mercredi 31 octobre 2012
Message de félicitation et d'encouragement au nouveau gouverneur élu de la province orientale : Jean BAMANISA
Avec soulagement et un sentiment de prières exhaussées par le travail de qualité
abattu par nos députés provinciaux (que nous croyions, à tort, liés uniquement à
leurs ventres), j’ai appris l’excellente nouvelle concernant votre élection en
qualité du gouverneur de notre province.
Je tiens à vous dire combien je me
réjouis pour vous, car je m’imagine à
combien de sacrifices au quotidien vous avez consenti pour parvenir à ce
résultat quasi miraculeux ! Ainsi que le disait Goethe, «Un grand sacrifice est aisé, ce sont les
petits sacrifices qui sont durs ». Parmi ces derniers au quotidien, le
rassemblement des cœurs et des esprits de toutes les filles et fils de la PO, la
mobilisation générale pour la matérialisation de votre programme d’action à
court, moyen et long termes qui nous fait rêver et suscite en nous un brin d’espoir…
Je vous adresse donc tous mes vœux de réussite dans cette nouvelle fonction
et face aux défis multiformes à relever vous réitère tout notre engagement à
soutenir la mise en œuvre méthodique de votre plan et vous assure de notre
disponibilité.
Avec nos meilleurs souvenirs …
ThéoBaelo
mardi 9 octobre 2012
Si les dirigeants ont le droit de mentir, alors qui doit dire la vérité ?
"Tony Blair doit être jugé à la Haye pour crime de guerre ": (Desmond Tutu)
________________________________________
"Tony Blair doit être jugé à la Haye pour crime de guerre ": (Desmond Tutu)
________________________________________
L’immoralité de la décision d’envahir l’Irak, prise par les États-Unis et la Grande-Bretagne en 2003, reposait sur le mensonge que l’Irak possédait des armes de destruction massive. Cette décision a déstabilisé et polarisé le monde dans une plus large mesure que tout autre conflit dans l’histoire.
Au lieu d’admettre le fait que le monde où nous vivions, avec des communications, des transports et des systèmes d’armes de plus en plus sophistiqués, nécessitaient un leadership lui aussi sophistiqué qui aurait pour tâche de réunir la famille mondiale, ceux qui étaient alors les dirigeants des États-Unis et du Royaume-Uni ont fabriqué de toutes pièces les raisons de se comporter comme des brutes sur un terrain de jeu et de nous diviser encore plus. Ils nous ont conduits au bord du précipice devant lequel maintenant nous sommes - avec le spectre d’une guerre contre la Syrie et l’Iran devant nous.
Si les dirigeants ont le droit de mentir, alors qui doit dire la vérité ? Les jours avant que George W. Bush et Tony Blair aient ordonné l’invasion de l’Irak, j’ai appelé la Maison Blanche et j’ai parlé à Condoleezza Rice, qui était alors conseillère à la sécurité nationale, afin d’insister pour que les inspecteurs en désarmement des Nations Unies disposent de plus de temps pour confirmer ou infirmer l’existence d’armes de destruction massive en Irak.
S’ils étaient en mesure de confirmer l’existence de telles armes, ai-je soutenu, alors le démantèlement de la menace aurait l’appui de pratiquement tout le monde. Mme Rice hésita, disant qu’il y avait trop de risques et que le président ne pouvait pas différer sa décision plus longtemps.
Sur quelles bases pouvons-nous décider que Robert Mugabe devrait aller à la Cour pénale internationale, que Tony Blair devait faire partie du circuit des conférenciers internationaux, que Ben Laden devait être assassiné, que l’Irak devait être envahi, non pas parce qu’il possède des armes de destruction massive, ainsi que le principal soutien de Bush, M. Blair, l’a avoué la semaine dernière, mais dans le but de se débarrasser de Saddam Hussein ?
Le coût de la décision de débarrasser l’Irak de ses dirigeants despotiques et criminels a été épouvantable, à commencer pour l’Irak lui-même. L’an dernier, une moyenne de 6,5 personnes y sont mortes chaque jour dans des attentats suicides et des véhicules piégés, selon le Body Count project irakien. Plus de 110 000 Irakiens ont été tués dans le conflit depuis 2003 et des millions ont été déplacées. À la fin de l’année dernière, près de 4 500 soldats américains ont été tués et plus de 32 000 blessés.
