêmement risqué. On ne dîne avec le diable qu’en se munissant d’une bien longue cuillère. Celle du Président a été trop courte. En l’occurrence, penser surprendre un ennemi si futé, qui a su rouler dans la farine le monde entier, relevait de l’équation impossible.

Ensuite, la volonté de construire une armée forte, dans un climat de corruption généralisée, systémique, est une chimère. Pour créer les conditions devant inciter le soldat à sacrifier sa vie pour son pays, il faut impérativement une gouvernance plus ou moins saine. Le soldat doit bénéficier d’une solde permettant de se valoriser au sein de la société ; il doit être convaincu qu’en tombant sur le champ de bataille, sa famille aura la reconnaissance de l’Etat. La Nation doit poser des actes forts en reconnaissance de ceux qui l’ont précédé dans le sacrifice. Ce n’est pas pour rien que dans la plupart des pays du monde, l’entretien de la flamme du soldat inconnu est élevé au rang du premier devoir de la Nation, que des cérémonies grandioses sont régulièrement organisées pour saluer la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés pour le pays. Au Congo, rien de tout cela n’est fait. Si c’était pour endormir la vigilance de Kagame, c’est raté.

Il y a quelques semaines, une information de la presse britannique, toujours en avance sur l’Afrique, indiquait que Kigali aurait décidé l’éviction de Joseph Kabila. Un des noms cités pour le remplacer serait….John Numbi, empêtré dans le scandale de l’assassinat de Floribert Chebeya. John Numbi est l’ancien patron des jeunesses de la Juferi de Kyungu Wa Kumwanza lors du pogrom des Kasaïens dans les années 90. Or, que constate t-on ? Kyungu, un sécessionniste katangais notoirement connu,  est entré dans une soudaine agitation politique, soi-disant pour forcer Kinshasa à organiser un référendum sur l’autonomie des provinces. Entre-temps, par le M23 interposé, le Rwanda a promis un coup d’Etat à Kinshasa en septembre.

Je crois devoir ajouter l’information donnée par l’ambassade de la RDC à Bruxelles indiquant que la décision ayant frappé  le cinéaste belge Thierry Michel, refoulé de Kinshasa malgré la possession d’un visa en règle, n’avait été prise ni par la Présidence, ni par la Primature. Cela veut clairement dire que, pour le moins, le pouvoir, au Congo,  ne serait pas aussi concentré comme il le fut sous Mobutu ou sous Laurent Kabila.

Il y a quelques années, Laurent Nkunda avait déclaré que Joseph Kabila était tutsi comme lui, ce qui est évidemment faux mais destiné à le discréditer aux yeux de ses compatriotes. Comme chez eux rien ne se passe au hasard, les observateurs en avaient conclu que le Président congolais était dans le viseur de Kagame. James Kabarebe, dans sa longue interview avec Braeckman, vient de l’accuser d’être associé à Bosco Ntanganda dans le trafic des minerais au Kivu. S’y ajoute, naturellement, l’épisode du rapatriement des deux compagnies spéciales rwandaises.

Pourquoi le Président reste-il sans voix ? Ses détracteurs disent, comme on le lit sur le Net, que c’est par peur que Kigali ne « le déballe » davantage. Mais ceux qui le soutiennent rappellent qu’il communique généralement peu, et souvent mal et que sa stratégie ne l’a pas empêché de rester au pouvoir depuis plus de 10 ans. Mais s’il communique mal, Joseph Kabila bénéficie des effets d’un retournement de l’opinion internationale non seulement au sujet des crimes commis par Kigali au Kivu mais des tenants et aboutissants du génocide rwandais. Il y a eu tellement d’écrits, tellement d’enquêtes notamment menées par des experts du Tribunal d’Arusha, des investigations menées par des chercheurs américains qui démontrent que si génocide il y a eu au Rwanda, il fut le fait du Fpr.

Mais comment faire alors que les Etats-Unis, l’Angleterre, voire la Belgique, ont été impliqués dans la commission des massacres ayant permis au Fpr de prendre le pouvoir,  même si le vent tourne immanquablement ? Il y a trois ans, le Premier Ministre Yves le Terme avait refusé de rencontrer Kagame de passage à Bruxelles, tout comme son Ministre des Affaires étrangères Van Ackerre, alors qu’auparavant, les autorités belges s’empressaient de dérouler le tapis rouge pour le tyran de Kigali. De surcroît, les rapports de force au niveau mondial ne sont plus ce qu’ils étaient dans les années 90 et le Fpr lui-même est en proie à de graves dissensions d’ordre historico-culturelles entre Bega et Nyinginya qui vont inévitablement se terminer par des massacres généralisés comme cela a toujours été le cas dans l’histoire des monarchies tutsi à l’époque pré-coloniale.

Toutefois, même si la conjoncture internationale est favorable, le Congo ne se tirera des griffes rwandaises qu’en mobilisant toutes ses forces. Or, pour y parvenir, le Chef de l’Etat a trois faiblesses de taille qu’il devrait d’abord vaincre : 1. la corruption généralisée (la quasi-totalité des responsables sont concernés). (Adccepteraient-ils la perte de leurs privilèges sans réagir ?) ; 2. Un appareil de l’Etat loin ’être totalement sous contrôle, y compris l’armée dont par exemple le bataillon Simba est la propriété personnelle de John Numbi alors que, par ailleurs, la loyauté de maints hauts responsables politiques et militaires issus de l’Afdl, Rcd, Mlc, Cndp et autres créations rwando-ougandaises demeure douteuse ; 3. La perte de confiance d’une population qu’il faudra convaincre de l’inanité ou de la fausseté de l’accusation de haute trahison.