Sur ces seuls motifs, dans un monde cohérent, les responsables de cette souffrance et de la perte de tant de vies humaines devraient suivre le même chemin que certains de leurs pairs africains et asiatiques qui ont été amenés à répondre de leurs actes à La Haye.
Mais des coûts encore plus élevés ont été payés, au-delà des champs de bataille, dans les cœurs et les esprits endurcis des membres de la famille humaine à travers le monde.
Est-ce que la possibilité d’attaques terroristes a diminué ? Dans quelle mesure avons-nous réussi à amener les mondes appelés musulmans et judéo-chrétiens à se rapprocher, en semant les graines de la compréhension et de l’espoir ?
La direction des affaires du monde et la moralité sont indivisibles. Les bons dirigeants sont les gardiens de la morale. La question n’est pas de savoir si Saddam Hussein était bon ou mauvais, ou combien de ses compatriotes il avait tué. Le fait est que M. Bush et M. Blair ne devaient pas s’autoriser à s’abaisser à son niveau d’immoralité.
S’il est acceptable que des dirigeants prennent des mesures drastiques sur la base d’un mensonge, sans aveu ni excuses quand ils sont découverts, que devons-nous enseigner à nos enfants ?
Mon appel à M. Blair n’est pas de parler de leadership, mais d’en donner la preuve. Vous êtes un membre de notre famille, la famille de Dieu. Vous étiez fait pour la bonté, l’honnêteté, la moralité, l’amour, comme le sont nos frères et sœurs en Irak, aux États-Unis, en Syrie, en Israël et en Iran.
Je n’ai pas jugé approprié d’avoir cette discussion à la conférence Discovery Invest Leadership Summit à Johannesburg la semaine dernière. Alors que la date approchait, j’ai éprouvé un malaise de plus en plus profond à l’idée d’assister à un sommet sur le leadership en compagnie de M. Blair. Je présente mes sincères et humbles excuses aux organisateurs de la conférence, aux intervenants et aux délégués pour avoir pris si tard ma décision de ne pas y assister.
Desmond Tutu
* Desmond Tutu est ancien archevêque du Cap, Président de la Commission
sud-africaine Vérité et Réconciliation, et lauréat du prix Nobel de la
paix. Site internet : www.tutu.org
samedi 6 octobre 2012
Discours aux Nations Unies 25/9/2012 - Dr. Denis Mukwege
Excellences Messieurs les Ambassadeurs,
J’aurais voulu commencer mon discours par la formule habituelle : « j’ai l’honneur et le privilège de prendre la parole devant vous. »
Hélas ! Les femmes victimes de VS de l’Est de la RDC sont dans le
déshonneur. J’ai constamment sous mes yeux les regards des vieillardes,
des filles , des mères et même des bébés déshonorés. Aujourd’hui
encore, plusieurs sont soumises à l’esclavage sexuel ; d’autres sont
utilisées comme arme de guerre, leurs organes sont exposés aux sévices
le plus ignoble.
Et cela dure depuis 16 ans ! 16 ans d’errance ; 16
ans de torture ; 16 ans de mutilation ; 16 ans de destruction de la
femme, la seule ressource vitale congolaise ; 16 ans de déstructuration
de toute une société. Certes, vos états respectifs ont fait
beaucoup en terme de prise en charge des conséquences de ces barbaries.
Nous en sommes très reconnaissant.
J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de faire partie de la communauté internationale que vous représentez ici » Mais je ne le puis. Comment le dire à vous, représentant de la communauté internationale
quand, la communauté internationale a fait preuve de peur et de manque
de courage pendant ces 16 ans en RDC.
J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de représenter mon pays. », mais je ne peux pas non plus. En effet, comment être fier d’appartenir à une nation sans défense ; livrée à elle-même ; pillée de toute part et impuissante devant 500.000 de ses filles violées pendant
16 ans ; 6000000 de morts de ses fils et filles pendant 16 ans sans
qu’il y ait aucune perspective de solution durable.
Non, je n’ai ni l’honneur ; ni le privilège d’être là ce jour. Mon coeur est lourd. Mon honneur, c’est d’accompagner ces femmes Victimes de Violence
courageuses ; ces femmes qui résistent, ces femmes qui malgré tout
restent débout.
Aujourd’hui grâce au rapport des experts des nations
Unies , au Mapping report du haut commissaire aux droits humain des
nations unies et beaucoup d’ autres rapports crédibles , plus personne
ne peut se cacher derrière l’argument de la complexité de la crise .Nous
savons donc désormais les motivations de cette crise et ces différents
acteurs. Ce qui fait défaut c’est la volonté politique.
Mais jusques à quand ? Jusques à quand devons nous encore assister impuissants à d’autres massacres ?
Excellences,Messieurs les Ambassadeurs ;
c’est avec une grande humilité que je vous dis qu'on a pas besoin de plus de preuve, on a besoin d’une action, une action urgente pour arrêter les responsables de ces crimes contre l’humanité et les traduire devant la justice.
c’est avec une grande humilité que je vous dis qu'on a pas besoin de plus de preuve, on a besoin d’une action, une action urgente pour arrêter les responsables de ces crimes contre l’humanité et les traduire devant la justice.
La justice
n’est pas négociable on a besoin de votre condamnation unanime des
groupes rebelles qui sont responsables de ces actes, on a besoin des
actions concrètes à l’encontre des états membres des nations unies qui
soutiennent de près ou de loin ces barbaries. Nous sommes devant une
urgence humanitaire qui ne donne plus place à la tergiversation. Tous
les ingrédients sont réunis pour mettre fin à une guerre injuste qui a
utilisé la violence et le viol de femmes comme une stratégie de guerre.
Les femmes congolaises ont droit à une protection à l’instar de toutes
les femmes de cette planète.
Vouloir mettre tous ces rapports
crédibles dans le tiroir de l’oubliette sera porté une atteinte grave à
la crédibilité de différentes résolutions des nations unies exigeant la
protection des femmes en période des conflits et donc décrédibiliser
toute notre chère institution qui pourtant est censée garantir la non répétition du génocide. Les acquis de la civilisation reculent ; ils reculent par les nouvelles
barbaries comme en Syrie et en RDC ; mais aussi par le silence
assourdissant et le manque de courage de la communauté internationale. Nous ne saurions pas taire la vérité car elle est têtue, nous devrions plutôt l’affronter pour éviter de trahir nos idéaux .
J’ai l’honneur de dire que le courage des femmes VVS de l’Est de la RDC finira par vaincre le mal. Aidez-le à retrouver la paix !
Je vous remercie.
Denis Mukwege
Médecin Directeur
Hôpital de Panzi, Bukavu-RDCongo
jeudi 20 septembre 2012
JOSEPH KABILA : « HAUTE TRAHISON ? »
Les Kinois
n’ont pas cru leurs oreilles en suivant la retransmission de la déclaration de
M. Rémy Massamba, fils du richissime propriétaire des écoles Massamba et leader
d’une des ailes de l’Udps, accusant le Président de la République du crime de
haute trahison. On s’était attendu à une réaction fulgurante du pouvoir pour réfuter cette gravissime accusation et,
en même temps, si pas nécessairement une action policière mais au moins une montée
en ligne des médias du pouvoir. Ce fut le calme plat. Depuis, José Makila du
Mlc s’est engouffré dans la brèche, suivi par un certain M. Mavungu, de
l’Udpas /Tshisekedi. Visiblement, le camp présidentiel a été sonné, ce qui
veut dire que, quoi qu’il advienne, plus rien ne sera comme avant.
Jusqu’à
maintenant, la gestion de la politique rwandaise du pouvoir a été du domaine
exclusif des Katangais, les différents ministres des affaires étrangères ayant
toujours été tenus à l’écart des véritables enjeux des négociations avec
Kigali.
Lors de son
dernier entretien avec quelques représentants de la presse kinoise, le
Président Joseph Kabila a parlé, s’agissant de la présence militaire rwandaise
au Kivu, « d’un secret de Polichinelle ». En l’état, cette expression
signifie « connu de tout le monde ». Si la formule fit mouche, elle fut
loin d’éclaircir une question bien ténébreuse. Triés sur le volet, les
journalistes présents s’abstinrent de chercher à embarrasser le Chef de l’Etat
en sollicitant plus d’explications.