Je ne serais pas complet si j’oubliais de mentionner l’effet dévastateur de la décision de porter le salaire des parlementaires à……13.000 $ (parmi les plus élevés du monde) dans un pays qui n’arrive pas à payer 70$ à ses soldats.
       
Wait end see

Albert Kisonga Mazakala    

dimanche 16 septembre 2012



Réaction de Bo Logogo au rapport de Human Rights Watch accusant M23 de crimes de guerre en RDC

Un bon rapport documenté de plus ! Mais rien de neuf sous le soleil de grands lacs depuis que les maîtres du monde ont octroyé, à vil prix, à Museveni et Kagamé principalement « la gestion, le permis de tuer, le droit de piller, d’exploiter les ressources  et d’assurer la police » en RDC : exécutions sommaires, enlèvements, femmes enceintes éventrées, enterrement des personnes vivantes, viols à petite et grande échelles, destruction méchante des infrastructures, recrutements forcés d’enfants mineurs (kadogo), et d'autres exactions sont monnaie courante depuis 1996. En marche, le génocide à « basse intensité » en RDC !

HRW accuse M23 de mêmes griefs reprochés jadis à ses aînés directs AFDL, RCD et CNDP principalement. Car M23 utilise les mêmes recettes conçues par les mêmes maîtres !  Comme disait mon frère de gauche, « M23, CNDP, RCD et AFDL sont nés de la volonté de mêmes  personnes. Ils ont commis ou continuent de commettre les mêmes types de violations de droits humains avec l’appui des mêmes personnes pour atteindre les mêmes objectifs ou presque : mettre la RDC sous la coupe du Rwanda, affaiblir l’État congolais par un manque criant de leadership national, promouvoir la corruption et les antivaleurs, dépeupler le Kivu de ses habitants congolais pour le peupler principalement par les TUTSI et piller, sans état d’âme, les ressources de la RDC au détriment des congolais » !

La liste des membres de ce « conglomérat d’aventuriers » est bien connue. Bien que ces criminels soient soigneusement identifiés par la communauté internationale, ses principaux lieutenants sont hautement protégés ! Ce n’est pas le juge espagnol, Fernando Andreu, qui nous contredirait. Car «  il existe suffisamment de preuves contre les quarante officiers rwandais, parmi lesquels figure le général Karenzi Karake, actuellement commandant-adjoint de la force hybride ONU-Union africaine au Darfour »! Quid des membres de l’AFDL et alliés qui ont massacré des centaines de milliers des hutus et des congolais essentiellement au pouvoir à Kigali, à Kampala et à Kinshasa !

Mélangées, malaxées, mixées, brassées, … et si déployées à l’Est de la RDC, les FARDC sont en réalité dans ce cas les « Forces Armées Rwandaises Déployées au Congo, FARDC ». Elles sont cruelles au même niveau que ses 4 consœurs (AFDL, RCD, CNDP, M23) : usage des mêmes méthodes et pratiques,  et obéissent à la même chaîne de commandement (suivez mon regard) ! Impunité assurée à ses membres et mieux encore, promotion, garantie de fonction et protection aux plus cyniques (Nkunda, Mutebezi, Ntaganda dit le Terminator, etc.)! Qu’attendent les autorités de Kinshasa, pour émettre des mandats d’arrêts internationaux contre ces délinquants, sujets rwandais et/ou réactiver rapidement la plainte à la CPI contre le Rwanda (abusivement retirée) ? Mieux encore, les autorités de Kinshasa devraient constituer depuis lors une « Armée Nationale Congolaise, ANC » disciplinée, mieux entrainée et équipée, et surtout bien payée (à la congolaise) et encadrée par des vrais chefs militaires non par « des hommes d’affaires ou des civils incompétents et armés à moralité douteuse » ! FARDC doivent cesser de demeurer « forces armées » au même titre que d’autres « forces négatives » pour devenir une « Armée Nationale : disciplinée, hiérarchisée au service de la NATION exclusivement,les soldats indisciplinés n'imposent pas leur loi et encore choisir leur coin d'affectation (proche de leur pays d'origine !)». Sinon, la ligne de la complicité et de la trahison est vite franchie !

Les accusations de HRW ont l’avantage d’être une actualisation, mieux une accumulation des témoignages ou une mise à jour documentée des preuves et un chargement de la conscience insensible de la communauté internationale (usa, uk, ca, fr, de, be, etc.), principale « soutien de ces criminels » !  Attendons impatiemment que  HRW porte plainte à « la CPI contre tous ces malfaiteurs comme font d’autres ONG occidentales contre certains dirigeants africains pour les biens mal acquis », et ça sera justice. Ceux qui se disent « congolais d'expression rwandaise » ont encore à prouver leur « amour à la Patrie qu'ils estiment être aussi la leur en dénonçant, par exemple, les mensonges légendaires de Kigali (qui nie tout depuis toujours, 1996) et après se vante de leurs exploits dans les opérations et manœuvres en RDC !

Se/  Bo Logogo