Mais,
depuis, les faits ont été plus éloquents que les discours, des faits de plus en
plus troublants, le dernier en date étant le rapatriement très médiatisé de
deux compagnies des forces spéciales rwandaises. Le Dr Kiantede Nzogu, certes
un anti-kabiliste avéré, n’en pose pas moins une série des questions qui
rendent perplexe. L’une d’elles : «Pourquoi,
en plus, le commandant militaire congolais au Nord-Kivu (général B.) et le chef
de la DEMIAP (colonel Yav) sont-ils présents sur la vidéo diffusée par les
Rwandais (….) riant, plaisantant et en train de s’embrasser avec leur supposé
ennemi rwandais, le général Charles Kayonga, un de ceux parmi les hauts
dignitaires de Kigali qui sont accusés d’avoir créé, entraîné, armé et dirigé
le soi-disant M23 ?».
Dans un
article paru dans Jeune Afrique le 13 juillet dernier, M. Rudatsimburwa,,
directeur de Radio-contact de Kigali, parlant sans doute au nom du pouvoir,
qualifiait feu Katumba Mwanke de « plus brillant stratège politique congolais
du début du 21ième siècle ». L’opinion congolaise apprenait ainsi
que c’est Katumba Mwanke qui était le concepteur de la politique rwandaise de
la RDC. Ce qui, par contre, était du domaine du public est que le
plénipotentiaire de Kinshasa dans les contacts avec Kigali était le Général
John Numbi, qui s’afficha devant les caméras avec Laurent Nkundabatware et fut
payé en retour, paraît-il, d’un important cheptel de bovins transporté par une
flotte d’avions au Katanga, aux frais de l’Etat congolais.
Depuis,
Katumba Mwanke est mort au cours d’un accident d’avion pour n’avoir pas attaché
sa ceinture de sécurité, comme si sa toute puissance lui avait fait croire
pouvoir commander aux éléments.
Le génie de
M. Katumba Mwanke serait donc d’avoir inspiré cette politique qui
s’abstint de dénoncer la présence
continue des forces armées rwandaises au Kivu depuis 1996, faute de l’avoir
autorisée, en plus du fait d’avoir permis l’intégration des milliers des
soldats rwandais dans les rangs des Fardc et confié la chaîne de commandement
des armées congolaises du Nord-Katanga jusqu’à l’Ituri en passant par les Kivu. Comme par hasard, c’est sur cet espace que le
Rwanda ambitionne d’élargir ses frontières. On peut se référer, pour ce faire,
à la carte des nouvelles frontières rwandaises publiée par Kigali en 1998.
Certains de
ceux qui avaient fréquenté feu Katumba disent de lui que c’est un homme qui se
plaisait à dire « Hatukuya kucheza » (On n’est pas arrivé au pouvoir
pour jouer mais pour s’enrichir) (traduction libre). Grâce à cette politique,
le Rwanda se livre à l’épuration ethnique dans les Kivu sans discontinue,
massacrant, terrorisant afin d’inciter les populations à abandonner leurs
terres. En même temps, des populations rwandaises sont régulièrement
transplantées au Kivu, ce dont avait rendu compte un journaliste britannique
quelques années passées, ayant visité l’île d’Iwawa sur le lac Kivu où des
ex-Interhamwe sont reconditionnés, réarmes et transférés au Congo. Nos
compatriotes de Beni-Lubero Line ne cessent d’informer sur des prétendus réfugiés tutsi
« revenus » du Rwanda, dont les grosses familles (25 personnes en
moyenne) se caractérisent par le fait que la différence d’âge entre parents
supposés et enfants tournerait autour de cinq ans.
La question
me posée par un homme politique européen est celle de savoir comment M. Joseph
Kabila, le Président du Congo, a pu, à tout le moins, laisser faire Katumba
Mwanke et son cercle des Katangais. L’explication qui me vient à l’esprit se
rapporte à l’état psychologique du Chef de l’Etat. Voici un homme dont on dit
que son père ne serait pas son père ; que sa mère ne serait pas sa mère
(un universitaire connu ayant même déclaré avoir rencontré « sa mère
biologique » aux Etats-Unis) ;
que son nom ne serait pas son nom ; que sa sœur ne serait pas sa
sœur ; que sa femme ne serait pas sa femme mais celle d’Eric Lembe ;
que sa tribu ne serait pas sa tribu ; que son pays ne serait pas son pays
etc.
Une telle
campagne d’intox, comparable à celle qui fut déclenchée contre Patrice Lumumba
en 1960, mène inévitablement à conséquences. Le résultat est donc que Joseph
Kabila se serait recroquevillé sur son très proche entourage, abandonnant
pratiquement la gestion des affaires à Katumba. Car imaginez les dégâts en cas
de défection d’un de ces proches, lequel aurait alimenté la thèse de sa
filiation douteuse. A cela, il sied d’ajouter la dimension sécurité personnelle
de la part d’un homme dont le père fut tué dans son bureau, et le grand père
assassiné par des adversaires politiques.
Sous
d’autres cieux, étant donné que sa fortune est faite et qu’il est encore jeune,
il se serait retiré mais c’est mal connaître la nature du pouvoir en Afrique. L'ampleur des abus est telle que la perspective de quitter le pouvoir fait peur,
à l’idée que le successeur ne demande des comptes. En effet, si ceux qu’on
appelle les Mobutistes s’en sont tirés à si bon compte, c’est par la volonté du
pouvoir qui les a remplacés. Autrement, les prisons auraient manqué de places.
A moins que
le Président en soit venu à croire, ce qui semble ahurissant, que grâce à ses
appuis occidentaux, qu’aucune force ne pouvait empêcher le Rwanda de réaliser
ses ambitions d’expansion territoriale aux dépens du Congo.
Si cette
hypothèse s’avère plausible, la pression de maints dirigeants occidentaux, dont
Sarkozy, y aura été pour quelque chose.
L’autre
hypothèse est celle que j’ai déjà eu à formuler, à savoir que, comme feu son
père, Joseph Kabila a pu être convaincu que le projet rwandais buterait à
l’handicap démographique, et que donc le Rwanda n’aurait jamais suffisamment de
populations pour peupler le Kivu. Cette hypothèse semble également soutenue par
Pierre Péans, dans un article retentissant paru à Bruxelles dans lequel il
prône le retour des Tutsi congolais au Rwanda, leur mère patrie. Bénéficiant de
la profondeur que lui donne un pays vaste, le Chef de l’Etat aurait pu penser laisser faire le Rwanda au Kivu pendant qu’il
se bâtirait une puissante armée afin d’en découdre le moment venu.
Si c’est le
cas, son pari aura été extrêmement risqué. On ne dîne avec le diable qu’en se
munissant d’une bien longue cuillère. Celle du Président a été trop courte. En l’occurrence,
penser surprendre un ennemi si futé, qui a su rouler dans la farine le monde
entier, relevait de l’équation impossible.
Ensuite, la
volonté de construire une armée forte, dans un climat de corruption
généralisée, systémique, est une chimère. Pour créer les conditions devant
inciter le soldat à sacrifier sa vie pour son pays, il faut impérativement une
gouvernance plus ou moins saine. Le soldat doit bénéficier d’une solde
permettant de se valoriser au sein de la société ; il doit être convaincu
qu’en tombant sur le champ de bataille, sa famille aura la reconnaissance de
l’Etat. La Nation doit poser des actes forts en reconnaissance de ceux qui
l’ont précédé dans le sacrifice. Ce n’est pas pour rien que dans la plupart des
pays du monde, l’entretien de la flamme du soldat inconnu est élevé au rang du
premier devoir de la Nation, que des cérémonies grandioses sont régulièrement
organisées pour saluer la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés pour le pays.
Au Congo, rien de tout cela n’est fait. Si c’était pour endormir la vigilance
de Kagame, c’est raté.
Il y a
quelques semaines, une information de la presse britannique, toujours en avance
sur l’Afrique, indiquait que Kigali aurait décidé l’éviction de Joseph Kabila.
Un des noms cités pour le remplacer serait….John Numbi, empêtré dans le
scandale de l’assassinat de Floribert Chebeya. John Numbi est l’ancien patron
des jeunesses de la Juferi de Kyungu Wa Kumwanza lors du pogrom des Kasaïens
dans les années 90. Or, que constate t-on ? Kyungu, un sécessionniste
katangais notoirement connu, est entré
dans une soudaine agitation politique, soi-disant pour forcer Kinshasa à
organiser un référendum sur l’autonomie des provinces. Entre-temps, par le M23
interposé, le Rwanda a promis un coup d’Etat à Kinshasa en septembre.
Je crois
devoir ajouter l’information donnée par l’ambassade de la RDC à Bruxelles
indiquant que la décision ayant frappé le
cinéaste belge Thierry Michel, refoulé de Kinshasa malgré la possession d’un
visa en règle, n’avait été prise ni par la Présidence, ni par la Primature.
Cela veut clairement dire que, pour le moins, le pouvoir, au Congo, ne serait pas aussi concentré comme il le fut
sous Mobutu ou sous Laurent Kabila.
Il y a
quelques années, Laurent Nkunda avait déclaré que Joseph Kabila était tutsi
comme lui, ce qui est évidemment faux mais destiné à le discréditer aux yeux de
ses compatriotes. Comme chez eux rien ne se passe au hasard, les observateurs
en avaient conclu que le Président congolais était dans le viseur de Kagame.
James Kabarebe, dans sa longue interview avec Braeckman, vient de l’accuser d’être
associé à Bosco Ntanganda dans le trafic des minerais au Kivu. S’y ajoute,
naturellement, l’épisode du rapatriement des deux compagnies spéciales
rwandaises.
Pourquoi le
Président reste-il sans voix ? Ses détracteurs disent, comme on le lit sur
le Net, que c’est par peur que Kigali ne « le déballe » davantage.
Mais ceux qui le soutiennent rappellent qu’il communique généralement peu, et
souvent mal et que sa stratégie ne l’a pas empêché de rester au pouvoir depuis
plus de 10 ans. Mais s’il communique mal, Joseph Kabila bénéficie des effets
d’un retournement de l’opinion internationale non seulement au sujet des crimes
commis par Kigali au Kivu mais des tenants et aboutissants du génocide
rwandais. Il y a eu tellement d’écrits, tellement d’enquêtes notamment menées
par des experts du Tribunal d’Arusha, des investigations menées par des
chercheurs américains qui démontrent que si génocide il y a eu au Rwanda, il
fut le fait du Fpr.
Mais comment
faire alors que les Etats-Unis, l’Angleterre, voire la Belgique, ont été
impliqués dans la commission des massacres ayant permis au Fpr de prendre le
pouvoir, même si le vent tourne immanquablement ? Il y a trois ans,
le Premier Ministre Yves le Terme avait refusé de rencontrer Kagame de passage
à Bruxelles, tout comme son Ministre des Affaires étrangères Van Ackerre, alors
qu’auparavant, les autorités belges s’empressaient de dérouler le tapis rouge
pour le tyran de Kigali. De surcroît, les rapports de force au niveau mondial
ne sont plus ce qu’ils étaient dans les années 90 et le Fpr lui-même est en
proie à de graves dissensions d’ordre historico-culturelles entre Bega et
Nyinginya qui vont inévitablement se terminer par des massacres généralisés
comme cela a toujours été le cas dans l’histoire des monarchies tutsi à
l’époque pré-coloniale.
Toutefois,
même si la conjoncture internationale est favorable, le Congo ne se tirera des
griffes rwandaises qu’en mobilisant toutes ses forces. Or, pour y parvenir, le
Chef de l’Etat a trois faiblesses de taille qu’il devrait d’abord
vaincre : 1. la corruption généralisée (la quasi-totalité des responsables
sont concernés). (Adccepteraient-ils la perte de leurs privilèges sans réagir ?) ;
2. Un appareil de l’Etat loin ’être totalement sous contrôle, y compris
l’armée dont par exemple le bataillon Simba est la propriété personnelle de
John Numbi alors que, par ailleurs, la loyauté de maints hauts responsables
politiques et militaires issus de l’Afdl, Rcd, Mlc, Cndp et autres créations
rwando-ougandaises demeure douteuse ; 3. La perte de confiance d’une population
qu’il faudra convaincre de l’inanité ou de la fausseté de l’accusation de haute
trahison.
Je ne serais
pas complet si j’oubliais de mentionner l’effet dévastateur de la décision de
porter le salaire des parlementaires à……13.000 $ (parmi les plus élevés du
monde) dans un pays qui n’arrive pas à payer 70$ à ses soldats.
Wait end see
Albert Kisonga Mazakala
dimanche 16 septembre 2012
Réaction de Bo Logogo au rapport de Human Rights Watch accusant
M23 de crimes de guerre en RDC
Un bon rapport documenté de plus ! Mais
rien de neuf sous le soleil de grands lacs depuis que les maîtres du monde ont
octroyé, à vil prix, à Museveni et Kagamé principalement « la gestion, le permis de tuer, le droit de
piller, d’exploiter les ressources et
d’assurer la police » en RDC : exécutions sommaires, enlèvements, femmes enceintes éventrées, enterrement
des personnes vivantes, viols à petite et grande échelles, destruction méchante
des infrastructures, recrutements forcés d’enfants mineurs (kadogo), et
d'autres exactions sont monnaie courante depuis 1996. En marche, le génocide à
« basse intensité » en RDC !
HRW accuse M23 de mêmes griefs reprochés jadis à ses aînés directs AFDL,
RCD et CNDP principalement. Car M23 utilise les mêmes recettes conçues par les
mêmes maîtres ! Comme disait mon frère
de gauche, « M23, CNDP, RCD et AFDL
sont nés de la volonté de mêmes
personnes. Ils ont commis ou continuent de commettre les mêmes types de
violations de droits humains avec l’appui des mêmes personnes pour atteindre
les mêmes objectifs ou presque : mettre la RDC sous la coupe du Rwanda, affaiblir l’État congolais par un manque criant de leadership national,
promouvoir la corruption et les antivaleurs, dépeupler le
Kivu de ses habitants congolais pour le peupler principalement par les TUTSI et
piller, sans état d’âme, les ressources de la RDC au détriment des
congolais » !
La liste des membres de ce « conglomérat d’aventuriers » est bien
connue. Bien que ces criminels soient soigneusement identifiés par la
communauté internationale, ses principaux lieutenants sont hautement
protégés ! Ce n’est pas le juge
espagnol, Fernando Andreu, qui nous contredirait.
Car « il existe suffisamment
de preuves contre les quarante officiers rwandais, parmi lesquels figure le
général Karenzi Karake, actuellement commandant-adjoint de la force hybride
ONU-Union africaine au Darfour »! Quid
des membres de l’AFDL et alliés qui ont massacré des centaines de milliers des
hutus et des congolais essentiellement au pouvoir à Kigali, à Kampala et à
Kinshasa !
Mélangées, malaxées, mixées, brassées, … et si déployées à l’Est de la RDC,
les FARDC sont en réalité dans ce cas les « Forces Armées Rwandaises Déployées au Congo, FARDC ». Elles
sont cruelles au même niveau que ses 4 consœurs (AFDL, RCD, CNDP, M23) :
usage des mêmes méthodes et pratiques,
et obéissent à la même chaîne de commandement (suivez mon regard) !
Impunité assurée à ses membres et mieux encore, promotion, garantie de fonction
et protection aux plus cyniques (Nkunda, Mutebezi, Ntaganda dit le
Terminator, etc.)! Qu’attendent les
autorités de Kinshasa, pour émettre des mandats d’arrêts internationaux contre ces
délinquants, sujets rwandais et/ou réactiver rapidement la plainte à la CPI contre le Rwanda
(abusivement retirée) ? Mieux encore, les autorités de Kinshasa devraient
constituer depuis lors une « Armée
Nationale Congolaise, ANC » disciplinée, mieux entrainée et équipée,
et surtout bien payée (à la congolaise) et encadrée par des vrais chefs
militaires non par « des hommes
d’affaires ou des civils incompétents et armés à moralité douteuse » ! FARDC doivent cesser de demeurer
« forces armées » au même titre
que d’autres « forces négatives »
pour devenir une « Armée Nationale : disciplinée, hiérarchisée au service de la NATION exclusivement,les soldats indisciplinés n'imposent pas leur loi et encore choisir leur coin d'affectation (proche de leur pays d'origine !)».
Sinon, la ligne de la complicité et de la trahison est vite franchie !
Les accusations de HRW ont l’avantage d’être une actualisation, mieux une accumulation
des témoignages ou une mise à jour documentée des preuves et un chargement de
la conscience insensible de la communauté internationale (usa, uk, ca, fr, de, be,
etc.), principale « soutien de ces criminels » ! Attendons
impatiemment que HRW porte plainte à « la
CPI contre tous ces malfaiteurs comme font d’autres ONG occidentales contre
certains dirigeants africains pour les biens mal acquis », et ça sera
justice. Ceux qui se disent « congolais
d'expression rwandaise » ont encore à prouver leur « amour à la Patrie qu'ils estiment être
aussi la leur en dénonçant, par exemple, les mensonges légendaires de Kigali
(qui nie tout depuis toujours, 1996) et après se vante de leurs exploits dans
les opérations et manœuvres en RDC !
Se/ Bo Logogo
Inscription à :
Articles (Atom)
